f'EB Â7 1989
PER BR 140 .R42 v.5
Revue de l'Orient chr etien
REVUE l s^^
W
DE
L'ORIENT CHRÉTIEN
RECUEIL TRIMESTRIEL
CINQUIÈME ANNÉE
PARIS
LIBRAIRIE A. PICARD ET FILS 82, Rue Bonaparte, 82
1900
TABLE DES MATIERES
CONTENUES DANS LE CINQUIÈME VOLUME (1900)
. &
Pages
I. — ENTRE GRECS ET RUSSES, par Th. Michaïlovitch 1
II. — RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DES MONASTÈRES DE PALESTINE,
par le R. P. S. Vailhé, des Augustins de l'Assomption {suite et fin). 19, 272
m. — VIE ET RÉCITS DE L'ABBÉ DANIEL, DE SCÉTÉ. I. Texte c.rec, publié par M. Léon Clugnet. — IL Texte syriaque, publié par l'abbé F. Nau, professeur à l'Institut catholique de Paris. — III. Texte copte, publié par M. Ignazio Guidi, professeur à l'Université de Rome . . . 49, 251, 370, 535
IV. — OPUSCULES MARONITES {sxile et fin). — Histoire de Sévère, pa- triarche d'Antioche, par l'abbé F. Nau, professeur à l'Institut catho- lique de Paris 71, 293
V. — VOVAGE AU PAYS DES NOSAÏRIS, par le R. P. H. Lammens,
S. J. {suite et fin) 99, 303, 423
VI. — VIE DU -MOINE RABBAN YOUSSEF BOUSNAYA, par l'abbé Chabot {suite et fin) 118, 182
VIL - NEUF CHAPITRES DU ■. SONGE DU VIEL PELERIN .. DE PHI- LIPPE DE MÉZIÉRES, REL.VriFS A L'ORIENT, par M. E. Blochet {suite et fin) 144
VIII. — SUR LES COUVENTS DÉDIÉS DE ROUJIANIE, par le Baron A. d'Avril, ministre plénipotentiaire 169
IX. — LA COMPILATION HISTORIQUE DE PSEUDO-ZACHARIE LE RHÉ- TEUR, par M. M.-A. Kugener, docteur en philosophie et lettres. . 201, 461
X. — CHRISTODULE, HIGOUMÉNE DE SAINT-JEAN, A PATMOS (1020-1101),
par le R. P. Dom P. Renaudin, O. S. B 215
XL — L'ORDINAL COPTE, parle R. P. V. Ermoni, de la congrégation de la Mission {fin) 247
XII. — LES ORDINATIONS ■< PER SALTU3I .■, par le R. P. Dom Pari- sot, O. S. B 335
XIII. — LE VÉNÉRABLE JEAN-ANDRÉ CARGA, ÉVÊQUE LATIN DE SYRA (15G0-1GI7), par le R. P. Sophrone Pétridès, des Augustins de l'As- somption 407
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE CINQUIÈME VOLUME (1900)
Pages
I. — ENTRE GRECS ET RUSSES, par Th. Michaïlovitch 1
II. — RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DES MONASTÈRES DE PALESTINE,
par le R. P. S. Vaillié, des Augustins de l'Assomption [suite et fin). 19, 272
III. — VIE ET RÉCITS DE L'ABBÉ DANIEL; DE SCÉTÉ. 1. Te.xte grec, publiô par M. Léon Clugnet. — II. Texte syriaque, publié par l'abbé F. Nau, protVssour à rinstitut catholique de Paris. — IIl. Texte copte, pulilii'" par
M. Ignazio Guidi, professeur à l'Université de Rome . . . 49, 254, 370, 535
IV. — OPUSCULES MARONITES [sinte et fin). — Histoire de Sévère, pa- triarche d'Antioche, par l'abbé F. Nau, professeur à l'Institut catho- lique de Paris 74, 293
V. — VOYAGE AU PAYS DES NOSAÏRIS, par le R. P. H. Lammens,
S. J. {suite et fin) 99, 303, 423
VI. — VIE DU BlOINE RABBAN YOUSSEF BOUSNAYA, par l'abbé Chabot [suite et fin) 118, 182
VIL — NEUF CHAPITRES DU « SONGE DU VIEL PELERIN » DE PHI- LIPPE DE MÉZIÉRES, RELATIFS A L'ORIENT, par M. E. Blochet [suite et fin) 141
VIII. — SUR LES COUVENTS DÉDIÉS DE R0U31AN1E, par le Baron A. d'Avril, ministre plénipotentiaire 10',)
IN. — LA COMPILATION HISTORIQUE DE PSEUDO-ZACHARIE LE RHÉ- TEUR, par M. M.-A. Kugener, docteur en philosophie et lettres. . 2(0, 401
X. — CHRISTODULE, HIGOUMÉNE DE SAINT-JEAN, A PATMOS (1020-1101), par le R. P. Dom P. Renaudin, O. S. B 215
NI. — L'ORDINAL COPTE, parle R. P. V. Ermoni, de Va congrégation de la Mission (fin) 247
XII. — LES ORDINATIONS « PER SALTUM », par le R. P. Dom Pari- sot, O. S. B 335
NUL — LE VÉNÉRABLE .JEAN-ANDRÉ CARGA, ÉVÉQUE LATIN DE SYRA (1500-1617), par le R. P. Sophrone Pétridès, des Augustins de l'As- somption 407
VI TABLE DES MATIERES.
Pages.
XIV. — RITUEL COPTE DU BAPTÊME ET DU MARIAGE, par le R. P. V. Ermoni, rte la congrégation de la Mission 445
XV. — DEUX LETTRES D'ÉLIE XI, PATRIARCHE DE BABYLONE, par
M. J. Babakhan 481
XVI. — LE CHEMIN DE FER DE DAMAS A LA MECQUE, par H. Slemman. 507
XVII. — LES ÉGLISES ORIENTALES « ORTHODOXES •> ET LE l'ROTES- TANTISBIE, par le R. P. Dom P. Renaudin, O. S. B 565
XVIII. — LETTRE DE JACQUES D'ÉDESSE A JEAN LE STYLITE SUR LA CHRONOLOGIE BIBLIQUE ET LA DATE DE LA NAISSANCE DU BIESSIE,
par l'abbé F. Nau, professeur à l'Institut catholique de Paris 581
XIX. — LES ÉVÊQUES JACOBITESDU VIH" AU XIII« SIÈCLE, D'APRÈS LA CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN, par M. l'abbé J.-B. Cbabot. . . . 005
XX. — LES ÉVÊCHÉS DE L'EGYPTE CHRÉTIENNE, par le R. P. Ermoni,
de la congrégation de la Mission (337
MELANGES
I. — REMARQUES SUR LES TRADUCTIONS SYRIAQUES DES FORMULES GRECQUES ^O tti; eùaeëoxiç XriJew; et ô xî]? ôaiaç [jiviQjiy);, par M. M. -A. Ku- gener, docteur en philosophie et lettres 155
II. — LE MONASTÈRE DE SAINTE-CATHERINE AU SINAÏ', par le R. P. Dom
P. Renaudin, O. S. B 310
III. — A PROPOS DU COUVENT DU MONT SINAÏ, par l'abbé J.-B. Cha- bot 49^
IV. — LETTRE PASTORALE DE S. B. Ms^ JOSEPH EMMANUEL II, PATRIAR- CHE DE BABYLONE, traduite du syriaque, par l'abbé J.-B. Cbabot. . (i42
V. — HISTOIRE DE BÉDJER-KHAN, par le Baron A. d'Avril, ministre plé-
. nipotentiaii'e 649
BIBLIOGRAPHIE
G. Stoindorf. — />/r Apokniypse des Elias, eine unhekannlc Apokalypsc und Bruchstuecke der Sophonias-Apokalypse. Koptische Texl, Ueberselzunr/ und Glossar (Dom P. Renaudin) 161
Dom Cuthbert Butler, 0. S. B. — The Lausiac Ilistory uf Palladius. A cri- tical discussion togelhcr wilh notes on early egypiian monachism (Léon Clu- gnet) I6i
Le R. P. Badet, S. J. — Chants liturgiques des Coptes, notés et mis en ordre (A. Gastoué) 164
F. M. Est. Pereira. — Vida de Takia Haymanol pelo P. Manuel de Almeida (F. Perruchon) 165
J.-B. Chabot. — Chro7iir/ue de Michel le Syrien, patriarche jacobite d'Antio- ehe, éditée pour la première fois et traduite en français (Dom Parisot) 322, 660
TABLE DES MATIERES. VII
Pages.
Le P. JuUien, S. J. — La nouvelle mhsion de la Compar/me de Jésus en. Syrie
(Léon Clugnet) 325
Wallis Budge. — The history of Ihc blessed Virgin Mary and llie history of
tlie likeness of Christ ediled and Iranslaled (l'abbé F. Nau) o28
J.-B. Chabot. — Chronique de Michel le Syrien, patriarche jacohile d'Aniioche,
éditée pour la première fois et traduite en français (l'abbé F. Nau) 328
II. Pognon. — InscrijAions mandaïtes des coupes de Khouabir (l'abb('' F. Nau). 329
Rubens DuvaL — La littérature syriaque (l'abbé F. Nau) 330
F. Vigoureux. — La Sainte Bible Polyglotte (l'abbé F. Nau) 331
11. Marucchi. — Éléments d'archéologie chrétienne (Léon Clugnet) 499
Dom Cabrol. — Le livre de la prière antique (Dom J. Parisot) 500
A. Schlumberger. — L'Épopée byzantine de la fin du A'° siècle- Seconde partie.
Basile II, le Tueur de Bulgares (Léon Clugnet) 502
Saint Jérôme hagiographe, à propos d'une récente publicalion (l'abbé F. Nau). 054 Ign. Guidi. — // testa copto del Testamento di Abramo. — Il Testamento di
Isacco e il Testamento di Giacobbe (le P. V. Ermoni) 059
Dom J. M. Besse. — Les Moines d'Orient antérieurs au concile de Chalcédoine
(Hermann Mônch) GG2
A. von Maltzew. — Menologion dcr Orthodox-Katholischen Kirche des Mor-
genlandes. I Theil (Léon Clugnet) 0G4
G. Robertson. — The acts and decrees of the synod of Jérusalem, sometimes called the council of Bethlehem, holden under Dosilheus, patria)-ch of Jéru- salem in 1622, translated from the Greek (Dom P. Renaudin) 005
Samuel Giamil. — Monte Singar. Storia di un popolo ignoto, testa siro caldea e traduzione italiana (Léon Clugnet) 0()0
LISTE ALPHABÉTIQUE DES AUTEURS
Avril (Baron A. d') 109, 049
Babakhan (J.) -181
Blochet (E.) 141
Chabot (l'abbé J.-B.) 118, 182, 492, 005, 042
Clugnet (Léon) 49, 1(J2, 254, 325, 370, 499, 502, 004, 000
Ermoni (le R. Y.) 217, 445, 037, 059
Gastoné (Amédée) 164
Gruidi (Ignazio) 535
Kugener (M.-A.) 155, 201, 401
Lammens (le P.) 99, 303, 423
Michaïlovitcli (Th.) 1
Monch (Hormann) 602
Nau (l'abbé F.) 74, 293, 328, 329, 330, 331, 370, 581, 034
Parisot (Dom J.) 322, 335, 500, 600
Perruchon (F.) .' 165
Pétridès (le P. Sophrone) 407, 597
Renaudin (Dom Paul) 161, 215, 319, 565, 005
Slemman (H.) 507
Vailhé (le P. Siméon) 19, 272
ENTRE GRECS ET RUSSES
Il y a beau temps que la concorde et l'union ont cessé de ré- gner entre les Grecs et les Russes, entre l'Église mère du Bos- phore et l'Église fille de Moscou. Les points en litige sont nom- breux; mais nul n'a plus d'importance aux yeux des « frères ennemis », que la question des Lieux Saints. Les Russes en ré- clament la possession au nom de l'orthodoxie , compromise par l'incurie du clergé grec; les Grecs entendent rester à leur poste au nom de l'axiome juridique : Melior est conditio possiclentis.
Depuis que la lutte a été engagée, c'est-à-dire depuis un quart de siècle environ, elle était demeurée comme à l'état latent: elle semble aujourd'hui changer de caractère; elle va jusqu'à l'agression ouverte, prélude de la rupture. Rien ne donne une impression plus vraie des sentiments qui animent actuellement les rivaux, qu'une brochure anonyme, publiée par « un ortho- doxe grec » en réponse à un article des « Novosti de Saint- Pétersbourg » (1). Le point de départ de la polémique est la spoliation par le gouvernement russe d'une partie des « biens conventuels » que les Grecs possèdent en Bessarabie ; mais peu à peu, le débat s'élargit; il se termine sur cette conclusion inattendue : le seul moyen de sauver en Syrie l'orthodoxie me- nacée par les protestants et les catholiques est d'en expulser les Grecs.
Les questions auxquelles touche cette brnchure sont trop graves, la manière dont elles y sont envisagées trop instructive pour que nous nous contentions de la signaler à nos lecteurs.
(1) 'ATtâvTYiatc eI; to Ottq tt^; ÈjriU.îpioo; « Etor;a£i; xrj; nîTpo'j-ô).£0); » Otiô r,[J.£pojAr,viav "22a;-'Ioy>ic('j 1898 S/ifiocricuSàv àoOpov TCipi Tt'ov vi Bs^Tapaoia y.xrjij.âTwv xwv âyicov x^Ttwv, 1899. 8», 54 p.
0R11:NT CIlUÉTIliN. 1
2 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
Nous croyons leur être agréable en leur présentant ici une analyse très minutieuse de ce factum, qu'on aurait d'ailleurs de la peine à se procurer, car il n'est pas dans le commerce. Nous avons traduit littéralement l'article du publiciste péters- bourgeois, mais considérablement abrégé la réplique de l'écri- vain grec; de celle-ci, nous n'avons gardé que les passages les plus caractéristiques, les mieux faits pour donner du débat une id(''e complète et exacte.
Th. MlCHAÏLOVlTCH. Constantinople.
REPONSE
A L'ARTICLE PUBLIÉ PAR LE JOURNAL « LES NOVOSTI DE ST-PÉTERSBOURG » LE 22 JUILLET 1898
SUR LES POSSESSIONS DES SAINTS LIEUX EN BESSAHABIE.
L'article des « Novosti » a pour but de justifier les mesures prises par le gouvernement russe vis-à-vis des revenus que les Saints Lieux tiraient de la Bessarabie ou plutôt <le pn'parer Topinion publique en Russie aux nouvelles mesures que l'on compte prendre vis-à-vis de ces revenus.
L'auteur anonyme de l'article i)araît appartenir au monde officiel. La gnivité des assertions qu'il émet, l'importance (\ei^ changements qu'il j)ropose , la nature des sentiments qu'il exprime touchant les Patriarcats orthodoxes de l'Orient, nous obligent à revenir sur son factum, malgré la date déjà éloi- gnée où il a paru.
Les Saints Lieux possédaient et possèdent des monastères, des fermes et autres propriétés en Bessarabie. En 1873, le gouver- nement russe a décidé de retenir les 3/5 de leurs revenus, affec- tant 1/5 aux frais d'entretien et disposant à son gré des deux au- tres cinquièmes, ne retenant pi air lui que le cinquième affecté aux frais d'entretien; mais l'ukase n'en reste pas moins qui lui permet, quand bon lui plaira, de disposer tout autrement des deux cinquièmes en question.
Pourquoi la Russie en agit-elle ainsi? Le rédacteur des « No- vosti » aurait pu nous le dire en deux mots. Il s'en est abstenu, préférant mêler toutes choses, arrangeant l'histoire à sa façon, et accumulant les calomnies contre notre clergé. Suivons-le dans les voies détournées où il s'engage.
2
REVUE DE L ORIENT CHRETIEN.
Nous croyons leur être agréable en leur présentant ici une analyse très minutieuse de ce factum, qu'on aurait d'ailleurs de la peine à se procurer, car il n'est pas dans le commerce. Nous avons traduit littéralement l'article du publiciste péters- bourgeois, mais considérablement abrégé la réplique de l'écri- vain grec; de celle-ci, nous n'avons gardé que les passages les plus caractéristiques, les mieux faits pour donner du débat une idf'C complète et exacte.
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REPONSE
A L'ARTICLE PUBLIÉ PAR LE JOURNAL « LES NOVOSTI DE ST-PÉTERSBOURG » LE 22 JUILLET 1898
SUR LES POSSESSIONS DES SAINTS LIEUX EN BESSAHABIE.
L'article des « Novosti » a pour but de justifier les mesures prises par le gouvernement russe vis-à-vis des revenus que les Saints Lieux tiraient de la Bessarabie ou plutôt de pn-parer lopinion publique en Russie "aux nouvelles mesures que l'on compte prendre vis-à-vis de ces revenus.
L'auteur anonyme de l'article j tarait appartenir au monde officiel. La ij;r;i vite des assertions qu'il émet, l'importance îles changements qu'il jiropuse , la nature des sentiments qu'il exprime touchant les Patriarcats orthodoxes de l'Orient, nous obligent à rcAonir sur son fartum, malgré la date déjà éloi- gnée où il a paru.
Les Saints Lieux possédaient et possèdent des monastères, des feruK^s et autres propriétés en Bessarabie. En 1873, le gouver- nement russe a di'cidé de retenir les 3/5 de leurs revenus, affec- tant 1/5 aux frais d'entretien et disposant à son gré des deux au- tres cinquièmes, ne retenant pour lui que le cinquième affecté aux frais d'entretien; mais l'ukase n'en reste pas moins qui lui permet, quand bon lui plaira, de disposer tout autrement des deux cinquièmes en question.
Pourquoi la Russie en agit-elle ainsi? Le rédacteur des « No- vosti » aurait pu nous le dire en deux mots. Il s'en est abstenu, préférant mêler toutes choses, arrangeant l'histoire à sa façon, et accumulant les calomnies contre notre clergé. Suivons-le dans les voies détournées où il s'engage.
REVUE DE L ORIEiNT CHRETIEN.
I
« Lorsqu'en 1812, la Russie s'empara de la Bessarabie, qui faisait auparavant partie delà principauté Moldave, elle y trouva des biens conventuels.
« Les princes moldovalaques, profondément dévoués à l'or- thodoxie, soutenaient notre Église, en dotant généreusement les monastères déjà établis dans les Principautés et en fondant de nouvelles églises, de nouveaux hôpitaux... »
Le rédacteur oublie de dire que les Russes trouvèrent en Bes- sarabie non seulement des biens conventuels appartenant aux monastères locaux, mais encore des biens conventuels dédiés aux Lieux Saints et en particulier au St-Sépulcre. Pourquoi taire ceux-ci, les seuls qui soient en question, et parler de ceux- là qui sont étrangers à l'affaire? Simplement pour expliquer à sa manière comment les Saints Lieux acquirent des propriétés en Bessarabie.
II
(( Les hospodars phanariotes regardaient l'élément grec en Turquie comme supérieur à tout autre et rêvaient de recons- tituer l'Empire byzantin. Nourris de ces idées, ils favorisèrent les Patriarcats de Constantinople et de Jérusalem, leur accor- dant les revenus considérables dont disposaient les monastères des principautés danubiennes... Les patriarcats soumirent ces couvents à ceux de l'Athos et du Sinaï; ils accumulèrent dans un but de propagande politique leurs revenus qui s'élevaient à des sommes énormes. Telle était la situation au moment de la conquête de la Bessarabie par les Russes. »
Cette manière de voir s'inspire des théories chères à Couza et consorts, mais elle n'est point du tout conforme à la vérité historique. 11 n'est point vrai que les princes phanariotes aient dépouillé les monastères locaux pour enrichir les Saints Lieux.
ENTRE GRECS ET RUSSES. .)
Ces derniers devinrent propriétaires en Bessarabie : 1" par voie de dotations privées ou princières, 2° par voie d'éclianges, 3° par voie d'achat. Sur les 29 propriétés conventuelles de Bes- sarabie, 26 appartenaient aux Saints Lieux bien avant le règne des Phanariotes. Des 3 autres, une seule provient de donation. Les pièces officielles, diplômes, titres de propriété, etc. en l'ont foi. Pourquoi les Russes, à la suite des Roumains, disent-ils que les princes phanariotes sont les fondateurs et les créateurs de la fortune immobilière des Saints Lieux en Bessarabie? Sans doute, durant leur domination, les hospodars phanariotes ont eu fréquemment à trancher des procès relatifs soit à la pro- priété, soit à la limite des biens conventuels, et ils les ont tran- chés, conformément à la justice, en faveur des Lieux Saints; mais leurs sentences ne constituaient pas une innovation, elles ne faisaient que confirmer un état de choses préexistant. A plusieurs reprises, durant les occupations temporaires de la Bessarabie par les Russes, on a vu les généraux du tsar déli- vrer des actes en faveur des Lieux Saints, sans porter pour cela préjudice aux monastères locaux et sans constituer des fondations nouvelles. Les Phanariotes ne faisaient pas autre chose. En fait, ce sont les anciens princes moldaves, ce sont des particuliers moldaves ou grecs, ce sont des échanges ou des achats qui ont constitué, à une exception près, la propriété des Saints Lieux, en Bessarabie, telle qu'elle existait à l'arri- vée des Russes, en 1812. La situation vraie, la voilà.
111
« Qui veut apprécier exactement la condition juridique des biens conventuels de l'Église orthodoxe d'Orient en Bessarabie, doit bien se garder de confondre les droits fondamentaux des monastères eux-mêmes avec ceux que l'État peut revendiquer au nom de son organisation sociale, de ses traditions adminis- tratives ou des exigences de sa politique générale. »
Nous avouons ne pas ojmprendre ce verbiage juridico-poli- tique. Le rédacteur veut-il dire que l'État, en sa qualité de souverain, a des droits supérieurs à ceux du légitime proprié-
6 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
taire? Peut-être. Mais, les Saints Lieux n'ayant jamais émis la prétention contraire, cette remarque est au moins superflue. — Veut-il dire, au contraire, que les titres de l'Église sur les biens conventuels sont sans valeur et que, si le Gouvernement russe, par respect pour le passé ou pour des raisons politiques, a d'abord semblé les reconnaître et s'est abstenu durant de longues années et même jusqu'à ce jour de mesures plus rigou- reuses, cette disposition momentanée, cette faveur temporaire, ne saurait être regardée comme un engagement pour l'avenir? Peut-être encore. Toutefois, comme le rédacteur des « Novosti » n'apporte aucune preuve contre la légitimité des litres que l'Église orientale possède sur les biens conventuels de Bessa- rabie, on nous permettra de ne pas nous arrêter davantage à une théorie juridique faite de conceptions si profondes et expri- mée en termes si obscurs.
IV
« Le 7^ article du traité signé à Bucarest en 1812, reconnais- sait purement et simplement aux nouveaux sujets du gouver- nement impérial la libre disposition des biens qu'ils possédaient en Bessarabie. Cet article n'allait point jusqu'à créer en faveur des monastères, personnes morales étrangères, un droit absolu à jouir des propriétés foncières dans l'intérieur de l'empire. Le gouvernement provoqua une discussion à ce sujet en 1817. Un ukase impérial étendit aux biens conventuels tous les avantages stipulés par l'article 7 du traité de Bucarest en faveur des propriétés particulières... L'ukase ij'affranchit les monas- tères d'aucune des obligations, d'aucune des charges qui leur incombaient en vertu même de leurs titres de propriété et qui sont inscrites dans les chartes de fondation. »
L'article 7 du traité de Bukarest a confirmé les droits de propriété sur les biens étaljlis en Bessarabie non seulement pour les sujets russes de l'Empire russe, mais encore pour tous les anciens propriétaires, quels qu'ils fussent. Les Grecs et les Moldaves, possesseurs de biens en Bessarabie gardèrent après la conquête russe tous les droits de propriété dont ils jouissaient
ENïRi; grp:cs et russes. /
auparavant. II en fut de niênie des Lieux Saints, coinnie le re- connut d'ailleurs l'ukase de 1817. Dans les temps modernes, sans doute, le droit de propriété des personnes morales étran- i^'ères a été l'objet de dispositions législatives spéciales. Nous ignorons quel est sur ce point la pratique russe. Mais comment la très orthodoxe Russie rangerait-elle le St-Sépulcre et les lieux saints parmi les personnes 7no7^a les étrangères non officielle- ment reconnues? Les tsars très pieux aboliraient-ils un état de choses que les sultans eux-mêmes ont respecté aux temps les plus orageux de Thistoire?
Le rédacteur avoue que l'ukase impérial a mis les Saints Lieux, en Bessarabie, sur le même pied que tout autre proprié- taire. Pourquoi, du moment que la question est ainsi tranchée depuis bientôt un siècle, la soulever de nouveau à grand renfort d'érudition juridique et de subtilités sur la situation respective de l'État vis-à-vis des propriétaires particuliers et des personnes morales étrangères?
Et, par ailleurs, à quoi bon déclarer que l'ukase impérial n'a point affranchi les Saints-Lieux des obligations portées sur les Chartres de donation? Il n'est jamais venu à l'idée de personne de le contester, aux Lieux Saints moins qu'à tout autre, d'au- tant que ces obligations n'existent pas. Mais l'auteur de l'article veut déplacer la question et se préparer le moyen d'affirmer que les Lieux Saints n'ont p<iint satisfait aux charges imposées par les donateurs.
« Si les actes de donation accordés à l'Église orthodoxe orien- tale n'imposaient ni charges ni obligations d'aucune sorte, il est absolument certain que les monastères auraient élevé la voix et plaidé leur cause : avec la magnanimité et l'impartialité qui caractérisent le gouvernement impérial dans les circons- tances de cette nature, ils auraient facilement obtenu la recon- naissance de leurs droits. Or, tout en criant à l'injustice et à la spoliation, les monastères se sont bien gardés de produire leurs actes de donation. On peut en conclure sans crainte d'erreur que ces actes renfermaient des Cfjnditions infiniment plus onéreuses
8 Ri:vuE DE l'orient chrétien.
que celles de 1873. Ne pourrait-on même pas en conclure qu'il s'y trouve <les articles annulant la donation au cas où les inten- tions du donateur ne seraient point scrupuleusement exécutées! « En "\ ertu de ces principes élémentaires, les biens conven- tuels de Bessarabie auraient dû exhiber les pièces qui leur oc- troient le droit de propriété sans charges ni obligations d'aucune sorte. S'ils ne l'ont point fait, c'est qu'ils reconnaissent l'exis- tence de ces charges et do ces obligations. A supposer même que ces dernières soient plus légères que les conditions fixées par le gouvernement, est-il admissible que les biens conventuels, déjà exempts des droits qui atteignent les propriétés ordinaires au moment de leur passage d'une main à l'autre par voie de vente ou de succession, soient encore délivrés de tout impôt, et ne contribuent en rien à l'amélioration de la situation écono- mique d'un pays, d'où les couvents tirent <les revenus aussi considérables? »
Les pièces que l'on reproche aux monastères de n'avoir ja- mais produites, ont été imprimées et publiées traduites en russe. Elles démontrent clairement le droit de propriété des Saints Lieux (nous voulons dire du S. -Sépulcre) sur tous leurs immeu- bles de Bessarabie. Il n'est pas un libraire qui ne puisse les fournir. Le rédacteur des « Novosti » les ignore-t-il? Mais alors pourquoi traiter ex-professo d'un sujet qui lui est tout à fait étranger? Les connaît-il? mais alors pourquoi affecter une ignorance qui autorise tous les soupçons? Non, vraiment, l'auteur n'est point de bonne foi.
Prétendre que les Saints Lieux n'ont pas rempli leurs obli- gations pour se donner le droit de les dépouiller est une ma- nœuvre renouvelée des Roumains, manœuvre déjouée, dès 1864, devant la commission internationale réunie à Constan- tinople. D'ailleurs, les pièces existent qui montrent les con- ditions imposées par les donateurs. Ces derniers, au moins en ce qui concerne le Saint-Sépulcre, n'ont grevé leurs fondations d'aucune charge, d'aucune obligation matérielle. C'est là un fait brutal qui coupe court à toute discussion.
Supposons un individu qui dirait à son voisin : « Je te vois en possession de cette terre. Peut-être l'as-tu obtenue à con- dition de me remettre une partie des revenus. Je n'ai rien
ENTRE GRECS ET RUSSES. 9
qui me le prouve, mais tant que tu ne m'auras pas montré (les pièces établissant le contraire, j'ai le droit de supposer ta propriété grevée de charges très lourdes et de t'en dépouiller. » L'individu qui tiendrait ce langage ne raisonnerait pas autre- ment que le rédacteur des « Novosti ».
On demande aux monastères pourquoi ils n'ont pas revendi- qué leurs droits devant le gouvernement russe toujours équi- table. Mais ces droits, les monastères les ont revendiqués en toute circonstance et devant toute juridiction. L'auteur de Tar- licle ne devrait pas l'ignorer.
On leur reproche encore d'être inutiles à leurs pays. C'est là un grief renouvelé de Couza et de ses amis. Le délégué des Saints-Lieux en a montré l'inanité devant la Commission interna- tionale de 1864. Non, il n'est pas possible d'assimiler les mo- nastères à ces établissements d'utilité publique dont il est loi- sible au gouvernement de disposer comme bon lui semble. Leurs fondateurs n'ont eu d'autre intention en les consacrant au Saint-Sépulcre que de perpétuer le souvenir de leur nom, que d'obtenir des prières, que de venir en aide aux Saints-Lieux.
Les établissements d'utilité publique étaient chose parfaite- ment inconnue de leur temps.
VI
« Pour toutes ces raisons, si, en 1817 et depuis, le gouver- nement impérial a permis aux monastères de l'Église orthodoxe orientale d'administrer eux-mêmes leurs propriétés de Bessa- rabie et d'en recueillir les revenus comme tous les autres pro- priétaires fonciers du pays, il ne s'ensuit nullement que le gouvernement ait accordé à ces monastères des droits intangi- bles et de telle nature qu'ils lui interdisent à lui, gouverne- ment, de changer sa première décision dès que de pressantes raisons et de sérieux motifs le réclament. Lorsque le gouver- nement a pris, en 1873, les biens conventuels sous son admi- nistration directe, il n'a fait que céder à la nécessité : il ne pouvait s'empêcher d'établir un contrôle sur des propriétés que ruinaient ceux-là mêmes qui avaient charge de les gérer, c'est- à-dire les higoumènes. En procédant à cette mesure, la Rus-
10 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
sie n'a pas obéi aux principes qui poussèrent le prince Couza à confisquer un peu trop vite les propriétés de même nature situées en Roumanie. Sa manière de faire est toute différente et Ton ne saurait l'identifier avec celle du prince roumain, car un abiine infrancliissable sépare la curatelle de la confisca- tion. Saint-Spyridon de lassy possède en Bessarabie de grandes proprié'tés conventuelles : ces propriétés dont l'administration est confiée à un comité spécial et dont les produits sont destinés à l'entretien d'un vaste hôpital n'ont pas été placées sous la surveillance du gouvernement. N'est-ce pas là une preuve ir- réfragable des bons sentiments qui ont inspiré ce dernier lorsqu'il a pris la décision de 1873? La mesure adoptée à cette date vis-à-vis des biens conventuels est pleinement justi- fiée, d'autant que ces biens par leur importance même pe- saient d'un plus grand poids sur la situation économique du pays. Ils occupent le dixième de sa superficie totale. Cela seul ne permettait pas au gouvernement de laisser plus longtemps des propriétés si considérables livrées à l'incurie ou à la cu- pidité d'higoumènes étrangers. Et comment aflirmer après cela que la retenue des trois cinquièmes des revenus est un acte d'arbitraire et de persécution? »
Donc, ce que le rédacteur des « Novosti » approuve sans réserve, c'est là mesure gouvernementale de 1873. 11 veut la présenter comme un acte qui s'imposait, comme un acte que l'amour de la justice et du bien ne permettait pas de différer.
11 cherche à montrer qu'elle n'a rien de commun avec la spo- liation du prince Couza, mais son raisonnem'ent n'est qu'une ironie grossière à l'adresse de la Russie. Celle-ci, engagée dans les voies du persécuteur roumain, n'a pas osé aller jusqu'au bout, et le rédacteur semble se moquer du scrupule de conscience qui la retient encore. Il ne peut affirmer sérieusement que le gouvernement russe agit en bon père, lorsqu'il prend les 3/5 des revenus, tandis que Couza se comportait en voleur de grand chemin, lorsqu'il prenait les 5/5. Fai Russie, on dépouille le propriétaire légitime de l'administration de ses biens et des 3/5 de leurs revenus; en Roumanie, on le dépouille des 5/5, et le rédacteur de s'écrier qu'il y a entre les deux un abîme in- franchissable. Je le crois bien; c'est l'abîme de 2/5!
ENTRE GRECS ET RUSSES. 11
En 1864, à la conférence internationale de Constantinople , la Russie a condamné, d'accord avec h'S grandes puissances, les agissements de Cuuza vis-à-vis des biens conventuels. Pour- quoi Fimite-t-elle depuis 1873 d'une façon déguisée? Si l'on s'est prononcé contre le prince roumain qui disait : « Je vole, parce qu'il me plaît de voler », on ne saurait dire soi-même : « J'enlève à autrui l'administration de ses biens et les 3/5 de leurs revenus, et je fais cela par amour delà justice ».
Le gouvernement russe connaît les pièces, chrysobulles, diplômes princiers, actes de donation, actes d'échange, actes d'achat, etc., sur lesquelles sont basés les droits de propriété des Saints Lieux en Bessarabie ; il sait que tous les arguments apportés contre (-es droits depuis cinquante ans ne signifient rien; il a reconnu ces droits et les a respectés lui-même jus- qu'en 1873; si quelque chose est changé, si l'on a des preuves nouvelles contre les titres des Sainis Lieux, il existe des juges et des tribunaux. Qu'on s'adresse à eux!
Mais non; l'on préfère décrier les higoumènes chargés de gérer les biens conventuels. Que, sur le nombre, plusieurs n'aient pas été à louer, cela se peul ; mais s'ils avaient tous été des administrateurs incapables, des dissipateurs, auraient-ils acquis le dixième de la Bessarabie? C'est le rédacteur qui dit le dixième; pour être exact, il faut s'en tenir à une superficie cinquante fois moindre. Mais ceci importe peu. Pour si consi- dérables que soient les biens conventuels, le peuple russe qui volerait volontiers jusqu'au dernier homme au secours des Lieux Saints doit être fier de savoir que les fondations faites par de pieux Moldaves et de pieux Grecs en faveur de ces Lieux bénis se trouvent aujourd'hui sous la protection de leur Sou- verain, dont le sceptre commande actuellement au sixième de l'univers. Que sont, en comparaison, les propriétés bessara- biennes du Saint-Sépulcre? Que sont les revenus des biens con- ventuels à côté des immenses ressources de l'empire? Une goutte d'eau dans l'Océan. D'ailleurs, pour en venir aux higou- mènes, si leur administration était défectueuse, il y avait moyen de la modifier sans la supprimer. S'emparer des biens particu- liers au nom des droits supérieurs de l'État, mettre la main sur leurs revenus, c'est aller contre tous les principes d'organisa- tion sociale dont l'Europe s'enorgueillit.
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Plaise à Dieu d'éclairer le gouvernement russe! Depuis 1873, c'est au Saint-Sépulcre que la Russie a versé les 2/5 des revenus dont elle s'est emparée. Puisse-t-elle réparer le mal encore plus complètement et restituer aux légitimes propriétaires tout ce qui leur appartient! Mais ceci ne sourirait pas au rédacteur des « Novosti ». Son article n'a d'autre but, en effet, que de pousser à la spoliation totale des Lieux Saints.
VII
" La politique du gouvernement a si radicalement changé durant cette dernière moitié de siècle qu'il était impossible à la Russie de ne pas modifier ses vues sur le rôle joué parles patriarcats relativement aux biens conventuels de l'Église orthodoxe orientale.
« Tant que les peuples chrétiens étaient des ilotes des Turcs, la Russie, qui trouvait son intérêt à affaiblir la puissance otto- mane sur les rives de la mer Noire, devait évidemment se pro- clamer la protectrice du clergé orthodoxe en Orient. Il n'est pas étonnant, pnr suite, qu'elle ait consenti à laisser passer les revenus des monastères dans les patriarcats de Constantinople et de Jérusalem. Elle ne pouvait pas non plus leur imposer des obligations qui n'existaient pas auparavant. Mais, du moment que la Russie a cru plus conforme à ses intérêts de développer le sentiment des nationalités, les patriarcats ont perdu de leur importance, et la création d'Églises nationales autonomes les a priv<''s du prestige dont ils jouissaient aux yeux de tous nos coreligionnaires en Orient.
« Par ailleurs, l'anéantissement par le sultan Mahmoud de l'aristocratie phanariote a livré le clergé grec aux mains d'une ploutocratie qui s'est faite l'instrument des passions de ce clergé, tout en se dévouant aux intérêts de la Porte et des puissances occidentales, ennemies de la Russie.
« Le clergé grec n'a plus rien d'un élément politique impor- tant, parce qu'il a cessé de représenter les hautes idées dont il était le gardien inconscient au commencement du siècle. Depuis, de nouvelles tendances se sont manifestées dans le peuple.
ENTRE GRECS ET RUSSES. VS
<■< L'Orient est un champ de bataille où les questions reli- gieuses sont l'instrument, sinon le principe, des luttes sanglan- tes qui divisent les nationalités rivales. La foi oblige la Russie, même en dépit de ses propres convictions, à ne pas abandonner à lui-même pour l'avenir le clergé orthodoxe de l'Orient.
« Les traditions du gouvernement russe lui font un devoir d'élever bien haut sur le tombeau du Sauveur le drapeau de l'orthodoxie. Gardons-nous donc d'oublier que nos adversaires, les catholiques et les protestants, travaillent à se fortifier sur un terrain dont nous avions au début de ce siècle la propriété exclusive. Leurs procédés de conquête sout la discipline, la persévérance et l'éducation, et non la paresse, la grossièreté, l'immoralité, les excès de toute sorte qui distinguent le clergé grec dans ces lieux augustes que le monde vénère, et oîi les conmiunautés catholiques donnent l'exemple du traAail et de la culture. Le gouvernement a la stricte obligation de soutenir la foi orthodoxe; s'il veut le faire, qu'il prenne dans ses mains vigoureuses la direction et la formation du clergé.
« Cette réforme exige, dans l'intérêt même de l'orthodoxie, la présence en Orient et surtout en Palestine d'un clergé cultivé, qui vive au-dessus des intrigues et de l'arbitraire des commu- nautés religieuses, qui s'appuie sur l'amour du travail, le savoir et l'honorabilité. C'est uniquement en comprimant le flot des moines rustres et fainéants qui inondent les monastères orthodoxes que nous pourrons relever en Orient et surtout en Palestine la foi du peuple orthodoxe. Laisser sans contrôle à la disposition des patriarcats les immenses ressources que fournissent les revenus des propriétés de Bessarabie, c'est renoncer au seul moyen vraiment efficace, de ramener dans le droit chemin le clergé égaré. Le gouvernement a le droit d'exiger que l'emploi des sommes envoyées chaque année aux patriarcats soit réglé par un budget établi à l'avance, et que la répartition en soit confiée à ses agents en Orient. Une partie di' cet argent pourrait être affecté à l'entretien d'écoles théologi- ques à Jérusalem.
« Un des moyens les plus efficaces employés dans leur pro- pagande par les catholiques et les protestants est la fondation en Orient de vastes établissements scolaires pour l'éducation de la jeunesse indigène, laquelle se familiarise de bonne heure
14 REVUE DE l'oRIEXT CHRÉTIEN.
aux idées et aux sentiments de ses maîtres et ne cesse de leur témoigner sa reconnaissance. Voilà pourquoi nous voyons à Constantinople, à Smyrne et à Beyrouth de grands établisse- ments d'instruction destinés à la propagande, établis sur le modèle de ceux d'Allemagne, d'Angleterre et de France, et pourvus comme eux de programmes universitaires. Ces établis- sements ouvrent leurs portes à toute la jeunesse indigène, y compris la jeunesse orthodoxe. En les fréquentant, celle-ci s'é- loigne insensiblement des dogmes chers à ses pères, épouse la cause des puissances occidentales en Orient et se fait l'ennemie de la Russie. A cette dernière de répondre aux efforts de l'Oc- cident par des moyens analogues. Fondons à Constantinople et à Beyrouth des lycées orthodoxes avec un programme conforme à celui de nos ;iutres établissements, mais auquel on ajoutera des classes supérieures de commerce, de droit et de médecine, de manière qu'il suffise à leurs élèves d'un séjour de deux ans dans les universités russes pour achever leurs études; nous nous ouvrirons ainsi un champ d'action des plus favorables et nous pourrons tenir tête à nos rivaux sur le terrain de la propa- gande religieuse et de l'inlluence politique en Orient. En dehors de ces raisons, il en est d'autres d'ordre économique qui exi- gent un changement dans l'administration des biens conven- tuels en Orient, puisque les errements actuels compromettent dans son ensemble la situation économique d'une des provinces les plus riches de l'Empire. »
Cette longue tirade est un véritable amalgame d'idées et d'as- sertions incohérentes. La phrase qui la termine ressemble fort aune flèche de Parthe. Pour faire impression sur l'esprit du lecteur, elle peint la situation économique de la Bessarabie comme désespérée. Mais de 1812 à 1873 les Saints Lieux ont conservé la libre administration et la pleine jouissance de leurs biens : le pays a-1-il subi pour cela quelque désastre écono- mique?
Parmi les affirmations du rédacteur plusieurs méritent d'être relevées avec soin. Nous laissons de côté les injures et les accu- sations infamantes, bien qu'il soit dur de se voir outragé par des frères dans la foi; mais nous devons dire notre mot sur les questions d'écoles, de lycées et d'académies. Pourquoi ces éloges
ENTRE GRECS ET RUSSES. 15
prodigués aux institutions scolaires des protestants et des jésuites? Est-ce pour nous faire comprendre que la formation intellectuelle et morale de la jeunesse orthodoxe serait une œuvre bonne et utile? Nous en sommes tous pleinement con- vaincus; mais, pour la fondation de pareils établissements, il faut les subventions pécunières que les catholiques et les pro- testants puisent dans la caisse des Associations particulières et même dans le budget des gouvernements. Le rédacteur des « Novosti » veut-il des écoles en Palestine? qu'il organise des souscriptions dans ce but, qu'il s'adresse à la générosité du peuple russe. Puisqu'il approuve les méthodes d'enseignement et de propagande employées par les catholiques et les protes- tants, qu'il imite également leurs moyens de se procurer des ressources. Pour fonder leurs établissements de Palestine, les Américains vont-ils dépouiller quelqu'un de leurs richissimes propri(''taires? Et pourtant, tel d'entre eux a des terrains mille fois plus étendus que ne le sont, pris ensemble, tous les biens conventuels de Russie et d'ailleurs. Inutile de dire ce qui se passe en Angleterre, en France et en Allemagne : ces États subventionnent largement les établissements en question au lieu de mettre la main sur leurs revenus. Nous pourrions peut- être demander si la propagande par l'école est vraiment effi- cace; mais il ne s'agit point de cela. Le point capital est de savoir si chacun peut, oui ou non, disposer à son gré de son propre argent.
Les revenus des biens conventuels devraient, au gré de noire rédacteur, être consacrés à l'entretien d'établissements scolaires russes. Mais que deviendront les Saints Lieux si on les dé- pouille de la sorte? Iront-ils mendier auprès des orthodoxes, auprès des étrangers et des hérétiques? Cela ne convient pas à leur dignité. Et alors? Manquant de tout, ne peuvant mendier, les moines grecs, ces moines « négligents et corrompus », videront la place, et les agents de la sainte Russie monteront la garde auprès du Saint-Sépulcre. Tel est, en fin de compte. le secret désir des « Novosti », et beaucoup dans l'Empire du Nord n'ont pas d'autre sentiment. Les derniers événements ne le prouvent que trop.
Est-il besoin de citer la Grande Société russe de Pales-
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Une? Elle avait pour but unique, à ce queron criait sur tous les toits, de fortifier l'orthodoxie en Palestine et d'y contrebalancer l'action du prosélytisme étranger. Ce programme lui faisait un devoir de tendre une main fraternelle aux autorités orthodoxes établies, de marcher d'accord avec elles, de soutenir tous leurs efforts. Au lieu de la collaboration attendue, qu'a-t-elle apporté? Ravir à ces augustes débris des antiques Églises leurs res- sources dernières, dénigrer en bloc tous les membres du clergé oriental, semer parmi les indigènes toutes sortes de calomnies contre les représentants des patriarcats, opposer le sentiment national à l'envahissement du monachisme oriental en Syrie, anéantir tout ce qui est Grec, Hellène, orthodoxe, antique, pour y substituer servilement des pratiques et des procédés emprun- tés aux hétérodoxes, telle a été la préoccupation constante, telle a été l'œuvre journalière de la Société russe de Palestine. Les mains maladroites et les cerveaux épais qui ont reçu la mission de réaliser son programme ont pensé qu'en arrachant de l'âme des orthodoxes du pays tout sentiment de respect pour les vi- vants symboles de l'orthodoxie, pour tout ce que les traditions et les cœurs identifient avec la religion orthodoxe orientale, ils réussiraient à constituer une nouvelle communauté orthodoxe n'ayant de rapports qu'avec les orthodoxes du Nord, de sou- mission que pour les désirs de la Société russe de Pales- tine. Au sein de populations attachées à l'argent et désireuses d'une protection politique ils ont répandu l'idée que ces deux avantages, les roubles et l'appui des consuls russes, leur étaient assurés, si elles entraient en guerre avec les Grecs et travail- laient à leur propre développement national sous l'égide de la Société. Grâce à ces appâts vulgaires, une nouvelle communauté orthodoxe s'est formée sur le modèle des groupes catholiques et protestants que les congrégations et les consulats font vivre, et cette communauté s'est empressée de rompre avec les au- torités ecclésiastiques d'Orientpour aller aux agents delà Russie. Ces derniers, fiers d'avoir constitué un centre d'influence indé- pendant comme les Américains, les Anglais et les Allemands, en sont maintenant à chercher les sommes nécessaires au cou- ronnement de leur œuvre : pour se les procurer, ils ne trou- vent rien de mieux que d'enlever à la vieille Église grecque ses dernières ressources.
ENTRE GRECS ET RUSSES. 17
Nos affirmations ne sont pas des paroles en l'air, elles sont basées sur les faits. Voyez plutôt ce qui est arrivé à M^' Spy- ridon, ex-patriarche d'Antioche. Que ce prélat n'eût point recherché le siège patriarcal pour un intérêt personnel, tout le monde le sait. A peine intronisé, il se vit assiégé par une nmltitude dWrabes (|ui réclamaient ce que protestants et catholiques offrent à leurs coreligionnaires, écoles, hôpitaux, pensionnats, dispensaires, etc., sans que les indigènes y con- tribuent de leur bourse, les Associations et les gouvernements européens envoyant du dehors de larges subventions. Le pa- triarcat d'Antioche possédait autrefois de grandes propriétés en Roumanie et en Russie. La confiscation, d'une part, la re- tenue des 3/5, d'autre part, l'ont privé aujourd'hui de presque toutes ses ressources. Comment, dans ces conditions, jVL'"' Spy- ridon pouvait-il faire droit aux réclamations des Arabes ha- bitués, par l'exemple des étrangers, à recevoir de leurs chefs spirituels tout l'argent nécessaire aux écoles et[ autres éta- blissements? Il se trouva dans une impasse.
A ce moment la Société de Palestine aurait dû solliciter une intervention du gouvernement russe en faveur dupatriarcat si cruellement et si injustement éprouvé. Au lieu de cela, elle poussa les indigènes à demander que le patriarche lui remît à elle-même le soin île ses écoles. Elle promettait de trouver faci- lement en Russie les fonds nécessaires. Ces fonds, connue bien l'on pense, n'étaient autre chose que les revenus du patriar(-at d'Antioche retenus en Bessarabie. De la sorte et grâce aux ré- clamations des Arabes, la Société de Palestine comptait bien que le gouvernement russe consentirait à voir le pati-iarcat d'Antioche dépouillé et de ses revenus et du droit qu'il a de veiller à la formation religieuse et morale des Orthodoxes Syriens. Tout cela, dans les calculs de la Société, devait lui revenir.
Pressé de toutes parts , plein de bonne foi et de zèle pour le bien de son troupeau, ]\P'' Spyridon commit la faute d'accéder aux conseils de la Société, et signa des papiers qui, pour n'avoir point la portée qu'on s'est plu à leur attribuer depuis, n'en ont pas moins aidé au succès des complots tramés contre lui.
La signature à peine donnée. M"'" Spyridon fut accusé auprès de la Porte d'avoir vendu à des étrangers les droits et privilèges
ORIENT CHRÉTIEN. 2
18 REVUE DE l/ORIEi\T CHRETIEX.
que le Bérat impérial octroie au patriarche grec en faveur de l'élément indigène. Et quels étaient les accusateurs du prélat? Ceux-là mêmes qui 'l'avaient pressé d'abandonner la direction de ses écoles à la .Société russe. Tant de fourberie ne resta pas sans résultats : démission du patriarche, intrigues et compéti- tions de toutes sortes autour de l'éleclion de son successeur, Arabes et Grecs aux prises les uns avec les autres, mensonges, agissements de la Société de Palesline p(;)ur donner le change sur son rôle et amener le gouvernement à lui céder enfin tous les revenus du patriarcat, trouble plus profond que jamais au sein de toutes les consciences orthodoxes du pays, trafic des choses saintes poussé aux derniers excès, joie des étrangers devant la déconfiture des affaires orthodoxes et devant les plaintes qui s'élèvent de toutes parts contre la Société de Palestine.
La Russie est une puissance orthodoxe et nous a\()ns confiance dans sa protection forte et éclairée, mais quel nffligeant spec- tacle que celui de ses agents en Syrie! Ils prêchent ;iux indigènes que le temps est venu pour leur pays de rejeter les restes ver- moulus de l'orthodoxie grecque et d'y substituer un ortho- doxisme nouveau basé sur la richesse et l'intluence politique; ils multiplient auprès du gouvernement russe leurs calomnies contre l'Église orthodoxe d'Orient, désireux de lui enlever jus- qu'au dernier centime de ses revenus et de détourner au profit des consulats et des ministères le fruit des fondations pieuses. Quel contraste entre cette étroitesse d'esprit des fonctionnaires et la magnanimité de leur souverain !
Les faits et gestes de la Société de Palestine sont de vérita- bles impiétés aux yeux de tout Russe orthodoxe : aux yeux de ceux qui forment le saint S3aiode dirigeant, ils doivent passer pour des abominations monstrueuses. C'est au saint Synode diri- geant que nous en appelons.
RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE
DES MONASTÈRES DE PALESTINE
{Suite) (1).
61. JEAN-BAPTISTE, monastère do Saint-Jean-Baptiste près du Jourdain, bâti par Anastase r^ 491-518.
Les origines de ce couvent sont obscures. Eusèbe et saint Jé- rôme nous apprennent qu'une multitude de frères venaient à l'endroit où Jean baptisait, au delà du Jourdain, pour s'y faire baptiser, sans mentionner encore de monastère (2). La Vie de sainte Marie l'Égyptienne, qui serait morte dans la première moitié du cinquième siècle, parle de l'église de Saint-Jean- Baptiste, mais non du couvent (3). Vers l'an 530, le pèlerin Théodosius voit « au lieu où le Seigneur a été baptisé une co- lonne de marbre sur laquelle est une croix de fer. Là est l'église de Saint-Jean-Baptiste, bâtie par l'empereur Anastase, élevée sur des voûtes à cause du Jourdain qui la baigne. Dans cette église demeurent des moines qui reçoivent du fisc un traite- ment annuel pour y passer leur vie (4) » . C'est la première men- tion historique du monastère de Saint-Jean-Bapliste, qui a dû être élevé sous Anastase P'", 491-518. La carte mosaïque de Madaba signale ce sanctuaire.
Procope indique les réparations de l'empereur Justinien (5).
(1) Voy. vol. IV, 1899, p. 512.
(2) De situ et nom. loc. hebr. Belhabara, t. XXIII, col. 88 1.
(3) Migne, P. G., t. LXXXVII, n° 4, col. 3700, n° 26. col. 3716 et n° 32, col. 3720.
(4) Ilîn. lat., t. 1, p. 68.
(5) De /Edificiis, lib. V, cap. ix.
20 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
L'higoumène russe Daniel, en 1106, trouve, à la distance de deux portées de flèche, Vantique couvent de Saint-Jean et les restes d'une grande église consacrée à saint Jean le Précur- seur, etc. (1). Le monastère du Précurseur, renversé par un tremblement de terre, comme nous l'apprend Jean Phocas, fut relevé par l'empereur Manuel Comnène, 1143-1180 (2). L'ano- nyme de 1253 mentionne ce monastère (3), ainsi qu'un llpsczy.-j- v^-apiov publié par M. Papadopoulos-Kerameus (4). Dès cette époque, l'église du lieu du baptême, que Villebrand d'Olden- burg signalait en 1212, comme à moitié détruite, semble avoir disparu. Thietmar, Ernoul, Burckard du Mont-Sion, Ludolphe de Sudheim, ne citent plus que le monastère de Saint-Jean et son église; il était toujours occupé par des moines grecs (5), Jacques de Vérone (6) en 1335, Nicolas de Martoni en 1394 (7), Louis de Rochechouart, évêque de Saintes, en 1464 (8) trouvent le couvent habité par des caloyers grecs.
En 1480, le P. Fabri aperçoit des Arabes musulmans parqués dans l'église et le monastère. Daniel d'Éphèse, en 1493-1499, voit le monastère de Saint- Jean, un y.âaTpov, l'église qui est dans une salle haute et des cellules (9). En 1522, Salignac y retrouve les religieux grecs; en 1552, les pèlerins latins allaient encore prier dans l'église du monastère. Boniface de Raguse, Cotoire en 1592, Quaresmius en 1630, signalent le monastère de Saint- Jean et son église en ruines, que plusieurs regardaient comme l'église du Ijaptême. Les pèlerins grecs postérieurs, publiés par la Société russe de Palestine, les pèlerins russes traduits pour l'Orient Latin, la Bibliothèque jérosolymitaine et les Analecta de M. Papadopoulos-Kerameus fournissent quelques renseigne- ments sur ce monastère. On connaît par des souscriptions de manuscrits les higoumènes Pambon en 1329, Polybe en 1330,
(1) Pèlerinage, trad. de Noroff, p. 45-55.
(2) Migne, P. G., t. CXXXIII, col. 952 et 953.
(3) Migne, P. G., t. CXXXIII, m 13, col. 968.
(4) Société russe de Palestine, fascifc. 40, 1895, n» 26, p. 9.
(5) On trouvera beaucoup de ces témoignages dans l'article Belhabara de yi. l'abbé Heydet. Diclionnaire biblique, t. I, col.. 1648 et suiv.
(6) Liber peregrinalionis dans la Revue de VOrient latin, 1895, p. 211.
(7) Pèlerinage à Jérusalem, Op. cit., 1895, p. 621.
(8) Voyage à Jérusalem, Op. cit., 1893, p. 263.
(9) Société russe de Palestine, fasc. 8, 1884, n" 27, p. 23.
RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DES MONASTÈRES DE PALESTINE. 21
Antonin le martyr aperçoit, vers 570, « au-dessus du Jourdain et non loin de l'endroit du Jourdain où fut baptisé le Seigneur, le très grand monastère de Saint-Jean, où sont deux hos- pices (1) ». L'évêque Arculphe, en 670, décrit : « sur la rive du fleuve la petite église carrée élevée à l'endroit, dit-on, où le Seigneur avait déposé ses vêtements. Elle s'élève sur quatre voûtes de pierre, sous lesquelles pénètre l'eau... Cette église est au fond de la vallée; plus haut, en face, sur les hauteurs de la berge supérieure, est un grand monastère où est une autre église élevée en l'honneur de saint Jean-Baptiste. Ce monastère est entouré d'un mur bâti de pierres de taille (2) ». « Du mo- nastère de Saint-Jean il y a un mille environ jusqu'au Jour- dain, à l'endroit où le Seigneur fut baptisé, ajoute saint Willi- bald vers 780; il y a maintenant une église élevée sur des pilastres de pierre, et sous l'église on voit la terre sèche; c'est là, au lieu même, que fut baptisé le Seigneur (3). »
Le vénérable Bède, en 720, signale aussi le grand monastère de Saint-Jean-Baptiste (4), son témoignage est reproduit au moyen âge par Pierre Diacre (5). Le Commemoratorium de oasis Dei compte, au début du neuvième siècle, 35 moines dans le monastère de Saint-Jean (6). En 820, le moine Bernard s'ar- rête également à ce couvent (7). La biographie de saint Etienne le Thaumaturge, écrite vers 807 ou 808, parle et du monastère de Saint-Jean-Baptiste, habité par des religieux, et du sanc- tuaire du baptême dont les moines du couvent possédaient les clés (8).
Les pèlerins du moyen âge ne sont pas moins explicites sur ce sanctuaire que leurs devanciers. Épiphane l'hagiopolite in- dique la grotte du Précurseur (voir Sapsas) à environ un mille au delà du Jourdnin, l'église de la Trinité et l'église du Précur- seur sur le bord du fleuve (9).
(1) Itiner. lat., t. I, p. 97 et 98.
(2) Op. cit., t. I, p. 177 et 178.
(3) Op. cit., t. I, p. 262.
(4) De Locis sanciis, lib. II, cap. mil
(5) SUviae peregrinatio, Edit. Gamurrini, p. 127.
(6) Itiner. lat., t. I, p. 303.
(7) Op. cit., t. 1, p. 318.
(8) A. SS., t. m, jul., n»^ 62 et 63, p. 528, n" 85 et 86, p. 537
(9) Migne, P. G., t. CXX, col. 270.
22 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
Ephrem, et Ignace au quatorzième siècle, Gabriel en 1714 etc. Païsius, qui fut patriarche de Jérusalem de 1630 à 1660 et mourut ignominieusement, y avait mené la vie monastique.
En 1882, l'église de Saint-.! ean-Baptiste a été relevée, le cou- vent et les hospices rétablis sur les plans anciens. Les musul- mans l'appellent Kasr el-Yahoud, le château des Juifs, les chrétiens Deir Mar-Hanna, le couvent de Saint-Jean; il est toujours habité par des moines grecs.
62. JEAN CHRYSOSTOME, monastère de Saint-Jean Chrysos- tome dans la plaine du Jourdain.
La Bibliothèque Naniana, aujourd'hui Saint-Marc à Venise, nous a conservé un codex de ce couAcnt, un évangéliaire du douzième siècle. Le couvent a disparu depuis longtemps, il était d'après Phocas, qui le visita en 1177, au sud de Calamon. Couder fait remonter ce monastère au douzième siècle; cela paraît difficile, puisque rhigoumène russe Daniel le signale déjà en 1106 comme protégé par des murs élevés et célèbre par sa richesse. Peut-être remonte-t-il au delà du dixième siècle?
63. JEAN LE SCHOLAIRE, monastère. Pour jouir des entre- tiens spirituels de saint Euthyme, Eudocie fit, en 455, construire une tour sur la cime d'un promontoire qui dominait le désert de Juda. Elle s'élevait à 30 stades de la laure du saint, environ 6 kilomètres (1). Sabas y mena la vie d'anachorète après 473 et, de là, vit en songe le Cédron où devait s'élever plus tard son monastèi'e (2).
Vers l'an 510, la tour d'Eudocie servait de résidence à deux moines nestoriens, expulsés de la Nouvelle Laure. Sabas les convertit, puis construisit au pied de cette tour un grand mo- nastère dont il confia le gouvernement à son disciple Jean le Scholaire qui le dirigea durant 35 ans, 510-545. Sous un tel supérieur, le couvent eut une admirable efflorescence et garda désormais le nom de son premier higoumène (3).
Jean Moschus le visita et causa ave<.' son abbé, le moine Grégoire (4).
(1) Vita S. Euthymii, n"84.
(i) Vita S. Sabae, n° 15. *
(3) Vita S. Sabae, n" '28.
(4) Op. cit., cap. xxv etCLXxviii.
PÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DES MONASTÈRES DE PALESTINE, 23
Dans la seconde moitii' du sixième siècle, 1(^ monastère possé- dait un évêque démissionnaire, Abraham de Gratia-FlaAdopolis (aujourd'hui G(''rédé) dans la province d'Honorias, qui avait Claudiopolis pour métropole (Boli en Asie Mineure). M. l'abbé Ehrhard a signalé la biographie de ce prélat dans un manuscrit arabe de Saint-Sabas et dans une ou deux versions grecques. Il est regrettable qu'elle soit encore inédite, car elle apporterait des détails circonstanciés sur l'origine de ce couvent si peu connu.
Grâce aux détails minutieux de Cyrille de Scythopolis, nous pouvons retrouver la position de ce monastère. Il était situé à près de 6 kilomètres de la laure d'Euthynie (Khan el-Ahmar), sur une colline élevée d'où les regards plongeaient sur la mer Morte. Avec Spelunca et Castelliwiiy il formait une sorte de triangle. Au terme indiqué, se dresse encore le pic majestueux du Djobel-Mounlar. De misérables restes à peine déchiffrables représentent la vieille tour d'Eudocie; près de là, (les ruines moins confuses indiquent le monastère à côté de sa petite église.
61*^ JÉRÉMIE, laure édifiée, en 531, par le diacre Jérémie, un des disciples préférés de saint Sabas, qu'il accompagna à Cons- tantinople durant son second voyage, en 531. Sabas lui confia, avant de mourir, les règles de sa laure qui nous sont parvenues sous le titre de Typicon (1).
La laure de Jérémie était située à 5 stades au nord de Spe- lunca ou Khatter, elle est identifiée avec le Khirbet Zaranik.
65. JÉRICHO possédait une hôtellerie desservie par les moines de Saint-Sabas (2). Justinien y fit quelques réparations (3). Jean Moschus en parle à deux occasions (4) ; après la prise de Jérusalem par les Perses, 614, elle était au pouvoir des moines de Choziba (5). Il peut se faire aussi que le xenodochium de Saint-Euthyme ne soit pas différent de cette hôtellerie (6).
(1) VilaS. Sa/me, Cotelier,t. III, p. 3-17, 349.
(2) Vïta ,S'. Sabae, t. III, n" 20.
(3) Procope : De jEdificHs, lib. V, cap. i.\.
(4) Cap. VI et ci.
(5) Vita S. Georgli C/wz-ebltac dans les Analecla Bollandiana, t. VII, n" 35, p. 134.
(6) Vita S. Joannis Silenliarii, A. SS., t. III, mai, ii" 20, p. 235.
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66. JÉRÔME, monastère de saint Jérôme à Bethléem, cons- truit par sainte Paule de 386 à 389. Il se trouvait à droite de l'église de la crèche, du côté du nord, dans un endroit un peu détourné de la voie publique; un sentier, qui s'écartait de la route à partir du tombeau du roi Archélaiis, y conduisait. De plus, Jérôme choisit sous le coteau une grotte voisine de celle de la Nativité et la plus spacieuse après celle-ci ; il y transporta ses papiers, ouvrit une école gratuite de grammaire où il en- seignait le grec et le latin. Il mourut dans son monastère en 420, après y avoir composé tous les écrits qui ont illustré son nom.
Antonin le Martyr en 570 mentionne « ante Bethléem monas- terium muro cinctum, in quo est multitudo monachorum con- gregata (1) ». Est-ce celui de saint Jérôme? Arculphe fixe la po- sition de l'église du couvent : « Hec ergo ecclesia extra civitatis murum in valle contigua est fundata, qu;e bethleemitico in parte aquilonali monticulo coheret (2) », et le moine Bernard au neuvième siècle fournit les mêmes renseignements. « Sepul- chrum sancti Hieronymi ego conspexi, quod in illa habetur ec- clesia, que extra eandem civitatiunculam in valle est fabricata, que in meridionali latere sita, supra memorati dorso monticuli est conterminata bethleemitici (3). »
67. JOSAPHAT. Dans la vallée de Josaphat, entre le tombeau de la sainte Vierge et le tombeau dit de saint Jacques, il y avait, d'après le Commemoratorimn de casis Dei (4), « inclusus I, monasteria puellarum XX'VI ». Le moine grec Épiphane signale, vers la même époque, à Gethsémani cent recluses, dont le pas- teur était un stylite qui les dirigeait de sa cellule, ;ï travers la fenêtre (5).
68. JUVÉNAL, monastère. L'auteur des Plérophories (6) si- gnale un grand monastère, non loin du chemin qui mène de Siloé à une vallée, oij le futur patriarche de Jérusalem avait mené la vie monastique : « Ce couvent est celui de Juvénal; c'est là
(1) Itinera et Descrlpliones T. S., t. I, p. 107.
(2) Op. cil., p. 171.
(3) Op. cit., 1. 1, p. 171.
(4) T. I, 2, p. 302.
(5) Migne, P. G., t. CXX, col. 268.
(6) Cap. XVI, p. 248.
RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DES MuXASTÈRES DE PALESTINE. 25
qu'on alla le chercher pour le faire évêque, puis après le concile de Chalcédoine, contre toute attente... ce monastère devint dé- sert et ruiné et personne ne put y habiter. »
69. LAZES, monastère des Lazes, habitants de la Colchide. Ce couvent, restauré par Justinien, se trouvait dans le désert de Jé- rusalem (1).
LUC, voir M é topa.
70. MAMAS, monastère de Marnas aux environs d'Eleuthéro- polis (2) et qui semble être le môme que celui de Romain (voir ce mot) fondé près de la même ville.
71. MARCIEN, monastère de Tabbé Marcien près de Beth- léem, construit vers 454.
D'après les données de Cyrille de Scythopolis, Marcien était un moine monophysite, qui sortit en 45 1 du couvent de Saint- Passarion à Jérusalem, afm de ne pas reconnaître le patriarche Juvénal et la confession de Chalcédoine (3). Il rallia autour de lui quelques mécontents et construisit avec eux un monastère aux alentours de Bethléem. De 454 à 484, nous retrouvons Marcien et ses moines dans tous les coups de main tentés par les eutychiens contre les évêques et les religieux orthodoxes. Il se convertit à cette époque et son zèle de néophyte le poussa à détruire le couvent de son ami Romain dans une vallée de Thécoa (4). Il fut même chargé par le patriarche Salluste de la direction gé- nérale des monastères et eut de fréquentes relations avec saint Sabas, saint Théodose et saint Jean le Chozibite (5).
L'histoire monophysite de Zacharie le Rhéteur (6) nous ap- prend que Marcien contribua avec son ami Romain à l'intrusion du moine Théodose sur le siège patriarcal de Jérusalem, en 451, et décida l'évêque Martyrius à accepter l'Hénotique de
(1) Procope : De yEdificiis. lib. V, cap. i.\.
(2) Vita S. Sabae, Colelier, t. III, n° 55, p. 300.
(3) Vila S.Euthym.,i. II, noSl, p. 273.
(4) Ibid., n» 123, p. 30G.
(5) Vita S. Sabae, t. III, p. 250, 257, 201 ; Usoner. Dei^ hcilige Theodosios, p. 73 et 107; Menées, 28 octobre.
(0) Ahrens et Krïiger, Die sogenannte Kirchengeschichte des Zacharias Ilhclor, p. 12 et 09.
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Zenon en 484. Ce dernier renseignement semble bien contredire l'assertion de Cyrille.
Le monastère de Marcien existait encore au siècle suivant. En effet, lors des troubles origénistes, les bandes soulevées par Nonnos s'égarèrent aux environs de ce couvent, vers 542. Comme saint Théodose s'arrêtait d'ordinaire auprès de Marcien en allant à Bethléem, on s'accorde généralement à retrouver les ruines de ce couvent sur la colline de Seiar egh-Ghànem, au nord-est de Bethléem.
72. MARDES, laure établie vers 425. Après la fondation du couvent de Saint-Théoctiste, saint Euthyme séjourna quelques mois avec son disciple saint Domitien sur une montagne élevée du désert de Juda, nommée Mardes. Il y avait là une citerne et des restes de constructions ; les deux solitaires dressèrent un autel, puis un oratoire, et s'y établirent (1). Lors de la visite de Moschus, des anachorètes y gardaient encore le souvenir d'Eu- thyme en faisant refleurir ses vei'tus. Leur jardinet s'étalait à VI milles de là sur les rives moins arides de la mer Morte, à la charge d'un fi-ère qu'on remplaçait souvent à ce poste de dé- vouement (2).
Ces anachorètes dispersés dans des grottes dépendaient d'un archimandrite nommé par le patriarche de Jérusalem et n'a- vaient aucun rapport de juridiction avec le monastère de Cas- tellium (voir ce mot), fondé par saint Sabas en 192 sur la cime de la même montagne de Mardes. Moschus visita les deux com- munautés, qui occupaient, l'une la forteresse construite sur le sommet de la colline (^cap. clxviii), l'autre les cavernes dissé- minées sur ses flancs (cap. clviii). A première vue, on est tenté de confondre ces deux maisons religieuses, mais une étude plus attentive du Pré Spirituel montre que ce voisinage des ana- chorètes et des cénobites est parfaitement conciliable.
Le P. Delau (3) place, comme tout le monde, Castellium au Khirbet Mird et propose Sebbch, l'antique Masada près d'En- gaddi, pour Mardes. Cette dernière hypothèse, si séduisante qu'elle lui apparaisse, me semble une pure fantaisie. Les hagio-
(1 ) Vita S. Eiitfiymii, n» 2S.
(2) Cap. CLViii.
(3) Bulletin de LiUcralure ecclésiastique, nov. LSMO, j). :?7:J-281.
RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DES MONASTÈRES DE PALESTINE. 27
graphes de Palestine n'auraient pas manqué de décrire une position unique au monde, si par hasard uno laure ou un er- mitage quelconque sN'tait dressé sur son sommet.
73. MARIE, monastère de Sainte-Marie à Jérusalem construit par l'empereur Justinien. Il s'élevait près de l'église du même nom, appelée aussi église de la«: Mère de Dieu >^ ou Sainte-Marie la Neuve.
Cette église avait déjà été commencée par le patriarche Élie, 494-513; laissée inachevée, faute de ressources, elle fut, à la demande de saint Sabas, menée à bonne fin par l'empereur Justinien qui se chargea de tous les frais et confia la direction de l'entreprise à Théodore, un de ses plus habiles architectes (1). On peut lire dans l'historien Procope le récit détaillé de cette construction et la description minutieuse de ce splendide sanc- tuaire. « A droite et à gauche de la basilique, ajoute cet écrivain, s'élèvent deux hospices, œuvre de l'empereur Justinien; l'un est réservé aux pèlerins étrangers, l'autre aux pauvres malades. Ce même prince dota le temple de la Mère de Dieu d'un revenu annuel très considérable. » La dédicace de cette basilique eut lieu au mois de décembre 543. Cyrille de Scythopolis y assis- tait (2).
Jean Moschus nous a conservé les noms de trois higoumènes de ce monastère : Eudoxe (3), Abraham, distinct de celui qui fonda le couvent des Byzantins sur le mont des oliviers (4), et Constantin qui vivait encore lors de sa visite (5).
Deux lettres de saint Grégoire le Grand concernent, à mon avis, le couvent de Sainte-Marie la Neuve; la première est adressée au prêtre Anastase, qui semble être le supérieur, la seconde au patriarche Isaac. Dans l'une et l'autre, le pontife se plaint et de l'esprit mondain qui, sous le couvert de l'habit reli- gieux, s'était glissé dans les habitudes monastiques, et des disputes incessantes qui surgissaient entre le supérieur et les patriarches de Jérusalem. La première lettre mentionne le
(1) VilaS.Sabae, Cotolior, t. III, p. 343, 34(; ot ^47.
(■2.) Vita S. Joannis SUmllaru. A.SS., t. III, mai, n» 20, p. -235.
(3) Cap. OI.XXXVII.
(4) Cap. Lxvin.
(5) Cap. VI.
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monastère « quod Neas dicitur », la seconde l'église « quœ Neas dicitur » (1). M. Couret a vu là la désignation du monas- tère et écrit « le monastère de Néas dont les abbés étaient en lutte perpétuelle avec les patriarches de Jérusalem ». Qu'est-ce à dire? Néas représente-t-il le nom du lieu ou de l'abbé? M. Couret n'en dit rien. Je crois qu'il faut voir dans le Néas de saint Grégoire le génitif singulier féminin de l'adjectif grec v£oç, le qualificatif ordinaire de Sainte-Marie. Le scribe latin n'a pas compris le sens du mot et au lieu de dire « monas- terii, quod novum dicitur » et « Ecclesia, qua? nova dicitur », il a écrit « monasterii, quod Neas dicitur » et « Ecclesia, qua; Neas dicitur », reproduisant servilement le texte grec.
Le Commemoratorium de oasis Dei sous Charlemagne ne tombe pas dans la même erreur et dit : « In sancta Maria Nova, quam Justinanius imperator extruxit 12 » (clercs) (2). L'hospice et l'église de Sainte-Marie sont souvent mentionnés dans les récits de pèlerinage. On discute beaucoup sur la position exacte de ce sanctuaire et l'on explique diversement la description de Procope. Les uns voient Sainte-Marie dans la mosquée El-Aksa, comme M. de Vogiié ; les autres la placent, à l'angle sud-est du Haram ech-Cherif, sur l'esplanade qui recouvre les légendaires écuries de Salomon; d'autres enfin, comme le P. Séjourné, pro- posent de la situer au-dessous de la Grande Synagogue. Les vestiges n'y sont pas, il est vrai, bien déterminants, mais l'ar- gument principal se tire d'ailleurs. A Textrémitt'' de la colon- nade, reproduite dans la carte-mosaïque de Madaba, s'élève une grande église que le Père identifie avec celle de Justinien. Ceci n'est rien moins que prouvé. Le monument en question peut très bien représenter Sainte-Sophie ou l'église du Prétoire; de plus, Sainte-Marie la Neuve ne fut terminée qu'en 543, et jusqu'ici tous les savants croient que la carte-mosaïque de Madaba est un peu plus ancienne (3).
74. MARIE, monastère de Sainte-Marie au mont des Oliviers
(1) Lib. vu, Epist. 32 etlib. XI, Epht. 40. Migne, P.L., t. LXXVII, col. 890 et. 1164.
(2) Itiner. lai., t. I, 2, p. 302.
(3) Voir: Justinien en Terre Sainte, dans les Echos d'Orient, t. 1, p. 211, et 51. Clermont-Ganneau : La Nea, ou l'église de la Vierge de Justinien à Jérusalem, dans \e Recueil d'archéologie orientale, t. III.
RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DES MONASTÈRES DE PALESTINE. 29
restauré par l'empereur Justinien (]). Le Commemoraiorium de casis Dei mentionne une ég'lise de Sainte-Marie sur le mont des Oliviers : « In sancto monte Oliveti ecclesiit' très... tertia in honore sancta^ MariiB, clerici duo (2). »
75. MARIE, monastère de Sainte-Marie à la piscine probatique, à Jérusalem.
Le Commemoratorium de casis Dei signale « in sancta Maria, ubi natafuit in probatica V(clerici), incluse Deo sacrate XXV (3) ». Ces religieuses étaient, je crois, des bénédictines. Le P. Cré a re- tracé l'histoire de l'église de Sainte-Anne (4) ; tout ce qu'ilaffirme depuis le moyen âge jusqu'à nous est basé sur des documents, l'époque antérieure aux Croisades est assez négligée. Cela se comprend, il n'écrivait pas l'histoire de l'église, mais celle des tombeaux de saint Joachim et de sainte Anne et cette dernière tradition est insérée, pour la première fois, par l'higoumène russe Daniel en 1106.
76. MARIE, monastère de Sainte-Marie de Gethsémani. Le Commemoratorium de casis Dei s'exprime ainsi : « In valle Josaphat, in villa que dicitur Gethsemane, ubi sancta Maria sepulta fuit, ubi sepulchrum ejus est venerabile, inter pres- byteros et clericos XIII, monachi VI, Deo sacrate inter inclusas et ibidem servientes XV (5). » Le monastère de Sainte-Marie de Gethsémani est cité dans tous les récits de pèlerinage et dans les ouvrages de M. Papadopoulos-Kerameus.
MARIN, voir Métopa.
77. Mx\RTYRIUS, monastère construit en 473. Martyrius de Cappadoce s'enfuit de Nitrie en Palestine en 457 et se retira à la laure d'Euthyme jusqu'en 473. A la mort de ce dernier, il fonda un monastère à 15 stades de la laure; en 478 il rem-
(1) Vvocoço, De .-Edificiis, lib. V, cap. ix. (i) Itineraet Descriptiones T. S., t. I, "2, p. 302. (3) Op. cit., t. I, p. 30-2.
4) Recherche et découverte du tombeau de saint Joachim et de sainte .4 ««c dans la Revue Biblique, 1893, p. 245-274. (5) T. I, 2, p. 302.
30 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN
plaçait Anastase sur la chaire patriarcale de Jérusalem qu'il occupait jusqu'au 13 avril 48G, date de sa mort (1).
Paul, successeur de Martyrius dans la direction du monas- tère, fut nommé, en 492 ou 493, le second supérieur de tous les cénobites de la Palestine (2). Domitien, le bras droit d'Askidas dans la querelle origénistc et archevêque d'Ancyre en Galatie, fut aussi higoumène de ce monastère {3).
Les palestinologues mettent plusieurs noms en avant pour l'identification du couvent de Martyrius; Cheikh el-Khidr, El-Mourassas, Deir es-Sidd. Les deux derniers offrent le plus de probabilités.
78. MÉLANIE, couvent de Mélanie l'aïeule, sur le mont des Oliviers, fondé vers 375.
Cette dame romaine, grand'mère de sainte Mélanie la .Feune, fonda vers 375 un monastère où elle se retira avec cinquante religieuses. Elle y vécut environ 27 ans jusqu'en 402, recevant, avec son ami Rufm, les pèlerins qui se présentaient, évêques, moines, vierges, femmes mariées etc. Elle ne prit pas une part active à la lutte violente qui s'éleva entre Rufm et saint Jérôme, bien qu'elle fût, semble-t-il, du côté de Rulin. En 402, elle se rendit à Rome, fit diverses visites et rentra à Jérusalem vers 410 pour mourir dans son couvent, 40 jours après son arri- vée (4j. Son monastère n'est plus mentionné dans les hagiogra- phes ou les pèlerins, effacé complètement par les deux couvents de sa petite-fille.
79. MÉLANIE, couvent de femmes fondé par sainte Mélanie la Jeune, sur le mont des Oliviers, vers 432.
Mélanie naquit vers 383, se maria en 397 et, après sept années passées dans le mariage, vécut avec son mari dans la continence, 404. En 409, elle partit avec lui pour l'Afrique, y demeura sept ans, 409-41G, et de là se rendit avec son mari et sa mère à Jérusalem. Elle y vécut 14 ans dans la prière et les exercices de pénitence. En 431, sa mère Albine mourut, elle fui
(1) Vila S.EulliymiL n" 91, 113, ll'J, 125, 131, 137 et 138; VitaS. Sabae, p. 238.
(2) Vila S. Euthymii, n° 114; Der heilige Thcodosios. p. llf) et Vila s. Sabae, p. 244.
(3) Vila S. Sabae, Y>- 45.
(4) Historiaad Lausum, cap. cxviii. et cxix. Migne, P. G., t. XXXIV.
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ensevelie au mont des Oliviers et la bienheureuse, qui occupait jusque-là une cellule dans la Ville Sainte, ne voulut plus y habiter. Elle se retira sur le mont des Oliviers, logea dans une toute petite cellule privée de lumière et fit construire, à ses frais, un grand monastère de femmes qui comprenait environ 90 religieuses : « Et cum in una cellula obscura in multa absti- nentia et lacrimis Deo vacai-et, fecit sibi in ipso sancto monte monasterium, et rogat suum fratrem ut paucas ei virgines congregaret. Conveniunt autem plus minus nonaginta quas beata suo instruebat exemplo (1). » Mélanie refusa la charge de supérieure, tempérant par sa douceur ce que les ordres de l'abbesse élue avaient d'àpre et d'amer pour ces jeunes filles.
Elles récitaient Toffice durant la nuit et durant le jour aux heures canoniques et pouvaient se reposer après les récitations des Matines (2). Mélanie fit construire un oratoire avec un autel et déposer les reliques de saint Zacharie (le prophète), de saint Etienne, des 40 martyrs de Sébaste et d'autres saints (3). La messe était dite par Géronce dans l'oratoire du couvent le ven- dredi et le dimanche : « .Edificavit autem eis oratorium in mo- nasterio et statuit ibi altare ut divinis mysteriis fruerentur; exceptis enim diebus festis celebraverunt eis unam oblationem die passionis, quod est sexta feria, et unam sanctae resur- rectionis (4). » Toutefois, comme Mélanie avait la coutume de communier tous les jours, la messe devait être célébrée quoti- diennement dans l'église de l'Ascension desservie par les moines ou dans la grotte du Credo. « Numquam haec (Melania) cibum corporalem accepit nisi prius corpus Domini communicasset. Quod maxime propter tutelam animae percipiebat, quamquam et consuetudo Romanis sit per singulos dies communicare. Pri- mitus enim apostolorum beatissimusPetrus episcopatum gerens, deinde beatus Paulus ibidem consummatus hanc traditionem fecerunt (5). »
(1) Vita S. Melan'ui' Juniorix, clans les Anal. BoUund.,{. VIII, ]). 4().
(2) Op. cit., n° 15, p. 49.
(3) Op. ci/, 11° 17, p. 5U. l'our los martyrs de Sébaste, voir Pelrus dcr Iberer, p. 37.
(4) L. cil.
(5) Op. cit., n° 3-2, p. 57.
?.9.
REVUE DE L ORIENT CHRETIEN.
Sainte Mélanie mourut le 31 décembre 439, après avoir recommandé à Févêque (Juvénal) et surtout au prêtre Géronce de prendre soin de ses monastères (1). Il est encore probable- ment question du monastère de femmes de Sainte-Mélanie dans ce passage des Plérophories : « Une femme orthodoxe de Pam- philie renonça au monde avec ses filles, vint à Jérusalem et trouva le repos sur le mont des Oliviers. Un jour qu'elle allait adorer au saint lieu de l'Ascension, il se trouva qu'il y avait là un office et les portes furent fermées, etc. (2). » Virgilius, vers l'an 500, mentionne que « en contrebas de la même grotte (du Credo) habitent des religieuses si sévèrement cloîtrées que, ni pendant leur vie, ni après leur mort, elles ne sortent jamais de leur couvent (3) ». Je citerai plus loin, à propos du monastère des hommes, les divers passages des Vies de saint P^uthyme et de saint Sabas où Cyrille de Scythopolis parle de Géronce, supé- rieur des monastères de Sainte-Mélanie.
La Vie de Pierre l'Ibère fait plusieurs allusions à sainte Mé- lanie et à son couvent de femmes; nous les verrons bientôt en traitant l'autre monastère. Plusieurs détails de la Vita S. Mela- niae Junioris y reçoivent une précieuse confirmation.
Le monastère de femmes existait encore en 614 et c'est évidemment lui qui est visé dans ce passage de La Prise de Jérusalem récemment publié(^ : « Il y avait un couvent près de la montagne des Oliviers. Les Perses y entrèrent et en firent sortir quatre cents nonnes, vierges. » Une d'entre elles usa d'habileté pour conserver sa virginité et les autres apprenant son acte, l'imitèrent, se livrèrent à la mort et subirent le martyre (4). Enfin le Commémora torhwi de casîs Del sous l'empereur Charlemagne mentionne trois églises sur le mont des Oliviers; la deuxième où le Christ instruisit ses disciples était desservie par trois moines et un prêtre (5), selon les inten- tions de la pieuse matrone romaine que nous avons vue fonder ce monastère quatre siècles auparavant.
(1) Op. cit., n^SSet 39, p. 61.
(2) Cap. i.x.\x, p. 381.
(3) L'Itinéraire de Virgilius en Palestine, pai- le R. P. Edmond (Bouvv), Paris, 1891, p. 27-29.
(4) Revue de l'Orient chrétien, t. II, p. 158.
(5) Itinera T. S., I, 2, p. 302.
RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DES MONASTÈRES DE PALESTINE. 33
80. MÉLANIE, couvent d'hommes fondé par sainte Mélanie la Jeune sur le mont des Oliviers vers 436.
« Après la mort de son époux Pinianus, la bienheureuse Mélanie, s'astreignant plus étroitement aux jeûnes et à la prière, demeura trois ou quatre ans dans YApostolion, où sa mère et son frère avaient été déposés. Et voyant l'église sans moines et le service négligé, il lui vint une divine ardeur de fonder un établissement de religieux qui demeureraient et serviraient, la nuit et le jour, par les prières et la psalmodie, dans l'église de la sainte Ascension et dans la grotte, où le Seigneur traita, avec ses disciples, de la fin du monde...
« Bientôt on commença l'édifice, et le Seigneur bénissant la foi de sa servante, cette année même vit l'achèvement d'un beau et vaste monastère... Ce fut la résidence spéciale des moines qui célébraient avec magnificence le service divin soit dans la sainte église de l'Ascension, soit dans YApostolion où repo- saient sa sainte mère et son frère (I). »
Le prêtre à qui sainte Mélanie confia la direction du monas- tère et qui a composé la Vie de cette sainte, est le fameux Géronce devenu avec Romain un des plus fermes soutiens du monophy- sisme. Son portrait est plus ou moins llatté, suivant qu'il est peint par les catholiques ou par les eutychiens. Dans la Vie de sainte Mélanie on voit que cette dernière l'avait retiré du siècle, offert à Dieu et fait parvenir au sacerdoce. Dès l'année 405, il se trouvait dans la compagnie de cette sainte qu'il accompagna auprès de l'impératrice Séréna (2). Il la suivit en Afrique (3), à Jérusalem (4), à Constantinople (.5), puis de nouveau dans la Ville sainte (6) et demeura avec elle jusqu'à sa mort (7). Bien plus, il dirigea après elle les deux monastères qu'elle avait fondés (8) et qu'elle lui avait recommandés avant de mou- rir (9).
(1) Vita S. Melanlac Junioris, n" 18. p. 50 ot s.
(2) Op. cit., lib. I, n" \i, p. 20.
(3) Op. cit., lib. I, rf^H, p. 3'J.
(4) Op. cit., lib. II., nM, p. 13.
(5) Op. cit., lib. II, II" IKot 21, p. 51 ci s.
(6) Op. cit., lib. II, n 25, p. 51.
(7) Op. cit., lib. II, n" 34, 37, 31», p. 58, CO et Gl.
(8) Op. cit., lib. II, n" 38, p. Gl.
(9) Op. ci^.Jib. Il, n^ 39, p. r.l.
OlïIKNT CIIKÉTIEN.
34 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
Cyrille de Scythopolis dit que Géronce fut le successeur de sainte Mélanie (1) et qu'il dirigea ses deux monastères durant quarante-cinq ans (2). Défenseur acharné de l'hérésie mono- physite (3), il fut peut-être nommé le chef de tous les mécon- tents (4) et expulsé de son couvent en 484 par son ami Marcien, revenu à la foi catholique (5).
Les renseignements que nous allons puiser dans le Petrus der Iberer de M. Raabe seront loin de contredire, à part cer- tains points de peu d'importance, l'ensemble des traits de ce personnage : « Une fois que Mélanie et Pinianus eurent fixé leur séjour à Jérusalem, dit le biographe de Pierre de l'Ibère, ils construisirent si/r le mont des Oliviers deux monastères, gui contenaient beaucoup de personnes, riin dlionimes et l'autre de femmes... Mélanie, apprenant l'arrivée des saints jeunes gens, Pierre et Jean, à Jérusalem, et sachant qui ils étaient et d'où ils venaient, les reçut avec une grande joie. Elle se sou- venait, en effet, que durant son voyage à Constantinople elle y avait vu Pierre, élevé comme otage à la cour impériale... Mélanie, épouse de Pinianus et fille d'Albine, avait donc reçu nos deux saints comme des fils chéris. Au monastère des hommes, ils furent vénérés comme des modèles de vie ascé- tique. Ils reçurent en même temps l'habit monastique des saints moines du célèbre Géronce, qui (Hait prêtre et supérieur des monastères du mont des Oliviers. Ce Géronce, originaire de Jérusalem et jouissant d'une renommée très étendue, reçut, encore enfant, ce qui éiait nécessaire à son entretien de sainte Mélanie et de son mari. Élevé chez eux d'une manière sainte et agréable à Dieu, il leur parut digne de recevoir le saint habit des moines, parce qu'il était distingué par sa con- duite et par ses moeurs. Ils le prirent donc tous les deux, le conduisirent au saint tombeau de notre Rédempteur, posèrent l'habit sur le rocher et le firent revêtir pour ainsi dire par les mains mêmes de Notre-Seigneur après qu'ils eurent prié Dieu de lui donner avec l'habit les trois dons d'une foi droite, de la
(1) VllaS. Eulhymii, Cotelier, t. II, n" 74, p. -202.
(2) Op. cit., n" 124, p. 307.
(3) Op. cil., n° 76 et 86, p. 264 et 273,
(4) Op. cil., n° 113, p. 297.
(5) Op. cit., n" 123 et 124, p. 307.
REPERTOIRE ALPHABETIQUE DES MONASTERES DE PALESTINE. Su
sainteté et des lannes. Il fut, en effet, gratifié de ces trois dons, surtout du don des larmes, au point que, prêtre et supé- rieur des monastères du mont des Oliviers, il tenait souvent le même jour de la semaine trois services divins : un sur la sainte montagne, un second dans le monastère des hommes e1 le troisième dans le monastère des femmes.
Le reste du temps, il avait chaque jour le service divin privé pour sainte Mélanie, suivant l'usage de l'église de Rome. Et dans chacune de ces n'unions, depuis le commencement du service divin jusqu'à la fin, il versait de si abondantes larmes, accompagnées d'une telle expression de douleur et de contrition que toute l'assistance ne pouvait s'empêcher de crier, de sou- pirer et de pleurer. La fin qu'il subit montre bien quelle grâce il avait reçue de Dieu. En effet, comme il vivait à l'époque de l'apostasie de Chalcédoine, il montra le zèle du martyre jusqu'aux liens, jusqu'à la prison et jusqu'à la comparution devnnt les juges, se tressa la couronne des confesseurs et trouva la mort de cette manière. Et, bien qu'il fût prié par les gouverneurs et par des personnes recommandables de promettre uniquement de parler avec le calomniateur Ju vénal, ;ifin d'obtenir sa déli- vrance, sans entretenir avec lui aucune communion, il s'y i-efusa constamment en disant qu'il ne verrait jamais plus la face du traître Judas (I). »
Virgilius, vers l'an 500, remarque que la grotte (du Credo) est desservie par près de 200 moines qui liabitent en amont (2).
Les Plêrophories mentionnent le moine Gcronce, diacre du couvent de la bienheureuse Méhmie (3). Uik^ inscription trouvée au Carmel du Pater, construit sur l'emplacement du couvent des hommes de sainte Mélanie, donne le nom de l'higoumène Théophile (4), Nous avons cité, plus haut, le texte du Commemo- ratoriiun, qui parle de trois moines et du prêtre desservant la l»asilique constantinienne de l'Ascension. Jean Phocas a vu un monastère, sur les fondements de l'ancien couvent de sainte Mélanie (5). Le Carmel du Pater représente, de nos jours, le
(1) Peints der Iberer, p. 33-li8.
(2) Op. cit., p. 27. Il est prouvé que le pèlerin Virgilius n'a jamais existé, c'est une création du cardinal Pitra; l'ouvrage est anonyme.
(3) Op. cil., cap. xi.i, p. o57.
(4) Revue Biblique, 1892, p. 570.
(5) Migne, P. G., t. CXXXIII, col. 915.
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couvent des hommes et le couvent des Bénédictines du Calvaire le monastère des femmes de sainte Mélanie.
Quant à l'histoire de la grotte du Credo, seul vestige appareni de la basilique constantinienne de l'Ascension, je renvoie à la savante et lumineuse dissertation du P. Léon Cré (1).
81. MÉTOPA, monastère fondé au cinquième siècle. Les pre- mières recrues de saint Euthyme dans sa retraite, qui devint en- suite le monastère Saint-Théoctiste (411), furentdeux frères ana- chorètes. Marin et Luc, sortis comme lui de lalaure de Pharan. On ne sait à peu près rien de l'existence de ces deux moines, sauf qu'ils fondèrent à leur tour un cou\ent près du boui'g de Métopa et exercèrent à la vie religieuse le futur père des cénobites, saint Théodose (2). Il n'est pas facile de débrouiller les informations de rhagiographe et d'attribuer à chacun des deux frères la part qui lui revient de cette fondation; voici comment je conçois la chose. A Pharan, à Saint-Théoctiste, à Métopa, Marin et Luc sont ensemble; Luc désigné toujours le second et paraissant n'être que le frère cadet de Marin. Ce dernier a construit le monastère
de Photin, « û-b Mapivcj t:j Tr,v 'ÎHoTsivou AîYO[jiv/]v c'jarr;aa[;-£vcu
[Acv/jv (3) », hameau ou propriété située aux environs de Métopa
« elq Toùç izzpl tt^v vMiJ:r,y MI-mtzx -ô-O'j: o'.éKX[j/jX'/ -/.y). ;^.cva7Tr,pi:v
(7uv£C7-r,(7avTo (4) » ; ensuite Marin a cédé la direction du couvent à son frère pour mener la vie érémitique « -pbç te tbv [xay.apîTr/;
MapTvcv tbv àvaycop-^-'/jV (5) ».
Métopa semble représenté par le petit village (ÏOum-Touba, à gauche de la route qui va de Jérusalem à Bethléem sur les pentes de Sour-Baher; le nom de Luc reparaît dans les ruines du Khirbct Biar-Louka et celui de Photin dans le Khirbct Fo- tiné. On ne saurait exiger davantage.
82. MICHEL, monastère de Saint-Michel Archange, près du Saint-Sépulcre.
Ce couvent a servi de procure à la laure de Saint-Sabas du-
(1) La crypte du Credo au monl des Oliviers dans La Terre Sainte, 1807, p. 105, 209,226, 241 et 257.
(2) Vila s. Euthymii, ii° 11 et s.; Vita .S'. Noia', n" 29:/>er hcilige T/ieodosios, p. 107.
(3) ]'ita S. Sabx, 1. cit
(1) Vita S. Euthymii, 1. cit.
(.o) Der heiligc Theodosios, i). I(i7.
RÉPERTOIRE ALl'lIABÉTIQUE DES MONASTÈRES DE PALESTINE. 37
rant le moyen âge, parfois aussi d'abri passager, quand les bandes arabes pillaient le vieux monastère. On trouvera plus loin au mot Sabas des renseignements sur son histoire; on peut aussi consulter avec fruit les ouvrages de M. Papadopoulos- Kerameus. Ce couvent, signalé par tous les pèlerins depuis le douzième siècle, est certainement antérieur à cette époque. Un (■■vangéliaire de la bibliothèque de Farchevèque Nicéphore de .Cherson appartenait à ce monastère; il remonte au onzième siècle, peut-être même au dixième siècle. Le couvent existe tou- jours.
83. NATOUPHA, désert monastique qui se trouvait près de Thécoa. Saint Cyriaque s'y retira en ."324 dans sa soixante-dix- septième année et y demeura jusqu'en 529 (1).
NÉAS. Saint Grégoire le Grand parle à deux reprises, dans ses lettres, d'un monastère et d'une église de Jérusalem qui s'appelaient Néas. J'ai montré plus haut, au sujet de Sainte- Marie la Neuve, qu'il s'agissait de cette église et du couvent situé tout auprès.
84. NÉBO, laure rencontrée par la gauloise sainte Silvie du- rant son pèlerinage aux Lieux Saints, 385-388; elle se trouvait aux abords des Ayoun-Moussa. « Dicit ergo nobis ipse pres- byter : Si vultis videre aquam, qua^ fluit de petra, id est quam dédit Moysesfiliis Israël sitientibus, potestis videre... Quod cum dixisset, nos satis avidi optati sumus ire : et statim divertentes a via, secuti sumus presbyterum, qui nosducebat. In eo ergo loco ecclesia est pisinna subter montem non Nabau, sed alterum inferiorem; sed nec ipse longe est de Nabau. Monachi autem plurimi commanent ibi vere sancti, et quos hic ascètes vocant...
« Ibi ergo inter ecclesiam et monasteria, in medio fluit de petra aqua ingens pulclira valde et limpida saporis optimi (2). »
Ces moines devaient desservir la petite église du Nébo pro- prement dit, élevée sur l'emplacement de la mort de Moyse au Ras Siaghah moderne.
Pierre l'Ibère, à la fin du cinquième siècle, s'arrêta un instant
(1) VilaS. Cyriaci. A. SS., t. VIII, sept., cap. ir, n°" Set 9.
(2) Gamurrini, .S'. Siluiœ A/juitanœ peregrinalio ad Loca sancta, 2^ ('-dit. dans les Studi e documenti di storia e diritto, Rome, 1888, p. 118 et 119.
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au mont Nébo, en se rendant aux eaux thermales de Calirrhoë, et vit de nombreuses cellules à l'entour de Téglise de Moyse. Son disciple nous raconte, à ce propos, comment les habitants du village de Nébo furent avertis surnaturellenient que le lieu de la mort de Moyse se trouvait dans les environs (1).
85. NÉELKERABA, laure fondée par Julien Kyrtos, ami et disciple de saint Sabas, dans les premières années du sixième siècle (2). Le Bibel-Atlas du chanoine Riess propose do Tiden- tifier avec les ruines de Keraoua, au nord de Karn-Sartabé dans la plaine du Jourdain.
86. NICOPOLIS, monastère établi en 508 par saint Sabas du- rant l'absence prolongée que lui imposa le mauvais vouloir de ses moines. Un de ses disciples, Sévère, en fut le premier liigou- mène; Domnus lui succéda, puis Sabaron qui, du temps de Cyrille de Scythopolis, était parvenu à une profonde vieil- lesse (3).
Nicopolis s'appelle de nos jours Amoas, qui représente peut- être l'Emmaiis de l'Évangile.
87. NOUVELLE LAURE, fondée en .508 sur les ruines du mo- nastère de Romain (voir ce mot) dans une vallée de Thécoa, par soixante moines expulsés de Saint-Sabas. Qu'on me permette de résumer brièvement l'article que j'ai donné dans le Bessa- rione (4) sur cet étabhssement religieux.
P Romain fonde dans une vallée de Thécoa en 454 un monas- tère qui est détruit en 484.
2° De 484 à 508, les cellules ne sont pas relevées.
3° En 508, soixante moines expulsés de Màr-Saba recons- truisent les cellules; après quelques résistances, ils se soumet- tent à saint Sabas et acceptent de lui un de ses disciples nommé Jean pour premier higoumène, 508-515.
4° Paul le Romain est supérieur durant six mois.
5° AgapetXwi succède en 516 et découvre les premiers orig(''- nistes. Il les expulse et meurt en 521.
(1) Pelrus deriberer, p. 82-87.
(2) VilaS.SaOœ, n» 16.
(3) Vila S.Sabœ. n°31.
(4) La Nouvelle Laurc, t. IV. p. 198-2IÛ.
RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DES MONASTÈRES DE PALESTINE. 39
6" Marnas le remplace et réintègre les origénistes ; on ne con- naît pas la date de sa mort.
T En 536, Théodore .4sA/(7cys est higouniène; il est nommé Tannée suivante à la métropole de Césarée de Cappadoce.
8" Théodore lui succède en 537 et monte sur le siège de Scythopolis en 548. Sous son gouvernement se déroulent les démêlés ardents des Sabaïtes et des Néolaurites qui ont rendu notre laure tristement célèbre dans Thistoire.
9° Macaire le remplace avant de s'asseoir dans la chaire patriarcale de Jérusalem en 548 ; il n'est pas reconnu par Jus- tinien, vit dans la retraite, expulse en 563 le patriarche Eusto- chius et meurt en 574.
10" Dès 55 1, Macaire et tous ses confrères en origénisme sont déportés hors des frontières de la province et remplacés par cent vingt orthodoxes, choisis dans les monastères les plus fervents. Jean le Scholaire est higouniène.
ir Jean Moschus cause longuement vers la fin du sixième siècle avec son supérieur Poli/chrone (1).
88. NOVICIAT DE SAIXT-SABAS, construit en 493, au nord de la Grande Laure, où s'exerçaient les aspirants à la vie érémitique (2).
89. PANTÉLÉÉMON, monastère dans le désert du Jourdain réparé par Justinien (3).
90. PASSARION, monastère de saint Passarion à Jérusalem, au quatrième siècle.
Cyrille de Scythopolis nous apprend qu'un saint vieillard, nommé Passarion et jouissant du titre de chorévêque, accom- pagnait Juvénal à la dédicace de la laure d'Euthyme (429). Ce bon moine l'avait depuis longtemps fondée dans la Ville sainte, au fond de la vallée. En attendant que les monastères fussent bâtis, elle alla s'établir avec ses compagnes, dans une petite
(1) Sur cette laure, voir Théophane, annoo59; Evagre, Hist. EccL, lib. IV^, cap. xxxvni ; Migne, Z'. G.,l. LXXXVI, col. 2773; Couret, La Palestine sous les empereurx grecs, p. 196 et s.; etFr. Diecamp, Die origenislischen Streitigkeiten im 6Jahrhun- dert und das ftinfte allgemeine Concil, Munster, 1899.
(i) VitaS. Joannis Silentiarii, A.SS., t. Ill, mai. n°' 6 et 26.
(3) Procope, De .Edificiis, lib. V, cap. ix.
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maison retirée, et elle installa Jérôme et les siens, qui étaient moins nombreux, dans une habitation plus modeste encore. Paule dédia à sainte Catherine d'Alexandrie l'église de son monastère. Les bâtiments achevés furent entourés chacun d'une enceinte de hautes murailles et munis d'une tour. Ces cons- tructions furent couronnées par la fondation d'un hospice pour les pèlerins, qui fut bâti tout à côté de l'église de Bethléem.
Au bout de trois ans, le monastère, l'église et l'hospice, tout fut terminé. A l'exemple des établissements cénobitiques qu'elle avait visités aux bords du Nil, Paule partagea ses filles en trois groupes, et comme en trois monastères, ayant chacun à sa tête une abbesse ou mère. Les vierges étaient ainsi séparées pour le travail et les repas; elles se réunissaient toutes, pour la psalmo- die et la prière, dans leur chapelle de Sainte-Catherine.
Le dimanche, la communauté se rendait à l'église de Beth- léem, chaque groupe ayant en tête sa mère, et revenait dans le même ordre.
A la mort de sainte Paule, 26 janvier 404, sa fille Eusto- chium prit la direction du monastère; elle reçut les vierges et les veuves échappées de Rome après l'attaque d'Alaric. En 416, une troupe soudoy(''e par les partisans des idées pélagiennes en- vahit les monastères de Bethléem; les belles fondations de Paule furent ravagées par la flamme, Eustochium et Jérôme n'échappèrent que grâce à la tour du monastère, qui défia les coups des assaillants. Les monastères furent promptement re- levés; Eustochium y ramena ses saintes filles et Jérôme ses moines. En 419, Eustochium rendit son âme à Dieu; elle diri- geait cinquante religieuses, au rapport dePalladius (1). La jeune Paule, sa nièce, lui ferma les yeux et veilla sur les tombes de sa famille jusqu'au jour, inconnu de l'histoire, où elle-même alla rejoindre au ciel ces gi'andes âmes (2).
92. PENTHOUCLA, monastère situé sur les bords du Jourdain. Le Pré Spirituel nous a conservé l'histoire étrange de Conon, un monastère qui portait son nom et dont il était le supérieur. 11 se retira sur le tard de sa vie dans la laure d'Euthyme et
(1) Historia ad Lauaum, cap. cxxvi.
(2) On peut lire l'histoire détaill(''e de ce monastèi'c dans la belle Vie do Sainte Paule de M'-'' Lagrange.
RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DES MONASTÈRES DE PALESTINE. 41
y mourut sept mois après dans un âge très avancé (1).
Le chroniqueur Théophane raconte que Passarion fut envoyé à Constantinople porter la main droite de saint Etienne à l'em- pereur Théodose. Pulchérie et l'empereur seraient allés ;ï la rencontre du messager et auraient ensuite bâti dans leur palais une église pour recevoir la relique du saint diacre (2). Cette mission de notre moine n'est pas authentique.
L'higoumène de Saint-Passarion était archimandrite de tous les monastères qui relevaient du diocèse de Jérusalem; le su- périeur de Sainte-Mélanie la Jeune l'aidait dans cette fonction. A la mort du fondateur, la charge fut dé\'olue à ses successeurs immédiats Elpide, Élie, Lazare, Géronce et Anastase (3). Ce dernier perdit en 491 par son manque de probité le supériorat de tous les monastères, qui échut en partage à l'abbé Marcien, puis à saint Sabas et à saint Théodose. Ce retrait de faveur compte évidemment dans la décadence rapide de ce couvent, sur lequel l'histoire se tait désormais; il n'eut qu'un siècle de prospérité et de gloire.
h' Histoire de Zacharie le Rhéteur, éditée récemment (4), place la mémoire de saint Passarion au 25 novembre; elle donne aussi d'intéressants détails sur les œuvres charitables de cet homme de Dieu, qui avait construit, en dehors de la porte orientale de Jérusalem, un hospice pour les pauvres gens. La Vie de Pierre l'Ibère (5) confirme ces renseignements et ajoute que Passarion avait fondé à l'intérieur de la ville un monastère grand et splendide où les moines se livraient à la louange perpétuelle du Seigneur.
91. PAULE, monastère de sainte Paule à Bethléem bâti de l'an 386 à l'an 389.
Ce monastère était situé à quelque distance de celui de saint Jérôme, et comme caché sur le versant de la colline. Un de ses religieux est employé à baptiser les pèlerins sous le pa- triarcat de Pierre, 524-548 (6). Un autre passage du même
(1) Vita S. Euthymii, n" 42 et 60.
(2) Migne, P. G., t. CVIII, col. 233.
(3) Vita S. Euthymii, n»74, 76, 86; Vita S. Sabx, n» 16 ot 3(J.
(4) Ahrens et Krûger, Op. cit., p. 263.
(5) Petrus der Ibercr, p. 38.
(6) Cap. III-
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livre (1) nous apprend que Conon devint liigoumène de ce mo- nastère, qui est signale deux autres fois par Jean Moschus (2).
93. PÉTRA. Nul doute qu'il n'y eût plusieurs monastères dans l'antique capitale des Nabatéens, la superbe métropole de la Palestine IIP. Les actes des conciles mentionnent plusieurs fois ses religieux avec ceux d'Augustopolis, une ville secondaire de la même province. Moschus cite un y.civi6iov à Pétra (3), un stylitc et surtout l'évêque de Pétrn, le fils de Damienne, sœur de l'empereur Maurice (4). On trouve aussi d'autres moines de Pétra cités dans les Apophthegmes des Pères (5).
94. PHARAN, laure de Pharan, la première maison religieuse de la Palestine, fondée par saint Chariton à son retour d'Egypte sous le règne de Constantin et l'épiscopat de saint Macaire, vers l'an 330 (G). Un siècle plus tard, elle abrita dans ses grot- tes saint Euthyme et saint Théoctiste qui devinent répandre la vie monastique dans le désert de Juda (7).
Jean Moschus nous a conservé quelques traits édifiants de ses solitaires (8). Cette laure fut sans doute ravagée par les Perses, car son souvenir n'a pas dépassé le septième siècle. Elle est encore parfaitement reconnaissable dans les grottes du Ouady Farah, à deux heures au nord-est de Jérusalem, au delà d'Anathoth.
95. PHASAÉLIS, oratoire situé non loin du couvent de Saint- Théodose ou Deir-Dosi. Le Pré Spirituel mentionne le moine Georges de Saint-Théodose, qui était de service à Phasaélis (9). L'higouinène de ce même couvent y bâtit un oratoire à saint Cyrice(IO).
96. PHILIPPE, monastère de l'abbé Philippe à Jérusalem, au iv" siècle.
(1) Cap. XV.
(2) Cap. .\iii et XIV.
(3) Op. cit., cap. cxiii, col. 2977.
(4) Op. cit., cap. cxxix, col. 299a.
(5) Coteller, t. I, p. 418 et 671.
(6) A.SS., t. VII, sept., n»? et 14.
(7) Xita S. Euthymii, n" lU, 12,41, liO, 151.
(8) Cap. XL à xi.iv, cxxxix, cxi..
(9) Op. cit., cap. xcii, col. 2949.
(10) Vita S. SabcT, Cotelier, t. III, n» 29.
RÉPERTOIRE ALI'IIABÉTKH E DES MONASTÈRES DE PALESTINE. 43
Un abbé Philippe fonde vers 340 à Jérusalem un couvent (1), dont les moines vont bientôt sauver une partie des ossements de saint Jean-Baptiste brûlés à Sébaste durant la, persécution de Julien l'Apostat, et les envoient ensuite en présent à saint Athanase (2). Le moine de Saint-Sabas mentionne un couvent de Saint- Jean-Baptiste à Jérusalem dans son récit de la prise de Jérusalem par les Perses en 614 (3); ne serait-ce pas celui de l'abbé Philippe, qui se serait placé sous le patronage du saint Précurseur? Les Grecs ont découvert en ces dernières années de belles reliques au sud-ouest du Mouristan et prétendent pos- séder encore une partie du crâne de saint Jean; il est vrai que bien d'autres églises leur disputent cet honneur.
PHOTIN, monastère construit par l'abbé Marin aux environs de Métopa (voir ce mot). On l'identifie avec le Khirbei Fotiné près à'Oum-Touba.
97. PIERRE, église de Saint-Pierre, construite en 455. Après sa conversion, Eudocie bâtit un grand nombre de monastères et d'hospices pour les vieillards et les orphelins. Elle construi- sit également une église dédiée à saint Pierre, vis-à-vis la laure de Saint-Euthyme, à la distance de 20 stades environ (4). Près de cette église s'élevait la citerne de VHeptastome (voir ce mot). La laure de Saint-Euthyme est identifiée sûrement avec les rui- nes de Khan el-Ahmar. En allant à 20 stades vers l'ouest, on rencontre El-Mourassas. Une belle église à trois nefs apparaît encore au milieu des débris avec ses trois absides, son atrium et son pavé en mosaïques. Des palestinologues y placent l'église de Saint-Pierre, d'autres préfèrent y reconnaître le couvent de Martyr iiis (voir ce mot).
98. PIERRE, laure de l'abbé Pierre près du Jourdain au V siè- cle. Cyrille de Scythopolis parle d'un ermite, Pierre le Gyrnite,
(1) RuFiN, Hist. E., lib. II, cap. xviii.
(2) Théodoret, h. E., lib. III, cap. m : Migne, P. G., t. LXXXII, col. 109:?. Philos- TORGE, //. E., lib. VII, cap. iv; P. G., t. LXV, col. 542. Chronicox Pascale, anno 362 ; P. G., t. XCII, col. 740. NicÉPH. Cal., H. E., lib. X, cap. xni; /'. G., t. CXLVI, col. 476.
(3) A. Couret, Revue de l'Orient chrétien, t. II. \). 163.
(4) Vita S. Enthymii, m 98.
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compagnon de saint Gérasime et qui fut ramené avec lui par les soins de saint Euthyme de l'hérésie monophysite à la foi catholique (1). Peut-être est-ce ce personnage, qui construisit près du Jourdain une laure connue dans l'histoire sous ce nom- là? Moschus en parle à trois reprises différentes; les religieux habitaient dans des grottes (2).
99. PIERRE L'IBÈRE, monastère de Pierre l'Ibère entre Gaza et Maiouma, qui existait déjà avant l'arrivée du célèbre aventurier géorgien.
A la suite des visites trop fréquentes de l'impératrice Eudo- cie, Pierre l'Ibère et Jean l'Eunuque abandonnèrent leur cou- vent de la Tour de David ou des Ibères à Jérusalem et habi- tèrent le monastère qui se trouvait entre Gaza et la petite ville de Maiouma (3). Zenon, disciple de Silvain, lui annonça un jour qu'il serait prêtre; ce qui arriva- sept jours après. La ville de Maiouma avait alors pour évêque Paul, neveu de Ju vénal, qui avait promis à Pierre de le laisser en paix dans son cou- vent et de ne pas l'ordonner. Pour garder sa promesse, il le fit ordonner de force avec Irénéion, supérieur du couvent, par un des nombreux évêques venus célébrer la fête du martyr Victor. Pierre resta sept ans sans vouloir remplir les fonctions du sacerdoce, jusqu'à ce qu'il fut jugé digne de l'épiscopat, au temps du concile de Chalcédoine. En vain chercha-t-il à prendre la fuite, il fut contraint de s'incliner devant la force et de se rendre à sa ville épiscopale de Maiouma; six mois après, il était exilé et se retirait en Egypte (4) .
La renommée des œuvres merveilleuses et des miracles qu'il accomplissait en Egypte arrivèrent jusqu'en Palestine. Les habitants de cette contrée en conçurent un plus vif regret d'être privés de leur pasteur; il revint et se fixa dans un village appelé Péleia {ÏU'ktix, la colombe), aujourd'hui Hammami, à dix stades d'Ascalon. Là, beaucoup de gens vinrent le visiter et recevoir ses encouragements et ses conseils, entre autres le
(1) Vita S. Euthyniii, n" 78.
(2) Cap. XVI, XVII et xviii.
(o) Petrus der Iberer, p. 40, 45-ul. (4) Op. cit., p. 52-G2.
RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DES MONASTÈRES DE PALESTINE. 45
bienheureux Procope, Cyrille, la brebis du Clirist, Théodore le scholastique qui devint plus tard supérieur de son monas- tère etc. (1).
Après divers voyages, Pierre retourna vers ses frères dans la plaine (2); il allait tantôt dans un lieu, tantôt dans un autre, là où l'appelaient les besoins corporels et spirituels de ses ouailles (3) ; il mourut enfin dans son monastère de Jamnia (voir ce nom) le P'' décembre 488 ou 489, en instituant comme léga- taires : le diacre Jean de Qanopis, village situé à deux milles au sud de Gaza, Zacharie et André, ses syncelles, et le scholas- tique Théodore d'Ascalon, son successeur (4).
Les moines, ses héritiers, se hâtèrent de le transporter à son premier monastère, qui se trouvait entre Gaza et Maiouma. Sortis de Jamnia après le service funèbre, ils arrivèrent le soir à Ascalon, où ils s'arrêtèrent quelques instants dans un monas- tère monophysite. Puis, ils marchèrent pendant toute la nuit et parvinrent avant l'aube au monastère ancien dans lequel le saint habitait pendant sa vie et où il avait construit trois lociili qui se touchaient. Quarante jours après, on réunit les frères de ce couvent et de celui de Jamnia ainsi que le peuple pour célébrer un service solennel en sa mémoire. Ses héritiers, voyant que le monastère était trop étroit pour le grand nombre de religieux qui voulaient l'habiter, résolurent de l'agrandir. Mais les dépenses devaient être considérables et le saint n'avait laissé en tout que 24 deniers, à peine de quoi suffire pendant quelque temps à la nourriture des trente moines du couvent. Confiants dans le secours divin et les prières de Pierre, ils com- mencèrent toutefois à bâtir. Théodore le scholastique prit sur- tout soin de la construction ; en peu de temps il put élever la tour et l'église qui s'y trouve, ainsi que le sanctuaire. Il en- toura le monastère d'un mur. Il construisit un grand nombre de cellules à deux étages, des colonnes, des portiques, des cours; il planta des jardins, creusa des citernes et fit tout ce qui est nécessaire à un couvent. Quand le sanctuaire fut fini, on creusa une crypte sous l'autel et, l'année suivante, on y transporta le
(1) Op. cit., p. 75-7G.
(2) Op. cit., p. 94.
(3) Op. cit., p. 95.
. [A) Op. cit., p. 118-1-25.
46 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
corps du saint, la veille du jour anniversaire de sa fête (1).
Les Plérophories mentionnent à plusieurs reprises le séjour de Pierre dans le couvent situé entre Gaza et Maiouma (2). V histoire ecclésiastique de Zacliarie le Rhéteur confirme de point en point les renseignements fournis par la Vie de Pierre ribère (3). Evagre (4), Théophane (5) et Nicéphore Cal liste (6) sont du même nvis. Les Anecdota syriaca de Land (7) disent que les religieux du monastère de Pierre Tibère près de Gaza furent dispersés par les ordres de l'empereur Marcien.
Nous savons par p]vagre (8) et Théophane (9) que Sévère, le futur patriarche jacobite d'Antioche, mena la vie religieuse dans ce couvent.
100. PINL4NUS, monastère de Pinianus, mari de sainte Mé- lanie la Jeune, qui se retira avec elle à Jérusalem pour y mener la vie monastique. Palladius dit que celui-ci vivait avec 30 com- pagnons (10). Le Pet rus der Iberer le ferait vivre dans le cou- vent d'hommes construit par sa femme sur le mont des Oli- viers (11), tandis que la Vie de sainte Mélanie dit explicite- ment qu'elle ne bâtit ce monastère qu'après la mort de son mari (12). Cette Vie ajoute toutefois que Pinianus, mort vers 135, fut enseveli dans VAposfolio)} ou grotto du Credo, ce qui lais- serait entendre qu'il habitait un couvent du mont des Oliviers.
101. ROMAIN, monastère situé près de Thécoa.
D'après Cyrille de Scythopolis, Romain, moine de Saint- Passarion à Jérusalem, quitta ce monastère avec Marcien (voir ce nom), quand le supérieur Elpide se déclara pour les catho-
(1) Op. cil., 12(J-lol. Voir un n'sumô du Petrus dev Ibcrcr. par M. l'abbo' Clialml : Pierre l'Ibérien, évêque monophyailc de Mayouma à la fin du V" siccio, dans la J'evuederOrienl Latin, 1895, p. l5(i7-398.
(2) Op. cit., cap. M, X, xi.iv etcvi, p. 239, 213, 359 et 367.
(3) Op. cit., p. 2, 12, 13, 11. 15. 23, 66,79, 86, 87,90,260, 262, 269, 270,272.
(I) H. E., lib. II, cap. v (^t vui: lili. III, cap. xxxni. Migno, P. G., t. LXXXVI, col. 2513, 2521, 26(iS.
(5) Migne, P. G., l. CVIIl, col. 357, .367.
(6) Migne, P. G., t. CXLVII, col. 32, 19, 175.
(7) T. II, p. 177.
(8) Lib. III, cap. xxxiii : P. G., t. LXXXVI, col. 2670.
(9) T. CVIII, col. 3.57, 367.
(10) Cap. cxxi.
(II) Op. cit., p. 33 et 34. (12) Op.cit.,\->.m.
REPERTOIRE ALPHABETIQUE DES MONASTERES DE PALESTINE. -1/
liques en 454. Il aurait à ce moment fondé un couvent clans une vallée de Thécoa, la patrie d'Amos (1). Adversaire résolu des deux natures en Jésus-Christ, Romain aurait blâmé en 484 la conversion d'une partie de ses frères et, sur son refus de les imiter, assisté à la destruction de son monastère par son ami Marcien. Il se serait ensuite retiré dans un couvent mo- nophysite d'Eleutliéropolis (2), jusqu'à la fin de ses jours.
II est question plusieurs fois de ce monastère dans les Plc- rophories et dans d'autres documents de provenance mono- physite. Celles-ci racontent que des moines de Maiouma s'y étaient cachés (3) et que tous les habitants de l'Arabie et de la Palestine vinrent consulter Romanus en 451, lors du con- cile de Chalcédoine : « Voici un autre jugement envoyé du ciel contre le concile de Chalcédoine. Celui qui l'entendit, le certifia et l'annonça, fut le bienheureux Romanus, célèbre en tout lieu, qui était chef et directeur du grand monastère situé près du village de Thécué, à quinze milles au sud de Jéru- salem. Il y avait alors dans ce monastère plus de six cents moines qui étaient dirigés par ce saint et vivaient en paix.
<c Quand on apprit dans tout l'Orient la trahison et l'apostasie de Juvénal et de ceux qui étaient rassemblés à Chalcédoine et qui s'appelaient évoques, un deuil subit et une profonde angoisse saisirent les fidèles en tout lieu, et surtout la sainte armée des moines. Ceux-ci quittèrent leurs couvents et cou- rurent près de leur père à tous..., je veux dire de saint Ro- manus. » Sous la conduite de Romain, les moines vont au- devant de Juvénal, essayant de changer sa volonté et de le ramener à leurs idées; puis, lorsqu'ils le voient inébranlable, ils se rendent à Jérusalem et nomment à sa place le moine Théodose pour occuper la chaire de saint Jacques. « Si quel- qu'un ne croit pas ce que nous venons de raconter, ajoute l'auteur des Plérophories, celui-là pourra se procurer la lettre qu'écrivit le Père Romanus à l'impératrice Eudoxie, pendant qu'il habitait Antioche où l'avait exilé l'impie et le tyran Marcien (4). »
(1) ]'ita S. EnUti/mii, n'SO, p. •2'i'■^.
(2) Vila S. Sab/e, t. III, p. 278; Vita S. EuthymlL t. II, p. :!(i7.
(3) Revue de VOrient chrétien, t. III, cap. x, p. 242.
(4) Revue de VOrienl chrétien, t. III, cap. xxv, p. 339 et s.
48 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
L'Histoire ecclésiastique Me Zaeharie confirme la part prise par Romain à l'élection de Théodose (1), elle insinue même, ainsi que les Anecdota syriaca (2) de Land, que Ro- main fut un des candidats proposés avec son ami Marcien. Lors de l'expulsion du faux patriarche Théodose et de la dé- faite du parti eutyehien, Romain fut exilé à Antioche par l'empereur Marcien et rappelé au bout de cinq ans, du vivant même de l'empereur -'; 457 (3). Il revint à son couvent de Théroa, d'où il se retira sur le territoire d'EleuthéropoIis afin de ne plus dépendre de la juridiction de Juvénal (4). Son monastère abandonné fut reconstruit en 508 par les disciples révoltés de saint Sabas sous le vocable de Nouvelle Laure (voir ce mot).
On aura remarqué au sujet de notre personnage les diver- gences qui existent entre la tradition catholique représentée par Cyrille de Scythopolis et la tradition monophysite qui a pour organes les Plérop/tories, les Anecdota syriaca de Land et YHistoire ecclésiastique de Zaeharie le Rhéteur. D'après Cyrille, Romain se serait déclaré pour l'unité de nature en Jésus-Christ, lors de la conversion de son supérieur Elpide en 454; d'après les monophysites, il l'était avant le concile de Chalcédoine. D'après Cyrille, il aurait fondé son couvent de Thécoa en 454; d'après les monophysites, ce couvent existait avant 45L D'après Cyrille, il aurait été expulsé, en 484, par son ami Marcien de la solitude de Thécoa; d'après les mono- physites, il se retira de son plein gré à Eleuthéropolis vers 456 ou 457 afin de ne plus reconnaître la juridiction de Ju- vénal. D'après Cyrille, Romain est le pire des hérétiques, un bandit prêt à tous les mauvais coups; d'après les monophy- sites, Romain est la bonté et l'indulgence même et sa mé- moire est vénérée le 25 novembre.
{A suivre.)
P. S. Vailiié,
des Augustins de l'Assomption.
(1) Op. cil., p. 12 et 79.
(2) T. III, p. 341 et 344.
(3) Die sogen. Kirchengeschichic. p. i5T
(4) Op. cit., p. 2G1.
VIE ET RÉCITS
DE L'ABBÉ DANIEL, DE SCÉTÉ
(VI' SIÈCLE)
Les textes relatifs à l'abbé Daniel, qui vécut dans le désert de Scété pendant presque toute la durée du vi^ siècle et qui semble avoir joui en Orient d'une grande réputation de sainteté, existent en grec, en syriaque, en copte, en éthiopien et en arabe. Il y a quatre ans, MM. L. Goldschmidt et E. Pereira ont publié, à Lisbonne, la version éthiopienne avec une traduction portugaise et une savante annotation (1). Aujourd'hui nous commençons la publication, annoncée plus haut (vol. IV, 1899, p. 455), des versions grecque et copte (2). Nous donnerons ensuite la courte version syriaque (3), qui diffère sur certains points du grec et du copte. Quant à la version arabe, nous re- nonçons à la donner, parce qu'elle n'est qu'une traduction assez fidèle du grec (4). Enfin nous terminerons par l'introduc-
(1) Vida do abba Daniel do mosteiro de Sceté. Versdo ethiopica. Lisboa, Ein- prensa Nacional, 1897, in-S».
(2) Cette version copte était déjà connue, grâce à l'ouvrage de Zoega, Catalogus codicum manu scriptorum qui in museo Borrjiano Velilris adservantur, Roniae, 1810. Mais le savant danois n'en ayant donné que des extraits, et encore peu exacts, M. Ignace Guidi, le distingué professeur de l'Université de Rome, qui a conquis un renom universel dans le monde des orientalistes, a bien voulu, sur noire demande, copier en entier celte version sur les mss. de la Bibliothèque Vaticane et y joindre une traduction italienne.
(3) M. l'abbé Nau a relevé cette version dans le ms. 234 du Fonds syriaque de la Bibliothèque Nationale.
(4) C'est ce que le scribe du ms. 276 du Fonds arabe de la Bibliothèque Nationale nous apprend lui-même, ainsi qu'on le montrera dans llntroduction.
ORIENT CHRÉTIEN. 4
50 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
tion et la comparaison des différentes versions, car il est néces- saire que tous les textes soient publiés d'abord, pour qu'il soit possible d'y renvoyer le lecteur.
Léon Clugnet.
TEXTE GREC
PUBLIÉ PAR
M. LÉON CLUGNET
i.
LE MOINE SURPRIS PAR DES DÉMONS DANS UN SÉPULCRE
(Bibliothèque Nationale : Ms. du fonds Coislin 283, f'^' 163163".)
* Ta xaTz tÔv àêoâv Aavi7]'X(l).
yÙTCTcp ^lîcyojv 7repi£7rxT£i £v ôoC^), -/.xi écTûÉpa; a-jTÔv y.aTa'Xaêouavi; eiGvi);0£v £tç [xv/ifj-£'îov ■/.rjii^j.r,Hryy.i 8ik to (j/ûyoç, /.al 7ïap£pj(^0[/.£vwv ^aijxovcov, "XÉyfii ô si; xpôç tov £T£pov B'Xéttei; tcoTov Gxpcro; iyzi 6 u/jv7.yôç o'jToç OTi £tç TO [xvvîixsTov zoity-à-ai ; rkOTE ^ Giavcoy.sv aù- Tov. Rai àx£/.pi6/i ô aT.'Xo;' Ti Os'aojaev " crixvai aiTOv; oOtoç '' •/i[j.£- T£po; £(7T!,v 7701WV Ta OsV/faaTa -/^aàiv, Tpwytov x.al 7:'-vcov /.al xara- XaAcov /.al Tr,; cjvaçeco; à(7-£Acov [7-àX>,ov àv*6' o-j £Çapywt7,£v ^ £i;
1 Cod. SïO. — ^ Cod. eÉ),w[X£v. — •! Coc/. ToyTo;. — * CofL l^apYoù|xev.
(1) Cette ligne, cela va de soi, forme le titre non pas seulement du paragraphe suivant, mais de tout l'ensemble des textes relatifs à l'aijbé Daniel, qui sont con- tenus dans le manuscrit.
VIE ET RÉCITS DE L'ABBÉ DAM EL. 51
TOUTOV, aYco|/.sv àç ^'ki'libiu.i^ * TO'j; fiXi^o^ny.;' xy.à; , xal àiic Tr,ç
2.
VIE D'ANASTASIE LA PATRICE
A.
(Bibliothèque Nationale : Ms. du fonds Coislin 283, 1"' 163^-165.) * Bio; y.al TToliTSia 'AvaTraciy.; tt;; riaToi/Cia;.
Eûvoùyo; Ti; â'asvsv £Î; v/jv eGwrspav è'pyijjLOV tv;ç 2/C-/ÎT£co;' £''X_£v <îà t6 y.el'Xiov ôj; k-ttÔ [aiTvUov ^ or/.a 6/,tco tv;^ aOrv^; ]S/--/iT£w;. "A— a; •"> oùv ty;ç éé^o[j.af^o^ xapsêaVAsv tco àééà Aavirj'X vu/.TÔ; {/.'/i^svoç voo-j- To; tl [j:/] tI *'£ TO'J [/.aOr.ToO aÙToO xal aovo'j. napr^yyeùev àï u yé- pcov TÔJ y.7.9viT-]o aÛTOù tva yeaîi^r/ x.î'pay.ov {i()aTo; Tco aÙTto sù- vouyw àVa^ T*^; £êooj/.7.^o; /.xl TtOsiv aÙTco /.7.I /.pousiv /.al àvaywpeîv •/.aï, av) ôai'Xsïv* [/.ST'aÙToiï* àT-V èàv supr,; OGTpa/.ov, <p7;cl, ys- 10 yoap.yivov £7rl t'^ç 6'jpa^ toO CTrr.laîo'j , (pspsiv aÙTO. Oûtcoç oùv sîtoiei ô [/.aOrjTriÇ. 'Ev [xia oùv tôjv r,[AcpcL>v eùpiG"/.£i 0(7Tpa/.ov ysypaa^évov ouTwç' ^Wpe rà £pya7.£Îa /.al fîsùpo [/.ovo;, où {/,r,v à)^"Xà /.al 6 àf^£7.<poç. Kal àvayvoù; ô yÉpcov â'/.XauGîv /.'XauO[/,ov ;y-£yav ^ /.al eI-ev \\fia7.a TV] £CcoT£pa Èp/ato! ttoTov ctùIov içaori '7r,a£pov! Kal 7.£yci 15 TÔ [7.aOr,T^ aÙTOù- Bzgt7. TaÙTa Ta cx,£Ù"/i , /.al xytoy.Ev ^Ozgco- [7.£V tÔv y£povTa, ar~OT£ GT£pr.6à)a£v Ta»v £Ùy(jiJv aÙTOù* ttoo; Rùo'/jv yàp Ù77y.y£L.
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^ Cod. wixi).£tv. — ^ Cod. {léya. — "" Cod. cyvE/wasvov,
52 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
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'Of^£uo'vTcov ^£ aÙTciv y.aTJc t/jv d^ov "XEyfii o [xaGr.Tr,; Tcp y£povTf Ol^aç, ivàT£p, oTi yjvr, ry d £Ùvo'jy_o; ly.fiTvo;; Ta êu';^la yàp aù-
1 Cod. àvaxaÔ^ffa;. — - Cod. ytôvata. — ^ fjod. ÈTtt. — ^ Cod. ànoo-j a tioii. — ^ Cod. Yth. — ^ Cod. Trapaxiôeiu.'.. — ' Cod. wpû^avTe;. — s Cod. amloLÎo-j. — ^ Cod. ciêîvou. — 10 Cod. pi^îa. — 11 Corf. slXôcv.
VIE ET RÉCITS DE l'ABBÉ DANIEL. 53
T-^; jiàov'. Ry.l ^.sysi ô yspcov 0£7.£'.;" £;'/;y/;<7oy-ai toi tjc ttîgI y.'jTr,;; 'O r^£ Xe'yci' Rai Oc'V.co. A£y£i ô yÈccov* Autt, — aroixia to'j 7:ala-{o'j Y,v, -/.al ô ^tlacilc'j; 'lo'jTTivt.avô; -rravu viyx-a a'jTr,v /.xl •/)0£7.£v Aa- Çîlv aÙTTiV £Îç TO 7:a"XaTiov f^iz tv;v ttoUtiv c'jV£(7iv aÙT-/^;. AjTr, ^à £[j.-/fvt(j£v '^ 0£O^a)pa -"ô A'jyo'ji7T7, , /.al 'ô 0£O^c6pa £^(6oic£v ^ aÙTr.v 5 £V 'A>.£Çavop£ia. Kal a-j-'/i ■/--f^:!. to x.oivooirjv to t/,£ya eî; 77£i/,7rTov 'A>.£Çav5p£ia^ to £— t'X£yof7.£vov T-nq naToiy.îa;. Kal oTe £/'.ti'7£v ^ to a'jTO xoivo'êiov, ri/.o'ji7£V ô (îa(7i');£'j; 'loucrTivtavoç Tveoi a-jT-^ç, x-al r'o- 165 ^aTO Tiy-av aÙTTiV r^ià T'/jv TZ^AXrtV c'jv£'jiv aÙT-^ç. AiÎtvî f^à * ïo'jyzv
v'jxToç à-ô A^E^av^pcia; /,al y.aQev ivTaOOa à'yyiiTTx jxo'j, -/.y.l 7Tao£- 10 y,y.\zc(v [X£ ooOvat, a-jT/i to y.zWio'^, y,y.\ y.v£fi£To u.01 TTzvTa Ta OTa •/i/,o'j'7aç. "Ho-/) oùv si/toçt /cal o/trco âV/i crI{/,epov â'yet, £v Tvi w-/./,T7i, xal otjoslç eyvo) Ta 7r£pl aÙTviç ei [y//i £yw, cj /.al à'T.'Xo; si; r£otov aova- ydç. "Ots yàp à-yjp-/o[j,riV £iç tottov 7:ap-/fyy£X7.ov aÙTco l'va y£[JtrCri ^ /.£pa(/.iov ûf^aTo; /.al TiHr, aÙTto /.al àvaywpvi^. Oùà£l; èi â'aaOîv tc; 15 £aTiv d p,-/) crû y-o'vo;. rio'TOu; |J,ayiGTpiavoO; à7:£'aT£0.£v 0 (ia'7'A£'jç àva:^r-côv a'jTv;v, où ao'vov à à 0 ^y.nO.zhç àlT^à /.al 0 àcvic— Ig/.ott 0; /.al -a^a <jy£oov 'ô A>.£Çavop£ia! /.al o'j(Σi; s-ttiv 0 vo!.0(ov i'w; t-^;
T'/faSpOV r,[7-£pa; £V 7Ï0U0 To'tTW ÈCTiV. "làc O'JV 01 £V [ia'7!,).£lOlÇ TToi;
àycovi^oVTat /.al 'îuv-pîêouai tjc Ttov-aTa a'jTàJv /.aTa tovj ^laêoAoj, 20 7Îp!,£Î'ç oè £v TÔi xoGixco [;.r,o£ à'pTO'j £'j—opo'jVT£; yopTaaO-rivai /.ai £i; TO tj.ovaytxôv* £}^8ovT£; c7:aTa7.(ô[7,£v /.al [xiav àG£T7;v /.—/.'racOa'. où O'jva'|;.£0a" £Ù^w[X£Oa® oùv /.al yi7.£Î^; ottco; Rùpio; à^twG-/] '" r(7,a; toù auTO'j opo|AOu, /.at, a£Ta tcov ayiojv •TvaTcpcov -/^awv £'jo£'.v £ÀcOc £v £/,£ivvi T'/i r,j;.£pa, xai ;j.£Ta to'j aooz Ava(7Tact,o'j tou v^-^^'rfryj^ Ava- 25 (jTacia yàp £\£y£T0, t\yfyXc, /.al TTpEaCsiaiç t^;; A£rr770''vr,; r.awv 0£O- To/.o'j /.al TTzvTtdv Twv àylcov OT'. aÙTw 7:o£77£t <^o'^a, T1.U.-/1 xal TTporj/.ùvviGiç, TCO riaTpl /.al Yuo /.al tcô 'Ayuo nv£ÙaaTi, vùv /.al y.£'. /.ai £i; Toùr aiàivar twv aùovcov. Aar.v.
1 Cod. ÏSov. — - Cod. 6£>.yi:. — •'• Cocf. Èfiiîvyasv. — '* CocZ. è56pr,'jîv. — ■■ Cod. £-/.Trjff£v. — ''• Cod. refis^Et. — ' Cod. àvaxcopeî. — '^ Corf. [j;ova-/rjxo'v. — •' Corf. £Ù^o'[X£9a. — 10 Cod. à?i(iae'..
10
54 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
B.
(Bibliothèque Nationale : Ms. du fonds grec 914, fo' 188-189^.)
*Toû aÙTO'j àêêà Aocvivi'X Trepl TYiç' Harpixta; * f. 188
Tviç (i.ETovop'.acrOet'jrj;" eùvouyo'j.
EùvoOyoç Ttç â'jxsvsv ei; Tr,v ê'p-/;[XOv t-/iv èv^oTspav T-i^ç Iiy.vi'Tcw;" elysv ^£ To '/.îXkio^ aÛTOù à.TTO r^r/.a xal 6/.tw [7-'Aicov tyi; Sk-zitscoç. "AtzolE. O'jv Tvi; éê^o[J.3c<^oç TcapsêaT^^sv tû àêêa Aavir,! v'j/,Tàç [7//]- r^'svôç yivwa/.ovTo; £'! y.r, toO [xaOriTO'j aÙToCi "/.al [j-ovou. llapr/yyei'Xsv ^£ TCO [7-a6"/iT7i a'jToO 6 ysptov ïva y£[J-i(^-/i ^ xspay.iov ^ ur^aTo; tw aÙTw eùvouyw aTïa^ T'^ç éé^oaàoo;, y.al (XTroçspwv x,al tiOcov '^ to xspxfxiov TTpo; TYjv G'jpy.v â'^co x.pou£ I/.OVOV , -/.xl àTToywpsi, [XTioèv 6[y.t.*'X-/]'Gr,;®, àlAà y.ovov l-rzinvÂizzrjxi , y.al £i~ot£ sup'/iç ^ OTTpax.ov * f. I8f 'éyyinTX to-j (77uvily.iou yeypa[i,{;,£vov, cpÉpe aÙTo [X£T5c cou. 'Ev [7.ta oùv Tcov vîpLEocov £upi(jX£t 6 y-xOviTriç auToO ocTpaxov £';riy£ypa[J!,p!,£vov <t>£p£ Ta Èpya'XEia * -/.al ^Eupo. Kal àvayvoù; o yÉpcov to'j 6cTpy./.oK Tviv £— iypa(pr,v £/.7^auc£v vAauOaov [xéya.v^, x.ai }v£'y£i, Trpoç tov p.a-
^^ 6v5Tr[v' Oi,'[J!.0l T'^ l(7C0T£pa*" £p7]'[J!,w! TCOIOÇ CTToXoç Ic^CC^dYt <7V]'[Xep0V !
Rai l£'y£i Tw [xaG-/iT-^ aÛToCî* BxGTacov TaDTa Ta crx.£U'/i x.al <'^£'jpo à.y,oko'jHzi U.QI' oùal àyo)[X£v G'jvToaw; otûco; (pOaTtoaev tov yÉpovTa, [7//f-
7C0T£ <7TSp7l9wU'.£V TOJV Vjydv ailTOU' TCpOÇ TOV K'JpiOV yàp 60£U£l.
Rat XaktiGyyTz;, oî àaipoTEpot àTîïilGov , 'ycal £'jpt(7/'-0'JGtv aÙTÔv ' ' ttu- 20 p6Ttp <7'jv£y o[j.£vov , xal a— T£t ÉauTOv 6 ys'pwv £iç tÔ cttiÔo? aÙToD xal £x>.auc£v 7:o)^}^à y.al £t7:£V JMa/.xpioç £t OTt T'/;v wpav Ta'JTv;v çpovTÎ(^wv y,aT£©povvi(7aç ^acriXeiaç £7:iy£to'j -/,al ttxvtojv àvÔptoTrtov. Rat >.£y£t, aÙTÔJ 6 £ijvoOyo^' May.zpioç il g'j, v££ 'Aé'paàj/. x.al ^£Vo- ^dye XpiCToij, oTi ttogouç /.apucùç SéyezoLi 6 0£Ô; oià twv j^eipôJv 25 cou TouToiV, Rai Xéytt. aÙTw ô yéobiV lloivicov •/î[/.Tv £Ùyyiv, 7raT£p. A£y£i aÙTco 6 eùvou^ç^oç' 'Eyto fj.aA'Xov y^ziccv â'j^oi xoXT^cov £Ùy(ov Iv TauT'/î TYJ wpa. A£yet aÙToi ô ys'ptov Eî Trpofi'Xâjxêavov iyco eîç tv;v (opav TauTYiv elyov 'Ka^x'/.yXénv.i. Rai àvaxaGica? sttI tou ^|;ta6iou ô
1 Co(Z. ty;. — - Cod. (X£Tovo[ia(T6r,'jr,;. — ^ Cod. ysfiriÇei. — ■^ CotZ. xspàjxstov. — ^ CocZ. TÎÔov. — ^ Cod. oîiiXîtrr,;. — ^ Cod. sûpt;. — * Cod. èçyalin. — ^ Corf. {lÉya. — 10 Cod. èffOTÉpa. — ^^ Cod. aÙTw.
VIE ET RÉCITS DE l'ABBÉ DANIEL. 55
eùvoOyoç, 77sp!.>.a(J!,êav£i t'/jv y,îooû:ry to'j yepovTo; xal x.xTsoilst léycùv 'O 0io; o rjf^/;«'-/]Gaç as £v tco tottw toOtw aùrô; — Xr.ûcôcst [xsTa ToO y'/;pO'j; coj t'o; [xstz 'A^paza. Kal Xaowv ô y^pwv tov [j.a()r,Tr,v a'JToO spoi'icv a-jTÔv £i; rà -^^'ovoLza. to5 zùWx/vj 'kéyoiv' EO- ^.oyr.cov to T£/.vov ao-j, Trarip. Rai •/.aTacpi'X'/iTa; aCiTov 7;£y£i' 'O 5 0£O^ 6 TrapE^TTi/CO)? ' [J-O!. TV] wpz* TxuT'/; Tou yojpr,'7ai £/, too c/.vi- vtoaaTo? aou , 6 £'!<^à>ç xoca [iv{[i,aTa eêx*X£v £iç to •/,£'X'Xiov tojto 6 â^î'ï.oo; ojto;, r^tz to ovotta gou to ayiov aÙTo; àvx— aucov to ttve'jI- v.a Tcov TraTcpcov aÙToO £77' aÙTov, w; àvcTraû^aTO to iTV£'jaa H7.iO'j £— " 'E'X'.fTCîaiè , -/.al y."Xr,0-/;'G£T7.i to ovoay. tcov 77aT£ptov aÙTOj £-' jq a'jTw. Kal }.£'y£t, Tà> yipovTt. ô e'jvo'jvo;* Aià tov Kûpiov p//i ocTTodu- c£T£ [/.£ à (popcu, àX}.* w; etitl o'jtco; y-£ ■Â:£[/,J;aT£ 7:poç K'jpiov, -/.al [jLr, {/.aO'/i à7^*Xo; Tiç toc rspi iv-oO £Ï [7//1 uu.£t'^ [/.o'voi. Kal Xéyîi tw y£'povTi' Aoç [xot, /.oivcov^Tai. Kal x.otvwv/fGa;^ Xi^^'Zi' AùiTs [xoi tyiv èv XotTTw y.yxTrry y-y.i c'jiiXGbz ÛTzkz laoO. Kal àvaoX£TC£!. eî; Ta; 15 àvaTolàç /.al et; Ta ^£^i.à /.al ')v£y£i" Kalto; vilÔaTc ayojy.ev , /.al
£y£V£TO TÔ 7rp0<7WTC0V aUTOD WÇ TUjp, /.al — Ol£r £Ï; TO ■TTpOGWTCOV aû-
TO'j GTauûQV lÉrwv Etr ysToac goj, ô 0£o;, '7Taoa8-/;'jOaa!, to t^vs'j- [xâ [AO'J* /.al o'JTw; ■:7ap£oa)/.£v Ty;v tl'jyviv ajTO'j Tto Kjpito.
Kal xXaucavT£; ol ày.cpo'TSpoi wpu^av £y.-po(76£v toO CTT/îlato'j , 20 xal à— or)i)(7y'a£voç 0 y£p(ov à £Oop£i ">.sy£i tÔÎ [xaOyiTvi aÛTO'j* Ev^u- cov £77avw wv cpooET. 'Eoo'p£i^ ^s oxn'/J.Siv Giê'jvov ^ eGiùHiv /.al /.£VT0V7iv. 'Evà'jwv r^à auTov 0 àrî'eAoô; —orjnéyn /.al [i'X£— £t oti 01 [7.a(76ol ajTO'j yuvai/.oç eÎgIv /.al w; s—l (p'jX'Xcov ô'jo ^vjpwv /.al où/. slâXTASv. Kal Oz'iavT£; ajTov /.al 770'//]'7avT£; E'jyr.v T^éyEi 0 yÉpcov 25 Tw v,aÔr;Tvi a'jToij* KaTaTv'JGCoaEv T"/]v v/^TTsTav '7"/i'/.£oov , /.al 7zof/î- GCt)!X£v y.yxTzry iT:y.vto toG» r£0OVTOç. Kal /.oivcov/fcavTer eOoov" â'yovTa a'JTÔv 6)v'-yo'jç 7:a^a;xâ^a; /.al ^p£/.Tz" /.al -o'z/i'javTE; àyaTC-ziv l—zvco aÙToij /.al pacTa'7avT£ç Tr,v Gôipàv -/iv i/.aavcv àTryjlOov iuyaoï-
(7TOÙVT3Ç TOV 0£Ôv £V TÇ) /.eHuO Sa'JTÔJV. 3O
'Ori£uovToiV ()è aÙTwv * /.aTa Tr,v o6ôv ^.iyîi 6 (/,a6r,T-/i^ Toi y£- povTf Oi^a;, T7aT£p, otî. 6 £'jvù'j/o; i/.EÎvo? yuv/j -/iv; £v(^'jwv ^- yàp aÙTov to'j; [/.acOoù; aÙTO'j £lr)ov, /.al yuvai/.ôç ri^av wç (^'jXkx
^ Cod. irapEff'cyixoi;. — ^ c'od. èjrt. — ^ Corf. xoivwvîffaç. — * Corf. èsôpt. — ^ CocZ. cC6tvov. — 6 Cod. Tjupov. — ' Co(/. IvS-Jov.
56 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
j/.E[Xîcpa[/.a£va ' . ÂÉyst aùrto ô yspcov Ol6x. £)Cvov , oloa oxi y'J'^'/'i
Aût'/i xpcoT'/i xarpix-ta '/iv toO xaT^axiou toI» '.o'iÂttoç 'louGTivia-
voiji' "/.al ô ^ff.nikii)^ viBsXriGEv 'Xaêsîv aÙT'/iv tû TcaT^aTuo ^là
5 Tviv TZoXkriV c'jv£civ aÙTViç. MavOxvEt oùv •/) 0£O')(' y,7.l àYavax.T£Î*
xaT' aÙTTii; y.cd £êo'jX£TO s^opicai ^ aùxTiV. rvwijTo (5; aùr?i yiyovEv
7î£0l TO'JTOU" Xal [XiaÔO'JTai XXOÎOV /,7,l VU/.TOÇ £|y,ôaXÀOJJ,£V/l ' Tivà
Tôjv a'JTviç Tcpayp.xTwv )tal çuy^ ypricayiv/i /.aTalaij.êxvei t/,v 'A>.£- ^avi^ostav, x,ai xaToty.£i eiç to 77£[/,t:tcjv 'AT^s^avc^'pEtaç. '' 'Ev oi;
10 xa.i cruv£(jTV)'i7aT0® £X.£Î^ p.ovaGT'/^'piov x.al T^Éyerat. aw; t'^ç arljxcpov T-^ç DaToixiaç. Rai |j,£T5c tÔ à.TToOavEiv T7)V 0£O^(i)pav xx'Xiv [7,avOzv£i OTt Po'A£'J£Tai ô [iaci'XEÙç i/.£TacT£ÎlaG6ai a'jT'/jv, /,y.l -rra'Xi.v o£uy£i VU-/.TO; àxô 'A'X£^av^p£iac, x.aî -/iT^Osv dvTauÔa [j.o'v/i -/.al Tza.^iyJXiGiv [xe ^oOvy.i aÙT-^ x.eT^'Xiov £:;(o tyiç Sx.t,t£coç , xal àv£0£TO [j.oi xavTa
15 xarà 'Xetttov tz toû — pxy[i.y.Toç. Kal £ow/.a aÙTvî to a-viTvat.ov toOto, xal p.cTri[X<pt,aaaTO £i; àvopi/,ov «ryviaa. 'looo oùv c;'/ifjt,£pov
£lV.0(7l 6x.T(j> £77) £/£v' £V Tïi Sx,viT'/l' "/.y.!. O'JOEIÇ â'yVO) aÙT'/JV £1 |7//1
gÙ "/.al àXTvo; si.; à^£"X'^ôç /.al iyw ô yapojv on £Gtiv £VTau9a. Fld- couç oùv [;-!xyi(7Tpta.voOç è'xejy-d'EV ô Sy.Gi.'Xeù; 'Io'jctiviocvÔç àvai^viTtov
20 aÙT'/iv, où {/.ovov ^è aùroç, àXkx /.al 6 Traxaç A)^eEavop£''a; ! -/.al où^£l; £[jt,aG£V * £v t:ouo totto) â'<7Tiv £co; T71Ç CT,v.£pov •riiJ.i^cn.ç . "h)e''' oùv TCOGOi paaiT^ixài; àvarpaçÉvTEç àyoivrCo">'~5ci xaTa toù fîtaêo'Xou x.ai GUVTpiêou(7t to GÛaa aùrcov. Eù^w[/.£Oa oùv ottw; o Kupio; y,u.\ 'hJ'ôiç à^uocT)'*' Tou aÙTO'j opo'|xou ruyth /.al [;.£Tà toS àêêà 'Ava-
25 GTacîou ToD eÙvou^ou CTaO'?ivai, 'AvaGra^ia yzp IleysTo, eù'/ouç /.al 'KoiG^eiciii^ Tviç A£G7rotvvi; vîjjlwv v^; 0£qto/O'j /al à£t.7rap9£vo'j Ma- pia; /ai TïavTcov twv àyiwv /al toù àSêà Aavi'/iX ItcI tou oobepou [ivijxaTo? ToO Rupîou •J^[J.ûv. 'Incou XpicToO* oTi aÙTôi TrpÉ-Ei ^o'^a £t? Toù.; aiwvaç Tciv alwvtov. 'A[r/|V.
1 Cof/. (AE[jiapa(i.£va. — - Cod. àyavcxxTrj. — -^ Cod. £|opir,aat. — * Corf. £[jL?a),>.w- [X£VY). — ^ Un mot a été effacé avant èv. — '■ Cod. (TUVôixtuaTo. — '' Cod. zyri. — 8 Cod. add. tw. — '■* Cod. eiôv). — 'o Coc/. à^twast.
VIE ET RÉCITS DE LABBÉ DANIEL. 57
c.
(Texte du Synaxaire, donné dans les Menées, à la date du 10 mars.) Tr, aÙT-T; 'Âi^-épa, [Avr.tj,-/) zr,; Qoia.z, MviTfôç
'Ev T7.Î; -1]^ -a',; ïo'jTTivi.avo'j toO ^a'jiXÉco;, yi^oyé ti; yjv/j £v TÔl Bu'!^7.VTuo jvov.a 'AvKGTa'jia, cù>.aêou[;.sv/i tÔv Gsov, il, e'jvsvcov y.al 777vOU(, • yo^jioiv. A'j"/], tt 'Tpi/.ia oùca tou ^janikiiàç 5 ^Towr/;, tÔv tou 0£o^ vj'êov sv éa'JTvi • o'jcy., s-occuto -/.y.rà rà; ÈvTolà; aÙTO'j. El/_£ f^è (puGi/.viv e-joTaC lav x.al 7:oVAr,v -paoT'/iTa, wTTS Tzyy-y.; iTZizii^TZZG^xi ei; Ta; à. cTa; aÙTr,; , c/.aIz ;7//iv /.al a'jTov TÔv paailÉa. Kal èTTSi^v; àsl ô twv '^iÇcc^LoiV TTropsù;- /.alôv sïcoOs fflOovsîv /.al ^laêxXls'.v, /,al (;//î cr^yoioi.i'j à.'^tx-y.ijic^J.i ^ èoOo- 10 v/i'Bti /,al auTvi -rrapà t^; [3a'70.î'7cr,;' Rai yvoCIca tov çBo'vov 7:ajà Tivoç, r, ovTco; ttjtc'j/.vcoi/.ev/; /.aTz Beôv, laysi ttoo; éauTvfv 'Ava- "TTaGia, £Ù/.atpou ûttoOecsco; yavou-evr,;, 'ToVî^ouca gco^ov ttjV csa-jT-?,; 'iu7Y|V, /.al Tr,v ^cna'CkioactM à.TzyX^y.'^tiq toO aAo'you oÔovou, /.al Tsa'jT'Â Trpo^svviGsiç T-/;v oùpaviov paaO.S'.av. Kal w; TaOTa ttoo; eau- 15 T'/iv iêo'jT.S'jTaTo, t/.icÔw'jaj/.évvi ttIoTov, /,al n'jvy.^T.av. £/. to'j ttaou- Tou aiJTTi; aeco; Ti, tz 7.oi~à —y^-y. /.aTaliroGca, T'/iv 'Ale^av- (^asiav /.aTÉlaês' /.al /.Ticaca sv tco Il^fj'.— tw (tottw o'jtco /.a>,ou[/.£vc;)J u-ovaTTripiov, s^uoaivs Ôelou; aiTO'j;, i/.sTca /.aOs'Coy.svr,, /.al tw 0c(o àoétjai c-O'j^a'CouGy.' èv oj /.al asy^t tx; c'/aepov Gto^STat •/) ^0 TauTv;; [xov/], to TIxt p'./.iy.ç ovou.a TTspirpspo'jGa.
MeTà ^à ypovov Ttvà, TïapsT^Ôo'Javi; Tf,ç paciXÎT'jV); tov T-^^e Pîov, àvat/.vvi(jO£l; 0 ^acil£Ù; tvî; TraTpi/.iaç, £Ç£7ï£[/.'i/£ T^avTayou [/.£Tà — oT^V?,; TYÏ; ÈTïiTacEcoç àva{^viTÔv aÙTVi'v. ToOto TuaT^iv yvo-jca 71 à[/.- và; Toij 0£oO, vu/.tÔç Èaca^a to éauT'?;; [J,0'7aGT-/fûiov, àvT,/.0£v iv tt) 25 i7/.é—/i xpo; TOV àéêav Aavf/;')/ /.al —ooax^jy.HziGy. tw j/.a/.apiwTaTOi yÉpovTi Ta /.aT' ySjTry. £V£^'ji7£V aÙTVjV àv^ptoav GTolr^v, /.al £/,r.);£- c£v aijTrjV 'AvacTaGiov sù'joïiyov /.al JiTayavcov œWry Iv G~-f{ky.U'iy [A'/lxcOev ovTi T-^; laupa; aÙTOÛ, /.aGEÎpEEv aÙTViv, f^où; aÙT^ /.al
58 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
è'pj^S'jÔat, TCpoç aÙT"/iv to irapàTrav t'j— (o^aç â'va twv à(Σ'Xcpôv aùrvî
GTCVilaiO'j, /.ai. >.a^.éav£!.v £i»y/iv x,al ÙTrxvaj^wpeiv.
5 'Ez-eics oOv vî à5a[/.:cvTi.voç aurv; xal àv^peia 4'^)(_rj , àTïpdÏTog
£/.Ts}^écaGa ypo'vo'j; o/,Tà) Trpô; toTç £t>cociv, £<|)ii'XaTT£T£ tov y.avova Tou y£povTOç (ZTcapîCTpeTCTOV. rioioç oùv vo'jç VI yXcjcca, twv £tî'.o- GLO/.TW ^pdvœv ràç /,aTà 0£Ôv àp£Tàç aÙT'/iç £vvovi'c£i, v) ^f/iy/irrac- 6ai, VI ypacp'^ Trapaoouvy.i. ouv/iG£Tai, à; aÙT/i [j-ovr, y.aO' ÉTJTry tco
10 0£cj) x,aG' £/,a(7Tr,v TupoTviyE; to ^z/.p'jov , xoùç TXEvayf^-oùç, toÙ; 6ouûj/,oyç, T'/iv ccypu— viav, T'/iv £Ùjç_*/iv, t-/iv àvayvaxjiv , Tr,v crraGiv, Tv;v yovuxAiGiav , t/jV v/iGT£iav; xpo TcavTtov ô£ /.yl [/.£Tà tvzvtcov, Ta; Toiv fWi[/,dva)v CL)(/,7uXox,àç x,al iTravaTTZTEiç, Ta; t'Àç G-apx.o; •/loovàç, x,al TTOVvipz; £v6'ja-/icr£iç y.al Ta toutcov àvTipôoTca; To ^è
15 £ivai aÙT'/iv 7:avT7.77aat,v àTipoÏTOv , TTXGaç Ta; 'riijAooLç togo'jtwv £viauTàJv, y'jvat/ca cuyx.'XviTix.viv, y.al £i; xx ^y-aiXeia à.el iy~. Guvyi- Ocia; [;!.£Tà t:'Xvi'6o'j; àv^pwv T£ y,ai yuvaixwv àva'7Tp£(pojj-£'vviv , sx.- Tç'k'/i'V'Vti Tvâvxa vouv x,al oiavoiav. 'Ev tootoi; tcxti -/.aloi; àycovt- <7a(/.£'vvi, fiY^vt (7X.£'jo; toO Aytou nv£Ù[7,aTo;.
20 IlpoyvoijGa oà Tr,v eauTv;; "irpôç R-jpiov y-ETaÔEciv, â'ypa'ifv
o(7Tpa/.ov Tupô; tov yepovxa, Twéyouca' IlaTcp ti[/.i£, 'Xâêfi [j.sTa goO £v GTwOuovi TOV û^o)p x-Ofj.rCovTâ [j.oi [j.aÔyiTr(V, y.ai Ta éTTiTViOsia i^yy.- 'ktia. Trpd; Tao"/iv, y.al ilOà ïva y.-/]0£ucri; ÂvaTTa^iov tov £'jvou)rov. TaCÎTa (b; £ypa^];£V, ivaxeOeTO k'^co ty;; Ôupa; to'j GTrvjTvaiou. 'O fîè
25 yÉpcov ^tà vi»y.T£ptvvi; 6— xacia; p,urj()£l; TaijTa, <p-/icl xpo; tciv f;,aOvi- ty{v w-£ù<jOv, à.^ek(^k, Tïpd? to ct— r,>.aiov, £v w Ictiv o à5£Xoô;, AvacTacioç 6 £ijvoOyoç, y.al -TTpoGywv £;o) t?,ç Oupa; toO a—O.y.iou, £Ùpvi'G£iç oGTpay.ov ycypay.[7.£vov toùto \yfjK>iv, CTrou^vi tto'X^/^ utto- GTp£<];ov xpo; */i|jà;. To'jtou ^à à7:£'X6o'vTo;, y.al àv8V£yy.dvTo; aÙTO,
30 yyxyvohq 6 y£ptov £^ay.puG£- xal laSwv £V GTUOUf^?; tov àr^^s'Xfflov, y.al Ta Trpô; Ta^p'/iv £-iTri^£t,a , £TCop£uÔvi .
Rai àvO'4aVT£; TO G-TiXaiOV, E'jpOV tov £'JVO'jyOV 771Jp£TW G'JV£yd-
[jt,£vov' /.al ■:ïp0GT7£GCt)v £-1 TO GTr,6o; aÙTO'j 0 yipwv £)c);auG£ >>£ywv
May.apto; £l, ào£'X(p£ 'A.vaGTaGt£, oti t-^; (îipa; xauT'/iç à£l (ppov-
35 Ti(^cov, y.aT£<ppdvv,Ga; [iaGi7^£ia; £77t,y£iou. Eù'^ai oùv 67:£p 7Î[/.wv irpoç
TOV Rûoiov. II 0£* 'Eyw iJÂXkov, nâT£p, ©VjGi, yoiixv ïyoi ttoI-
VIE ET RÉCITS DE l'aBBÉ DANIEL. 59
7.C0V eùycov £v tt; woa Ta-jr/;. Kal "kiytt. ô yspwv Et TrsosXaéov £yw , styov av Trapax.a'XÉcai xov 0=dv. Kal àvaxaOïcaca sttI toG (|/iaOiou, T'/iv /,£oa'XY,v too yspovxo^ xxTScpi'XviGS — po^euçapiv/i . Rat T^aêcov d yspcov tov [/.aOriTTiv aÛToO, £ppt.<|;e Trapz Toùç Tro'àa.; au- 5 Tvî;, T^s'ywv. Eùloy/icov tov {/,aO'/iT-/iv [XO'j, to t£X.vov co'j. 'II ^à sIttcV 'O 0£Ô; twv 7:aT£pû)v [jloj, ô TrapcGr/i/.toç [xoi £v tv; wpa
TaUTYl TOU yiùOiaOLl y.Z £/. TOI» (7(0[/,aT0? TOUTO'J, 0 clOCôq Ta £V TW
TTTTi'Xauo TO'jTco 0 taê-/it7-aTâ; [aou, 610: to ovo[;-â co'j, xal Tr,v iu/riv à(70£V£i,av /.al TaAaixcopiav, àva'Tra'jTOv to -veOp-a tôjv xaTc'pwv £7r' k, aÙToO, (ô; àv£77a'J(7aTO to TTve-jaa 'IIliou £-1 tov ^EliaaMé. Kal sTCicTpaçEi; 6 £'jvooyo; ttoo; tov yspovTa l£y£r Atz tov K-Jpiov, 77XT£o, [;//■, à-o^i)(7r,T£ z 7r£ptê£êAr,[7.ai, -/.al [ji.r,^£l; yvco Ta 7w£pl £[i.Qu- xal f/.£Tala€o'j'7a twv Osiœv M'j(7TT,puov , >>£ycr Ao't£ yoi t/jV £v XowTÔ) cçoayi^a, -/.al z'j^a<jHî 0— £p £[/,ou. Kal yyy.o'ki'Jfiacy. -/.y.rk 15 àvaTolàç, dXa[;-'i£ , wGTTsp —upGov àc^aac'vr, iv tco TTT/i^.auo ttoo TTcoGWTTO'j aÙTviç* /.al -rroir^cacra to crj|X£'rov toj Tipiioi» CTaopoG, eItte* Kûpt£, £t; yEipâ; cou 7Tapa6vi<jO[/.aL to ttveuv.z [/.o'j* x.al toùto £'!- •j^ouTa, xap£^io/-£ to TuvEuixa.
'Op'Jyy.aTo; ^è y£VO[/,£vou â'aTCpoTÔsv toO G-r, Aaîou , Z7:o(^ucy.{/.£voç 6 yÉpcùv 0 £(pdp£', ûxaTiov, leyEi. tÔ> aaOviTv;' "EvS^ugov tov xBzkoô-j,
T£/.VOV , aVwG£V tov X£plé^c'oXviTau 'EvOUOVTOÇ 0£ TOÙ àoc'XoO'J T'/jV
p,a)capi!av, £(pav/j'7xv [/.àv tootco ol TauTViç {/.acOol, co; (p'j>.'Xa /.aT£- ^vipay.sva, o'j^èv oï Tuspl to'jtou tco y£povT'. iGOLd^r.ot.
Met^ o£ tÔ £77apTic6v;vai Triv /,vic)£Îav, /.aT£pyo[7.£vcov a-jTcov, 2.-, Xs'yEi ô [Aa6viT-/iç" "Eyvcoç, 7:/.T£p, oti 6 £Ùvouyo? yuv/; r,v ; 'O r^è yÉpcov à— £/.ptvaT0* Olr)a /.àyco, T£/,vov, àX7.à ^tà to prj éç/iy/iOï)- vai 7:avTayoij, touto'j /_âpi.v àv^pcôav (7To7.r,v ivEr^ijcapL^v aÙTr,v, x.al 'AvacTzaiov Eovo'jyov (dvd|/,a<7a aÙTv,v, ()t,à to àvjiro-Tov T.rjWr\ yàp (^rjTvi'jiç £y£V£TO •rrapà tou PaTilsw; 7:£pl Ta-jT-/;; /.aTa -S.Gy.^t /topav, 30 xal [/.àliCTa £V toi; [;.£p£'ji toutoiç* àAT. woù 'j-a^iii 0£oO iouXy.'/^-t] Twap' vî[xwV /.al TdT£ oiTiy/faaTO 0 y£pwv tw f/,a6viT'^ >.£77T0[j-£p(oç TOV pi'ov a'jTrç.
GO REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
10
MARC LE FOU
(Bibliothèque Nationale : Ms. du fonds Coislin 283, f'^= 165-166''.)
*OùTo; ô [/.a/.apioç Aavi/î'X ô Ty.'/jTitoTr,; ecysv p.aO'/ixriV x.al rj'jvto- * f. i( •/.-/iGsv Tw ToiouTw [AaÔviT-^ y.^fkooç 6vo[j-aTi I^spyioç oTviyov y^povov, ■/.al £/'.oi[j.7iB-/i £v XptGTÛ. McTa ^à TViv TS>.euTriV ToO à^^e'Xcpoij Sep- * f. le yio'j coco/.av o yh'o'y.q zXavi-/iÀ Tto [7,cct)r,T-/; a'jTOu TrappriCiav xavu yap viyxTûa aÙTov. 'Ev jxia oùv Ttov vôj/.spôiv Aaf7.êavei ô yspwv tov fxa- B'/jT/iV aÛToO y.al â'pyeTai sv 'AXs^av^peia' â'Oo; yxp sgtiv tw r.you- [7.SVW Tf,ç ^/.rlTSw; dvépy sadai TTpoç tov -^arav t-^ [j.EyaX'/i éopri^. Rai é'cpOacsv eîç tï)V ttoT^iv Trepl (opav ^s/.a-riV, x.y.l cbç TrepiTtaxoG- aiv £i; Tov f^pôy-ov ^X£7:ouGiv àos'Xcpàv yjavôv 77£pi£Î^oici7-£vov y.a|7.J/a- pix.ov £7:1 ToJv ^poicôv aÙTO'j. 'Hv oè o oi8i\Yjç s/.eTvo; xpoc— oioua£voç iaii-rôv ca>.ov, xal -/icav ;i.£Tic aÙToO xal aAloi Ga*Xoî. Kal TTEpiviyev ô àoe^vcpôç (Îjç <73c1Ôç y.al £^-/)youjj.£vo; ', /.y.l àpxxCwv xà t/,? àyopàç y.al 7:oioéyoiv 'zoiq a>Aoi; GyXoï:;. Ely£v r^à xal ovop.a Map-/.o; 6 toO l7;7TOu. AtjIxoijIov ࣠ecTiv 0 Ix—oç. 'Ex.£Î ïy,oiuMiv 6 Mapx.oç d GvSkoç,
15 -/.ai £y,aT£7;i)£v éx-aTov <po'X7v£iç Tf,ç •riy.épaq, xal £X£r èxoipLÔCTo £'-; zx. cxaiJLvia. 'Ex oà Tôiv éxaxov vouy.uov v^ropa'Csv âa'JTàî àvvdvav èexa vo'jy.itov, xal xà aV/.a Tzy.piTyiv loiç xXkoiç ocu.'koiç. ï]y.r:x 8ï ■'/] 7:6- };!.? syvcopi'Cev jNIa'pxov '" tov xoO Itt— ou <^ià xr/V e^Tiy lav ^ aùxoO.
A£y£t 6 y£pcov xw [j^aOyix-^ aûxoD* TTuays l'èe ttoîï xaTa};'j£t 6 GaAo; ,
20 £X£Îvoç. 'O o£ aTTE'XOojv -/^pwxvîGev xal >.£youct,v aùxà)' Etç xov 'IrTûov, naCkhq yap Ècxtv. Msxà oà xto cjvxaçacOai xô> TwxtwOc 6 y£pwv xr, alV/; •/;p!,£'pa xax' oixovo{/,tav 0£oij £'jp£v Mapxov xôv acùh^ £tç xô x£*xpx- * f. 1 TT'j'Xov xô [/.£ya, xai ^pajxcov ô yÉpcov l'^pz^axo aùxoO, xal ripcaxo xpz- Csiv }^£ycL)V* "Avopeç ' ATteEav^peî'ç, Pov;6£Tx£* o ^£ gcCÛj;. xax£'7:aiî^£v
25 xoC yipovxo;. S'jv/;y0-/icav ^à TzXrfio; ttoAÙ ' è-rr' aùxou;' o ^à [/.aOr,- xr,; eù>vaé'7j6£l; aTro jxaxpo'Ôev ïn-rrr/.t^, xal 7:7.vx£ç â'X£yov xco yepovxi' Mrj TzaGjs. uêpiv "", aaAÔ; yap £cxi,v. ÀÉyei aùxoi"? 6 yÉocoV 'Y[J-£Î'; ÈTxè ^
1 Cod. 'Eçrixs'JÔixEvo;. — '- Un w, ajouté au-dessus de )o, indique qu'il faut lire Mipxcov. — 3 Cod. l|r,/_£Îav. — ^ Cod. tto/uv. — ^ Cod. uooïjv. — *^ Cod. èaTat.
VIE ET RÉCITS DE l'AIîHÉ DANIEL. 61
Tov. 'EoOacrav x,al x,}v-/;û'//,oI tv;? èx./.V/îGty.; yvojpiî^ovTs; tov yépovTa xal 'Xe'you'jIv aÙTÔJ* Te ttuts (joI Ètïoi'/igev o caT^ôç o{>To;;A£y£i aù- Toîç 6 yspcùV ApaTc' y.ot. aÙTOv "Trpô; tov TTScTrav* Kal aXscé'ov auTcIv y.al léyai 6 yépwv tû — ocTra* S'/fy.spov Èv t-^ 7:6\zi Ta'JTVi oteOo? TOtoO- 5 TOV où/. ECTiv. 'O Sk TTa—y.ç yvo'j; otî. 'jttô toù 0£oC» è-^.vipoooorlÔvi ' ô y£pù)v 7C£pl a'JTO'j, pi':rT£i lauTOV tlç to'jç — o'àa^ toO Ga7.o'j xal rip- ^aTo È^oo/.rÇfiiv aÙTCiv oxvEptoGai éauTOV a.ÛToT; ti; sttiv.
'O rVs, èl6tov £i; da'jTov (bfj,o">.oy/;<j£ 7.£'ytov, oTip-ovayô; riaviv xal /.aT- exupi£ij6r,v û-o toCî ^aw.ovo; t-?,; Tvopvsia; âV/i ^£/.a-û£VT£. Kal £>.Ocov 10 eîç éauTÔv lÉyw Map/,£, «^E/taTuevTs £Tr, £oo'j7^£'jca; tco eyOpco" o£!jpo
ÔfJLOia ^O'J>.£U(70V TCO Xpi-TTCO" Xal àTT'ÀXBoV £i; TO TTEfXTTTOV, Xal e/iET
é'[/,£iva 6/.TW £T'/i, xal [X£Tà tz o/.tco £T7, lÉyo) é[j,atjT(o' A£'jpo eiceXÔe etç T/jV •77o'>.iv, xal ttoî.Ti'jOv éauTÔv (7a7vOV aX'Xa oxtco £t-/T xal î^où cr,u,£oov 77>.v:souvTai ao'j Ta oxtco éVr, toO ca/.oO. Kal éxla'jrrav i.'> 6 1x0*60 [xa^ov T:avT£;.
'Exoij-f/i'Ovi c)£ 6 3Iapxoî eiç to s-tc/.o— ôÎov [X£Tà toO yspovTO^. Kal 0T£ r.ii.Épa £y£V£TO "kéyei d yspwv tco [jt-aOrTvi aÔToO" 'A^sXçè, oco- vrifTov j7,oi tÔv âêêàv Mapxov', cocts xoirTai •/îy.îv £'jyviv, toO «tteX- Ge^v £i; TO x£l7>iov r,v.(ov. Kal àr£7>6cov 0 [/.aO-/;T/iç eJ3£v aÙTOv xoi- 2u [r/îÔEVTa £v Kupuo, xal iXOcov à':w-/fyy£i'X£v tw yÉpovTt oti d à^êa^ Mapxo; £T£7.£ic6()-/i . 'O ^à yc'pcov â7u-/;yy£i7.£v tô TraTra, xal d — aTraç T(î) CTpaTv;Axr-/i, xal Xc7.c'Jci â-paxTa yEviaGai £v t-^ ttoXcI, xal rc'y.- t:v. d y£pcov tov [7-a()-/;Tr,v a'jToO iv tt, — x"/fTr, Hycov. Kpo'jTaTS to xpo'jG'i^.a, xal G'jv74a-î to'j; TraTEpaç, xal £'i-aT£ aÙTOÎ;' E7v0eT£ xal 2.j £ii7.û^'T,07iT£ Trapà toO yÉpovTo;- Kal àv£[i-/i TrôcGa vî Sx-/fTrj a^Tipa <po- poDvTgç [/.STa x7.â^fc)V xal ^aicov, daoïco^ xal TÔ "EvaTov xal Ta X£7v- Xicc il), xal ol £']; TÔ opo; xr,; NviTpiaç, xal TwXTa!, al 7.aijpat. al xaTa 'A7>£^a'viîp£i.av, oiaxt to AEÎdiavov £—1 ttevts vî^Épai; [;//) Ta(pY;vai, xal âvayxa(76-i^vat aiiToùç G[xupvlGai ^ to 7.£''i]/avov tou [j.axapio'j Mapxou. 30 Kal Tzy.Ga. 'h -ttoT^iç [/.sTa xXa^cov xal X7,p{iv xal ^axpûcov Tr,v iroliv pavTfCovTEç £^£XO[/.icav ■' TO Tt[/.tov T^El'^j/avov TO'j [/.axapîo'j Ma'pxou TO'j ca7.o'j, ^o^a^ovT£ç xal aîvouvTS; tov ot7.a'vôpco-ov 0£Ôv tov àt-
1 Cod. ÈTiXripoyoptÔYi. — ' Cocl. Mâoy.wv. — ^ Cod. (j[Aupv7,(Tau — ^ Corf. è^s/.wîxr.sav. (1) 01 Twv v.îÀXiwv dans le ms, du fonds Coislin 282.
62 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
oovTa * T0(7a'jT"/iv yapiv xal ^o^a.v toTç àya.~coa!,v aÙTOV, vuv zal àsl ■/.al £i; Toù; aiôivy.; tcov aiwvcov. 'Aaviv.
LE SAINT MENDIANT
(Bibliothèque Nationale : Ms. du fonds Coislin 283, f"' 167-167''.)
* "AXkoTZ TzvXw 6 aÙTOç àêêzç Aavi'/i'X [/.srà toG [j-aOviToO aOroo * f. ig àvéêvi * ev 'AT^c^xv^psiz zal Osupî? ô ys'pwv avOpWTTOv à-6 oaiy.zTWv 5 yujAvôv x.aOrljj'.evov sic ttiv TrXaTSÎav* /,al AeyovTa* Aots , sXsaTs. Kal 7iy£t ô yscwv tco i7.aO'/iTvl a'JTOu* EXs— si; tov à— o ojj,[xztcov ; };£y(o croi. oTi y.syz'Xcov [/.sTpwv ècTtv OaXsiç ojv oti O-q^si^w goi Ta TTSol aÙTOu ; [asTvov IvTaùOa. Rai cc-i^yt^cni o yépwv x.al Xe'yet. aÙTôJ* IloiTiGov oiyy.~r,v eiç ètxà, à.i-îs'XcpÈ , on oùx è'yto •jro'Gsv àyopa-
10 cai. [xoi [iaia toO xaijLeîv x,al Tpa<p-^va'.. Kai T^sysi aùxco 6 à77Ô 6|x[j!,zTtov Ti eloeç ' dç £;j.è , àééà ; BXé-st; [/.£ yiipivov /.al Trpoaai- Tviv, /.al liytiç [j'.oi l'va âyopacw cot (âaia* '0[A{o? oùv 7:cpi;i.£ivov. Rai v£'J£t, ô yepwv tw y,a6r,TVî aÛToO à/.o'XouÔyicai aÙTÔi. Rai à— £p- yovroii zlç rôv ayiov Map/.ov "' £;(o t-/iv '7:o};£coç- s/.eî' yàp s.iyiv to
15 ■/.£7.'Xiov* xal >>£'y£t tco y£povTi* n£pi[X£ivc>'v {/,£ , àê^à. Rai ilniayt- Tai y.al <p£'p£i tw yépovTt [;,a);a/.!.ov ^ à'^^ovra cracpi^aç' xal poic; -/.al lGya.6xç^ -/.ai xpia -/.spxTta -/.ÉpaaTo; xal £/.êa)aov è/. to'j CTû7.aTo; a'jToi} £v Tp^ixiTTiv £(^co/.£v T(I) y£povTt XÉywv Eù^ai. UTrèp £;xoO, à§êà. Rai sXOcov 6 y£po)v Trpô; tov [j!,a97)Tviv a'JTOÎ* e/.Xa'jcs >£yo)v
20 no'(7ouç •/.p'j— Toù^ oo'J'Xou; £y£'. 0 0£o;' ^"^ oùv R'jpioç, où tj:}] xtîo-
GTp£\|/W Tt 7kOT£ l'^q SÙXoytaç OTl à.yC/.-!Z-n £(JTIV.
Me-à fîà To àvaywp-^Tat aÙTO'j; à—' aÙToO [7.eT' oT^îya; vî[;.£'paç à/.ouou(7t,v OTC 6 [X£ya; oïx.ovo'[/.o; ttovcT to vj— ap * aÛToO ^£'-và>ç /.al *àvâ/.£iTai £i; tov ayiov Map/.ov'", /.al T:apa(paiv£Tai aÙTcô 6 ayio; * f. ic 25 Map/.ùç /.al £Ùayy£Ai(7T7iç /.al à-ôizo'koç )v£ytov aÙTco* Il£[j.'|ov (p£p£
TO'VO£ tÔv aTTÔ 0[/.[/-a'TCOV, /.al £7wlO'/)'<7£l TYjV yEipOL'^ aÙTOÛ £IÇ TÔv
^ Coc/. oiSouvta. — - Cod. ivéêei. — * Cad. ir^an'av. — * Corf. îoe;. — * Corf. Màpxwv. — '' Cod. (xaXixiv. — "■ Cod. <7Ta;p:a;. — ** Cod. cyio-x:. — '^ Cod. yTvap. — 1" Cod. Mdtpxwv.
VIE ET RÉCITS DE l'aBBÉ DANIEL. 63
TOTCOv Toù TTovo'j /.al Oyixvs',; ' . Kal Tzi^.'^a.ç toÙ; éauxoO T^aToaç ÈAaêsv aÙTOV {xerà -apa-/,V/{<7£Co; /.al piaç. Kal £ùEa[/.£Vou aÙToO /.al STCi^évToç T^v ysipa Trapa^p-Tilta èieçopviôyi ô ttovo;, /.a.î a/.oucTOv lys-
Kal à/.ou'7aç o rra-a; £c;y;>.0£v t^cTv tov à-o o^a^aartov /.ai. ejpsv 5 a'jTov xoiaviOévTa £v Kupuo, /.al a/,0D'7T0v sysvExo £v t*^ S/-VjT"/i xal £v oXvi T^i ttoXei. Kal àv£§r( ô y£ocov [xsTà toû fxa6r,ToG aÙToO, xal TwoT^Ttoi TÔv TraTEocov Guyavéê-ziTav [Xst' a'jTÛv. Kal £'j)^oyr,07icav xa- pà ToD p.axapio'j à^eT^çoO. Kal 7rz(7a cyiSov ÈçxT^Oev -/i roXi;, /.al £Ù>;oyr,6£VT£; £;£/,d[J!,i<7av ' |/.£t' £Ù^apiGTia;^ /.al ^o^oXoyîaç to tÎ[ji,iov 10 aÙToO >^£i«];avov xal xaTeOvi/.av aÙTO Ètûzvw toD àéé^à Mzp/.ou toD ca-, ^oG. 'O pto; aÙTOu oùtwç r,v d Ti £5£/^£to àyxirviv, viyopa"(£v £Ç a'jTcôv [J'-viT^a'', cr-racpu^a;, poà;, xal £poY£'j£v 6C oiWou tivo^ £v toi; E£Vco(7'.v ToT; âôpojGTOiç xarà tyiv /.upiaXTiv. TfiGGapa/.ovTa oxtw 6k âV/i ÈxT'fl'caTo TViv âc£T7)v Ta'jTTV TYi; ^laxovtaç £Ïç ^o^av 0£oij. 'A[x-/;v. 15
5.
LA CHASTE THOMAIS
A.
(Bibliothèque Nationale : Ms. du fonds Coislin 283, f'^' 167''-1G8'; variantes du Ms. du fonds grec 914, f"" 190-191.)
*n£pl 0coj;.ai>^o; zr,; aoxppovo; xal àyiag xo'pr.ç "*.
'O aÙTÔç àêêa; AaviVi'X àvcê'/i ^ [A£Tà to'j f/.aO-/iTO'j auTOÎÏ £v Aa£- ^avrîo£ia, xal ^laxotêdv *twv aÙTÔJv iy.ziGS y£yov£ Trpàyy.a to'.o'jtov. 108 'Aêêa; Ttç Tou 'OxTto xal A£/.zto'j ^A'Xe^av^pEiaç £Gj^£v uldv xal 0 uîô; a'jTOÛ £V/£v yjvaTxa xdp*/iv' w? âVov ^£xao/.Tcb, xxl £[/,£iV£V p-sTa TO'J uloS aCiToO. 'Hv ^à 0 ulo; auToS akivjç. 'O os £/Opoç t(ov 2l yoiCTiavcov xal 'lu/ûv rijxwv rîiaê^o7.oç "/iY£ip£v Trdlsjxov capx'ixov
' Co(Z. ■JY'*'''^''- — " Co(/. it£xa)(j.-/]'7av. — ■^ C'0(/. zùyjxçnaztloiz — ^ Corf. (AîXa. — ^ Corf. xôpi;. — ^ Cod. àvéoti. — " Cod. xôpiv.
Variantes : 20. [Xîxà... a'jToij ; (istà aÙToO. — 22 Kxi : .\dd. tûv.
64 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
aÙT'/iv G'jyvôiç, -/.al vî /.opvî r^^tiyz-o auTOu wç 7:aTpd;.
'Ev [j.ia oùv Twv r,u.epcuv •/l'XOov à}as~ç i'jvùyiov xal xoa'CouTt tov vswtî- pov L'va à77e"XÔw(7tv àXiaD'jy.i Mstoc r^è to y.^oiyiozrtGy.i* tov v8wt£oov 5 àvsGTVi 0 xaTr,p /.axà tt,; /.opyi;, x.al "Xsyst aÙTco vî xoov]* Ti £(7Ttv TouTO, TTocTcp ; tj-aye x,aT7.'7(ppaYi'7ar f^iaêoXixov y^-? scttiv to é'o- yov toSto. 'O o£ oùx. vivsg/sto " aTrelOeiv /.al TwoDvz TTux.Tsuaaç , où/, 'riviGyjTo aÙToij '^ xoV/î. E/.p£j/.aiTo ^ oùv iTravw too /.py.êêa- TOu TO GTûaOLOv ToG uîoO aÙToG' /.al Oé'Xojv aÙT"/;V (poêr,Gai, yui/.voî
10 TO G-aOïov /,aT aÙTf,; }.iycoV 'Eàv [7.vi à/.oÙG-ziç [;.ou, j;.£tz toù GTwaÔio'j toÙtou ^uÎco coi. 'II ^è £l-£v aÙTw" 'Eàv ^eH ^.tkoç jXiko; y£V£(7Gat, tô xapavo[/.ov Trpàyfj.a toùto oùo£'770T£ ttoiw. Kal opyi-cOfil; [7.£Tà Guty-oij 77£[;.-£'. aovco Toc-aOïQV^, /,aTa/.'jp!.£u9£l; ù-o toù ^laéo'- 'Xou, y.al /.aracTrâ t/iv /.o'p-flv /.aTz Tôiv aùv^ç (Loiôiv^ /.al ()'.yoToa£i
15 aÙTr,v. Rai £ÙO£to; £tù©Xw(J£v aÙTOV ô 0£Ô; , /.al TTîoiviyEv" (^viToiJv Tr,v 6ùpav^ */.al où/- •/;ù'ptc/.£v.
"EpyovTo.!, OÙV à'X'Xoi â'XuT; 'C'/;toùvt£; tov v£cî)T£pov £Îç to ^la- * '■ iGf (pai)[/,a, /.al fiaVJVTe; aÙTw oojvr.v, à— £/.piO'/i ô raT-/io aÙTOÙ* '^Vz- yet à'Xi£ùcat* t:où oùv ecTiv -/î Gùpa oti où ^"Xéizut. Kal Ic'yo'
20 aÙTw' 'Oo£ ecTTiv Kal àvoi.^avTa)V aÙTôiv /.ai £tG£}iGo'vTwv ^XÉ- Tzouai TÔ 7:Twr/.a to y£yovoç, /.al X£y£i aÙToî";- KpaT*/i'caT£ [X£ /.al 7:apaoa)T£, OTt cpovov 7T:£770ir,/,x Kal ':7apalaéovT£ç aÙTOv 7:a3£(^co/Cav TCO àpyovTi TYtÇ roA£to;. Kal 6 a.oyjà'j £;£Tar7a; /.al yvoùç £^ aù- Toù izoLav-v Tv;v àVr,0£t,av Pacavicaç èK,o};aG£v aÙTo'v
25 M£Tà ^£ TaùTa >>£yc'. 0 à§?y.; ^y.vvri'k tw [/.aGrîT/î aùroù' X-il-
G(o;7.£v /.al ï^oj[X£v tÔ >;£i'iavov rr.ç /.o'p'/iç. Kal èXGo'vtwv aÙTtov £i; TO 'O/CTOJ /.al d£'/.aTov 'A^E^avàpEia;, ri/.o'jcav -epl aÙTOù ol 77aT£0£ç
' Cod. àvaxwptcrai. — " Cod. Ti'jzîaytzo. — s Cod. èxpÉfjLSTO. — ^ Co^Z. (J7ra6r;v.
— •'• Cod. «L'jwv. — '^ Cod. TTEfteîYe''- — ' Cod. 60pa.
Variantes :
1. T(ù... aÙTOù : irpo^T/jv vj[Açr)v xw «êêà. — 2. riîjpKTxsv : £upi(7X£v. — 3. voç-/] : Add. àyvwoùffa. — 5. àXisùuai : xai àXis-JcwTtv. — 9. èxpéfiauo : èxp£ji.aTo. — 9. xpaêoâxou : xpaoaTtoy. — 10. çoêrjaai : çoêepiffat. — 12. Ô£t... (aéXo; : Set [jle |j.£'),o; xai (xéXo;. — 14. [X£Tà : ÛTiQ. — 15. 'jiotwv : 'l/'jwv. — 18. ototçaufia : 6tâcpaycu.a. — 20. Oin. ttoù... Io-tiv.
— 23. TiapaoàJTS : TiapaôÔTS. — 23. 7:£7ior/;xa : èuotYiffa. — 25. Oui. Tyjv. — 26. Om. oï.
VIE ET RÉCITS DE l'aBBÉ DANIEL. 65
TO'j aÙTO'j 6/.Ta) /.al àe/.aTO'j x,al ol f/,ov7.yol on ^'p/£Tai 6 àêêàç
pwV Ilov/i'crocTS £Ùy[_'/iv, —ccTéoiç' où yxp OzTrTSTy.t to >.£i'i;avov txç /.oûr,ç Ta'jT-/iç eî [y-rj {zeTà twv Trarepcov. Kai tiv£ç s^ aùrôv syoy- yu^ov, w; oTi yuvxf/.ôç }.e'!<];avov è-iTps'-ei OaTTrecOat. [/.sxà twv 7:a- 5 Tc'pwv, /.al aÙTYi^ oovs'jÔetCTjÇ ' . Kal "Xs'yôi aOroTç ô ys'pwv A-j—r, •/) x.o'p7i à{/.{JLa; [;.0'j /.al û[/,ôjv ëttiv y.al yàp — spl cw'ppocuvviç à-Tûe- Gavev^. Tore Ioittov oùoel; -/jvavTiwG'/) ^ tû yspovTi, xal âGa^l^av aÙTv;v [JAXCK. TÛv TraTepioVc Rai àc77aca[/,£voç to'jç TraTspaç Û7:£aTûeJ;£v o yépcov cùv TCO |/,aOv)T-^ aÛTOÙ sic t/;v S/.-otv;v. 10
B
(Texte du Synaxaire, donné dans les Menées, à la date du 14 avril.)
T-fi c(.\)Tfi Ti^ipa, y.vvi'a-/) tv;; 'Ayia; [AxpTupo; 0t-)7.aïào;.
'H àyia aûr/î 0cou,al'ç syevvyiO-/; Iv 'A)>£çav(^pia- Kal ûtto tcov ysvvïiTo'pwv auTYi; /.aXcog àvarpa^sTca /.al Trair^eDOeiGa , gkvc^suvOvi àvf)pi' /.al r,v âv t'^ toî» àv^pô; oixia eùvoï/.ôiç ^laxeipiév/i , /.al xà 15 /.aO' ÉauTriv Gcoi'^po'vw; /.al /.O'jfxicoç f^ia'yo'jTa. 'EtûsI ^è cjv^i-^ye gùv TÙ ô[/.o^uyw /.al 0 /.aTa «râp/.a TrarÀp tûD veavic/.oi», ô* /.al tvjv /.opvjv v'J{Jt.(pviv èTTayo'y.svoç, toO uioO aiiToO [xyj sûpîOsvTOç èv t^ oi/.ia, ô Twv '^/jyjo'j oXoOp5'jT-/i; àta'êoXo; aicypoù; ").oyi'7[;.0'jç èvs'êale tôj ys- povTi /.a-rà t/jÇ vufxipyi; aÙToO* /.al èêou>.£UGaTO GuapLiy^vat Tvi /.o'p-/i, ^^ -avTa TpoTrov fj,-/i)r_avwpt,£vo; £tç £/.7r);r,pcoi7iv toj oi/.£Wl» g/.otcou.
'O; oùv •/! [/.a/.apta Owaa'l.;, TroXXà vo'jO£TO'jGa xal Tïaoa/.aXo'jca Tov yspovxa, rivusv où(^àv, ttuowOeI; outo; (xàlT^ov ^è ûttô to-j Sxi- [xovoç (JXOTKïGsl;, Tïiv GiraOviv la^cov toO uloO aÛToO xal 77>.7i^aç tviv /.opviv /.atpicoç, i^ijoTQ^LT.GZ^ aù-rrr y.oà -ri [xiv tw R'jpito TCaa£G£TO
25
1 Cod. çov£\;6ri(Tr|Ç. — 2 Corf. ÛTtéOavsv. — 2 c^fZ. èvavTitôâr].
Variantes : 1. Om. aÙToû. — 4 iyÔYi'y^ov : SisYÔyyLrov. — 6. Om. aÙTot; ô yépwv. — 6. ayrr) ^ xôpri : ri xôpY) auTr). — 8. -/ivavTtwOï; : àv-ÎTts. — 11. Om. ô yc'pwv.
ORIENT CHRÉTIEN. c
6G REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
TVjv tLuy/iv "/.al [/.apruç ÛTwàp cco<ppoGuvr,ç yéyovsv. 'O i^è ys'pcov 7:a-
napaY£vd[/,£VOi Se Tiveç sic àva(^yiTviGiv tou ulou awTOÛ^ £Ûpov tTiV y.opr.v v£y,py.v y.stfy.evTiV IttI tt,? yriç. 'Oç oùv si^ov Taura, xal tov •'j yéoovTa â'vÔsv y.àjcsTOev tuçT^ov xspiflpepojxevov y.al 7:)^avto[j'-£vov ètcuv- ÔxvovTO, Ti To ôpt6[/,£vov; ToG ^è Tr,v akrfytia.v àva/.aT^ûtj^avTOç /cal a.\)z6yei^v. TOtj cpo'vo'j âa'jTOv i'kéyjovToq, xal xpocO£[i,£vou xal r^uTW- 7U0ÙVT0Ç àTTajrOvivat, -rrap' aÙTwv Tïpo; tov àpjç^ovxa, xal tvjv xax' aù- Toij à-irocpaciv ^£^acr6ai, 7r£iç6£VT£ç aÙTOt TûapsctriGav aÙTOv tw ap- 1(» yovTi. TtiÇ c^£ àVrjÔEtaç ^iayvwc6£i(r/]; , t'^ -jrpocTa^ci toutou à-£T[J.r[0-/i 6 y£'p&jv TYiv x£cpaV/iv.
Ma6wv ^è TauTa o à^êàç AavLviX, ô Tr,; Sxvit£w; 7:pwT0ç, àvvi- yay£v £l; Tr,v Sx-/i'Tr,v t-/;v 0co[Aai^a, xal xaT£0£TO aÙTr,v sv tw aÙToij xoi[/,7iT'/ipiw, wç ÛTîèp ccocppod'jvr,; oi' aï^xaTO? àOV/fcacav . 125 Rai Ti; Twv £v T*^ Sx*flV/i, â'pwTi 7ropv£ta; [ÎV/lO£lç, 7rpO(7r,};0£ TÔÎ Tacpw TT,; [/.axaptaç xal ypica; éauTOv £)^atq) £x Tviç 'pcoTaytoyoù, £laê£ xaÔ' î»-vou; £'j>.oytav à.TTo t-^; xo'pvi; £7vi(pav£icr,; aÙTw* £î;'j7:voç ^6 y£yovco; àTzriXXy.yfi toG TïaOouç. Extot£ o'jv xal [J'éyj>i tv^; Gvi- [;.epov ol à(^£>.çol T71Ç aÙTYiç [Aov?,;, ev toTç TroT^Éfxoi; tti; aapxoç, [j.e- 20 yySkry (ioviÔov tvjv [;,axapiav Gwt^.ati^a x£XTr;VTai.
LE MOINE TENTÉ
(Bibliothèque Nationale : Ms. du fonds Coislin 283, î° 169; variantes du Ms. du fonds grec 914, P^ 190-191.)
* 'Ev [Aia ' T(iv r,[X£pôiv à(^£).(poç éi^okz'^/ribrt £V tt] aÙTr, i^xrjTr, '"
Otûo tou ^aijxovo? Tviç 7:opv£taç, xal £Voy'Xou[A£voç <j<poopcoç dXOwv OLYf.y-
y£!.'X£v Ta) ysoovTi. jvai A£y£!, auTco o y£pwv 1 TrayE £tç to o/.tco
xal fîixaTov 'A7^£^av^p£iaç xal -apaj7-£ivov ÈTcâvio tou xoiaviTYipîou
25 Twv 7:aT£ocov xal Ùkv O 0£o; ©wy-atoo; povfG'/iTo'v ij.oi, xal pu<7at
p-£ £X TOU X£ipa(7[7,0Ù T'^Ç ■:70pV£iaç* xal ÈXtTI^CO £t; TOV 0£ÔV OTl
Variantes : 21. [J.ia : Add. ouv. — 21. Ix-ôty) : lKr|T£t.
VIE ET RÉCITS DE l'aBBÉ DANIEL. 67
OiTZOlXkxCGZl £•/. TO'J TTSloaGJXOO TO'JTOU. O àï à^sldJOÇ "ky.^OiV T-/iV
sùyvjv y,al Tr,v svtoV/jv toO yspovTo^ k'pyeTai sic to o/.tw /,al ^£- •/.arov y.al Itûoivi'TEv xaOco; xpoTaxa^sv aùrw o yéo(à^. Kal èTravsA- GdvTOç aÙTO'j £t; r/;v S/.-/;t-/;v [Aîrà Tpsî"; -/iaepa^ 'iToo'T-îtctsi ei; toÙ; TToàa; TO'J yépovTo; xal Isyei. a-j-rôr Aià to-j ©coO /.al tcov e-jywv 5
GOU, 0£G-OTa, ri>>£uO£pc66viV TO'J ';:0>.£[;.0'J TV;Ç -OpVcl7.g, A£Y£1 aÙTÔi
6 yéptdv" nàj; •/i>.£'jO£pojGr,;; Asyfii 6 àà£X(poç' Movov è— oirca ^co- xiv/.x asTavoiaç '/.xi £07;x.a EjxauTov £7;xvw to'j /.oiy.viTr.otou xa'- àipuTCvcoGa /.al £py£Tai pia xopv; /.al XÉyei pi* 'Aêêa, àêêà, "Xiêc vflv £ÙXoyiav Ta'JTr,v /.al uTrays £v fiipr.vr, eî; to /.£7Aiov crou. Rai 10 T^aê^cov TViV eùT^oyiav eùÔiwç £/.ou(piG6rjV toO 7:oX£{xou, /.al â'yvcov OTt vi").£u0£pc66-/;v. Ti o£ r,v r, £Ùloyia où/. oî<^a. Rai "ké^'H 6 "c'pwv ToiauTTîV oùv â'yo'jciv Tiappxciav Trapà tco 0£tp ol àywvi{^oa£voi ÛTïàp
TVÎÇ (ÎW(ppO(7UVr,Ç.
* '
LA RELIGIEUSE QUE L'ON CROYAIT ÊTRE UNE IVROGNESSE
(Bibliothèque Nationale : Ms. du fonds Coislin 283, f»' 169-171^.)
To'j a'jTO'j £7:1 Tv;; 77pOG7ïOio'jja.£vr,; {jt£G'j£iv.
AviSr, 0 àêêàç Aavivjl à^o t-^; i}/.-/;T£w; a£*Tà to'j u,aO'/;ToO 15 alJTO^> £v T-?] àvco ©viêai^i etç TViv (xv/iaviv to'j àêêà 'AtcoTvIôj, /.al £V^,XOov ol TTaTÉpE;; £i; cuvzvtxgiv auTO'j w^ aTro <7r,;j!.£Wov ÉTCTa* r,Gav ^ï ô); Tzs.vxxy.i'jyikiQi. Rai viv to£rv aÙTOùç sttI tt,; aaaou vi-loj- a£vou; £t:1 /.oiT^iav wç sv Ta:;£i. àyy£}.(ov [7.£Tà <pdêou ^£you.£vwv * tov XpiGTo'v oî [/,£V yàp Tz [^.ixioc aÛTœv SGTpwvvuov ' earpoGÔEv a'j- Tou, a'X'Xoi 5è Ta /.o'j/.ouHia a'jTc5v, /.al Viv i^efv tz Ijtyuvdaeva ^a- /.poa to; -rcriyàç (jpuouTa;- /.al èçôaGwv ô àpyty.av^piT/ç 77po(7r/.'Jvr,c£V êTTTa/.!.; xpô TO'J £};()£Tv a'jTov 7:00; tÔv y£30VTa' /.al à'777a'7xa£vo'. àX-
1 Corf. Ô£XÔ[JL£VOV. — - Cod. ÈffTpWVVlOV.
Variantes : 1. à7ia),),ào-(j£i : àTtaW.ayriar]. — 5. -/al tôjv : xai oià. twv. — 6. SiaTroTa : irâtcp. — 7. AÉ^S' '■ Add. aÙTto. — 13. ê-/oufftv... 0£w : uappriatav uapà Gew ejrouaiv
20
68 , REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
"kr^ouç èxàGiGav', Tot£ Tzy.ov/.'/.'kicev aÙTOv ct/.o'jcat. Xdyov Trap' aù- Tou' o'j 'zcf.yitàç, ya,^ i'kdi'kzi xivi. 'Q.ç oùv £/.y.0i(7av" â'^w toG /.oivo- êîou è-Ki T-i^ç à'y.[j,ou ^ix toù [^.Tj //opsîv aOro-j; tvjv £x./-V/iCtav, T^s'yet. ô àêéàç Aavi-/)}^ tw [/.aGriTT; auxoij' Fp^'i/ov ei OeXsTS (jco6-/îvai, ouo- ^ ^«TS Tïiv ây.TVi[/,o<7uvviv xal Tr,v ciio-nry zlç yàp Ta; fWj y.^zxy.ç ra-j- Tocç o);Oç ô pîoç ToO [/.ovayou xp£|j-aTat. Kal ô [xaO'/ir/i; aùxoCî ii^co/.sv Tivl Twv à^eXfpwv Ta ypzaaaTa , -/.al y-sO-zipp-'/iveucev ^ aÙTz aiyuTTTi- CTt''. Rai w; àvsyvwaGriGav toTç TraTpaaiv, l/t'Xaucav ttocvts; /.ai 7rpoe77£p-770v Tov yÉpovTa* O'j^Eiç yàp eTdXjxa et— eîv aÙTw* ttoi-zigov àyâ-
10 TTVIV.
Kal £)^9wv etç 'EpfAOTToT^iv T^eysi tû »7-a67)T-?î kOtou* "Y-Trays xpoO- cov eiç To [/.ovaGT'/ipiov IxeTvo tûv yuvaiy.cov. 'Hv yàp. £X,£Î [/.ova- TTTi'piov yuvat)tôiv 'Xsyd^p.Evov tou àêé'z 'lEpepitou , zal oty-oCciv £y.£t * f. 1' tbG£l Tpiay.dciat p.ova)(_ai. Rai à-r.lOsv d [JLaGyiT'À; aÙToO /.al âV.pouTEV.
1^ Rai >.£y£t aÙTÛ •/) Ôupwpoç >v£-T-]p çwv^' ScoGelç -/.a^^w; v.T^Oe;' ti /.£- };£'J£i;; ÂEyst aÙTv;' <l>cov£Î' |j.oi tyjv à^7,{xav Tr,v àpyi[7.av^p{Tviv* OlXco yàp aÙT'^ T^a'Xx'jai. Il oè £l~£V Où cuvTuyyàvsi tivi xots, àVA' £i7:£ |;-oi TÎ '/.iXeùtiç '/,y.\ "héyoi ccùxti. 'O i^è el7:£v El— è aÙTTi* Movaydç tiç Oe- 7;£i COI T^aVîJGai. 'H ^è à— sT^GoOca £Î-£V aÙTr^. Rai sT^GoOca ■'/) -/lyou-
20 [/,£vvi >>£XT-^ (pcov^ "XÉyEi TÛ à^£)^çi(o* 'H àfAixaç £7!:£p'-'J;£V [/,£ "kiyouaot.' ït •/.sIe'jeiç* AéyEi 6 ào£)i«pdç* "Iva xo'//fGr(T£ ^ àya~/iv x.al •/.oi[y//iGàJ- [j.ev to^£ £yw T£ y.al zïç y£ptov, on écTTEpa IgtIv, [/.vixoTe cpàyiociv vi[J!,àç Ta Gripi'a. A£y£t, aÙTÛ '^ à[XU.a;" Oùrj£7:oT£ àv/jp eÎG£p)(^£Tat cbôe* Gup-©£p£i yàp ûi/Jv ÛTîô Gv)pl(ov [ipcoGv;vai tûv ï^to xal [^/^ tôjv È'gco.
25 AéyEi ô à^£><pdç- 'O àêSaç AavirA £GtIv ô t*^; Sy.vixewç. H r^£ àxouGaGa rivot^EV to"j$ ôdo îculcovaç xal £^-^\6ev T^iyoucXy d[xoiwç ^£ xal TTaGa -/î Guvor^îa, xal Ta [xacpdpia aÛTcjv à'GTpcoGav aTTO tcj t:'j- Tvwvoç £(oç x,àT(«> oTTou TiV d yÉpwv, xuT^Kojxevai £1; toÙç rrdiîaç aÙToO, xal TtSÎyo'jGai® Ta ':7£7^[7,aTa aÙToG. Kal £iG£).QdvTcov vîjxwv egco £iç to
30 fjLOvaGTViptov, riveyy.ev '/i x.upta vî y.syxK'/i 'kz'/.y.vry y.al eyéy.ii^Ev aùzry ^"Xiapou xal (ioTavôiv xal £gtvig£v 5uo }ropoùç Ta; à^elfpàç, y.al è'vi- ij/ov Toù; xdàaç tou yépovTo; y.al tou jjt-aGviTOu aÙTOÙ, y.al ^'XaêouGa * f, 1 xauy.lov, y.al zot^i'^ xàç à^sXçà;, y.al £7;y.fj!.êav£v £/. Tr,ç A£y.àvviç, xal
cTiQ. — ^ Corf. 7toir,(7£Te. — ^ Coc/. )ty_o\j(ïai.
VIE I:T récits de l'aBUÉ DANIEL. 69
s— c'yscv £Ï; Tz; y.za^y.'kk^ aÙTwv* ocTSpov oà e^ayscv et; tov -/.oIttciV a-jTr.ç xy.l et; Tviv X£oaV/,v. ïïv oè lôsîv aÙTz; TTzcaç w; £—1 7iOwv à/.iv/;Tcov zlàT^ou;* ^tà y.aou(ji/,aTO; ^è Tràaa vî à7ïo/.3iGi; a'jTwv iye- v£TO* aux'/; r x,tvT,Giç aÙTÛiv àyye'Xf/.ri' Asyei oùv 6 yspcov tt, •/lyouj/.év/;* 'H'/.ac sù'XaêoiivTat, vi oùtw; s-I-tiv TravTOTS al àc)£7.(pat; 'H ^s eÎTTsV 5 rizvTOTS O'jTCo; eîalv al doOlai cou, ^éc-OTa* àXk' eù^at 'J7:;p ccù-
TÛV,
Asysi ô ysowv EÎtts tô (Aa6-/i7-^ [aou oti wç >.ot6o; (1) {xoi ETrépysTai. JMia ^à è^ aùrûv âV.£iTO sî; to {XSGiau'Xov x,oi[j!.()t){ji,£vYi ':r£- pi£(7yt.(7a£va ôz/.ta <popouaa'. As'yei 6 yEpcov Tt; SGXtv aur/; y.oif/.w- 10 p.£v7i; Aî'yct, a'jTÔi {Ata twv àoElçwv MeOuTxpia é'^Tiv, vcal xt ttoiv^- cai aùxYJ où/- oioa[j!.£v, y,où iy.^xko!.i a'jxr,v xoO [i.ova<7xrjûio'j ooêou|;-£6a xo x.pt'fi.a, xal èàv aùxr,v £a'7(oa£v £/,êo>.î*C£t '^^c; ix.Se\(^y:q. Aéyei 6 yapcov xoj (AaSrjXv; a'JXoO* A7.ê'£ x-/iv 7.c/,avviv xal pâ>w£ Èravto aùx"/;;. ToD oï TTOf/iaavxo; o'jxw; àvr;jxst " w; à-ô [/.é^vi;. Aéyfii oOv r, 15 à[/.[/.a;* AécTCOxa, oûxtoç âVxiv Travxoxô.
Kai laoO'jToc vî •flyo"jy.£v/i xov yÉpovxa £Î'7'/fv£yx-£v a'jxôv £i; xô àpi'Txr'piov -/,y.l £7roir,c£v «■^c't'Trvov xy-î"; àr^slcpaîç Xlyouca' Eùloy/^cov xà; ^o'jla; cro'j l'va 'éu—^onbév cou yEucwvxai ^ . 'O ^£ £'j'XoyriG£v aùxzç. Aûxvi <^£ y.al r, àfiuxEpapta [xdvai £-/.aGi(7av ^ [X£x' aùxoCî. * Kal 20 xap£(iyi/.£v /.a'j/.iov xôJ yspovxt â'/ov xtvy. ^ Pp£-/.xà /.où wjxîc T^x- ^ava x,ai (poivt/.iy. /.at, û^top* xw ^à f/,a(j'/;xr, aùxoij TuapsÔri/.ev oa/,-^v e/.'CetjXTjv x,a.l [/.i/.pôv i[/co[aIv '^ xal e'j/.paxov xaTç 8k à^eVparç Trap- exsGriTav occyix tzoXKt:' v/H'jz;, ' /.al oivo; cl; tc'>//;'7[J.ov/;V /.al â'cpxyov izxwj Y.oùxoq /.al où^el; ÈlrArcav. M£xà ^£ xô àvacxrivai, aùxoù; 25 Twéyei 6 ys'pwv x-/i Y,yoi>[A£vyi • Ti é'Txtv o ÈTioi-ziTa; ; 'HfjLEt; woella- |j!.£v * oay£rv y.a7.(o;, xal ûjxsî'; xz /.aXz £oay£X£; A£y£i aùxôi rj àap.a;" Su [/.ovayo; £l, /.al xpocp-/;v jAovayou 7rap£6riX,a cot,, /.al ô [jLa6"/ixvi; cou [/.aOriXr,; jjLOvayoù £cxlv, /.al xpo(priV {/.aÔYixou Tap£Ovi/.a aùxw- r,[X£r; 0£ àpyapiat Ècaèv, /.al xpoçp-/iv àpyaplwv £oayoj;-£v ". 30 A£y£i aùxYÎ ô ys'pwv Mvy;cOri'" vî àyz-v] ovxcoç w(p£lr;6vi[;.£v.
'ATCEpjf^ojxévwv oè aùxGiV àvaTCau£t /.al 7v£y£t o àêêàg Aavivjl tc5
' Cod. œopôtra. — - Corf. àvE'jty;. — ^ Cod. Y^^'^ovTai. — ^ Co(Z. £xa9r,<Tav. — s Cod. Ti. — ® C.od. 'l'wtiriv. — " Cod. Jx^*'?- — ® Cod. ôy£{).a|X£v. — ^ Cod. èçà- ytofiEv. — 1'^ Cod. [xvYidOeï.
(1) YÔTÔoç dans les mss. du fonds Coislin 232 et 282.
70 REVUE DE l'orient CHRETIEN.
aa6viTïi auToO* "^Vaye pXsTUS ' tvoO y,owÂTa.i •/) [AsGuaxpia ottou elç to [zecrta'jT^ov âV.eiTO. Rai àTCsp-^sxai -/.7.I (i};£77£i,, xai "X^ysi. aùxû- RaTav/jv â'pi.é'aaiv TÛv cwxvipiwv (1). Rai T^éysi 6 yspœv tw jAaOrjT-^ auToO' rp7iyopr,cov [xet' ijj.o\i t-^ vuxtI Taurri. Kal oxe àvtT:y.6-r\GC(.'^ ' Tvàcai 5 al àf^e'X(pal, T^ap-^avct 6 yépwv tov [xaôviTviv auToO, -/.al y.aTs'p^STat oTziGM ToO cicpapiou, /.al Ostopo-jGiv try p-sOuGTpiav OTi àvarrTïi x.al £7U£Tac£v Taç 7£!.paç auTTiÇ £iç TOV oupavQV, /.ai Ta oay.pua auT'/iç tî)ç TCOTaaôç, xal Ta ytik'/i aÙTr,ç x,ivo'J[7,£V7., xat Taç [j.£Tavoiaç àva7r£[;!.TCoi)(7a xal x.aTa7ui-T0uca £i; to i'^afpoç, y-al ote r^a^Tive-o
1^ yiav Tcov ài^E^^ipwv * à.r:epjojJ.érnv elç Ta àvc(,yy.cdix â'ppiTUTSv éauTTiV va[j-al p£y/ouca. Outco; ^i£T£7;£!. rrx'ja; Taç vi'jipaç aÛTviç. ÂÉyEt oOv ô y£pwv TÛ [xaOviT-ln a'jTou" 4>{ov/1'jOV [;.ot ttiv riyo^j^jArry iu- cpuûç^. Rai àTC£"X6tov £(pa)V7iC£V a'jTVjV xal t^^v ^£UT£papiav xal oV/]v T71V vu/.Ta È'êT^exov a Ètîtoieu 'H ^è 7iyo'j[/.£V7i -/îpEaTo -/.T^auiv
^^ 'kéjQDax' £ï iroTa /.a/.à £V£0£i^atj.r,v aùr^ ! Rai ot£ £/.po'j(7£v to •/.ooij(7'xa GoOloç '' £y£V£To 7:£pi aÙTV^ç £l; Tr,v àoE'XcpoTViTa xal T,c()a- v£T0 ^ xal àTr£'py£Tai à<pavcoç otïou TiV /.oiac6fX£voç "^ ô yiptov /.al
/.7y.£7i:T£t TTjV pr.^VjV aÙTOO /.al TO ÈTÛippiTlTTapiOV ^ /.al àvoiyci £L»-
Cùuwç T'/iv Ouoa Tou [j.ova(7Tr,piou /.al ypz<p£i. tvittz/.iov /.al ^âHci eIç ^*^ TO ySkzif^oiixy. t-Ioç Oupaç lÉyouca' E'j^acG£ Û7:£p £[ao'j /.al c^Y/co^-ri^ aaxi [JLoi oaa iTTTaïaa ùj7.îv /.al à(pavr,ç lyÉvsTO.
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' CocZ. pXe'Ttat. — ^ Co(^. àvejiaûsKjav. — 3 Cod. èiiçytôç. — '' Cod. epû)v),o;. — ^ Cod. aiffâdvÔYi. — ^ Cod. xot[iô(i£vo;. — " Cod. ÈTrippiTtiâpiv. — ^ Cod. c^ofxoXoyîîxo. (1) Ka-rà xrjv i?oSov twv yps'wv dans le ms. du fonds Coislin 282.
VIE ET RÉCITS DE l'aBBÉ DANIEL. 71
COMMENT L'ABBE DANIEL EXPIA UN MEURTRE QU'IL AVAIT COMMIS
(Bibliolhèqoe Nationale : Ms. du fonds grec 9li, f"' 191-192.)
191 '''Toj aÙToij àêêz Aavir,X.
O aÙTOç àêêà;' AaviTjX èx. ■:rairîoOsv y.TTcTa^aTO £v ttî S/,-/;V/i /.ai 191' £Tw£ppi'iia.v oî papêapoi y,ai ai^(/.a>.(0T£'jGav aùxov,* xal ^i£toi6îv 'j.et' aÙTÔiv àiSTÎav. Rai ziç çiAoypi(7TOç àv/ip vauxlrpo; epp'JGaTO a'JTOV èx. Tôjv py.pêxpwv. Rai — z).iv 7,3t' ÔAiyov ypovov àzf.TvOov oî Sao- 5 Sapoi xai £"Xaêov aÙTOv. Rai ^i£Tp'.'|£v [7.ît' aÙTwv u/^va; £1, x.al £(|)'jY£v £Ç aÙTÔiv. Rai TTrAiv £X- TpÎTO'j £— ï'ppi'iav /.al e}.aêov aOrov. Rat Tiç àvvjp èx. Twv atyj/.a'XcoTcUTzvTojv aÙTOv /.aOiGaç t:gÔ; ûfîwo' •/.al Xaêùv ô yï'ptov >it6ov e^w/.sv tco à}.Xoou).(o , "/.al k'Tu/£v a'jTOV
à7wO0aV£ÎV £/. TO'J lîGo'J. 1<>
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1 Cod. àêêà.
10
72 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
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15 vov £va , x,al eIttsv £v éauTw' OTi iyy àxoGavr, ® o }.£Xcjêv]'J!,£vo; oûToç , àv£p^o[xa'- £i; Al'yuTCTOv y.al Xa[7-ê'avo> àvr* aÙTOu (xXkw (1),
navT£; O'jv o'. !i^/.-/iTiwTai. k'yvojfjav oti l£lcoêvip.£vov é'^si 6 y£pct>v, où-^filç ^£ 'fi^wxTO i^eTv tÔ TTpocrwTTov auToO £X-o; TOj yapovTo; y.xi u.dvou. 'Ev [Atx O'JV Tôiv •/i|/,£pa)v xaT oîx,ovo[xîav 0er/j ^ze^l oipav
20 é/.TrjV £(7£iC£v 0 yÉpcov /.aTa TO É'Ôo; to y.wotoviov^, y.al w; £l/_£v 6 [j-aOriTTi; aÙToO eiç t-/iv y.£>.Xiav aÙTOî £-op£'Jf)7i 7:pô; to (^'.ay.ov^cat aÙTOv à7roy,pi(7i,v tco y£povTt, y.al i'nz'ka.^izo à yÉpwv oTt ïatiGV^ to /.(o^wvtov* x,al £a(7£v >caT' Ivc'pyeiav* Osou ttjv 6'jpav àvsioyfxévvjv Tr.ç aùV^; TùO y.s'Xliou a'jToO y.al £y.a6é5^£To £i; tov rlT^tov 6 yépwv
25 T^EpiOdSUWv"* TÔv );£>.wê'/l[X£VOV. 'IIv (ià Ô 'X£'Xwêvi[X£vo; xzvu TicpaviT- [/,£voç £X. Ttov xo7v7.à)V Tpauy-xTwv. Rai ô [^.aOr.T-/]; aÙTOu ÛTTO(jTp£<La; (Xtcô T'/iç ^tay,oviaç y.al cpOacaç Tr,v Oijpav txç aùT^'^ç y.aT£vo-/ic7£v tov y£oovTa TTco? 7y£pu6o£U£v TOV 'X£7.a)êrj[j'.£V0V. Rai (b; ';i;£p'.c6f^£'jG£v aÙTOv eiG'flXôfiv 6 yiooiv £t; to y.E'XXiov éaoToO y.al £iGriV£yy.£v cEixîrW-Xiv ' ' y.al
30 £V£êpw(/,aTi'Cev aÙTOv ^t.' aÙTOÙ àiy. to p//; £/£!.v y£Îpa; tov >.£lcoêr- u.£vov y.al ^là to [/,•/] r^uvairOat aÙTOv y.aTa-tv£iv to (3p(r»{/.a auTOj
1 Corf. uapà. — 2 Cod. aùxô. — s Cofi. rj 0u; (pour el 0£où;! sans doute.) — * Cod. cîSoiit. — ^ Cod. CiTtYipetriV. — ** Coc?. ànoOâvsi. — ^ Cod. Ta xoScôv/îv. — 8 Cod. là xoStôvriv. — ^ Cod. ive'pYiav. — i^ Cod. itepiwùsûtDv. — " Cod. <y£(i.îûa).iQv.
(1) Dans le ms. du fonds Coislin 282, les mots ïva... à),Xov sont remplacés par :
Kal (Ji.£"/piç ou àTTÉÔavEv eI/ev aÙTÔv, -/.ai oxs à7:É6av£v ô ).£),o3Sr,jxïvo; àvrip^sTO 6 ys'pwv xal èXdjiêavev àX),ov àvt' aùxoù.
VIE ET RÉCITS DE l'aBBÉ DANIEL. 73
f^ià TO elvai aÙTOv Tcavu cs'jaÔptoaévov. 'O ^à ys'pcov /,aT£[i,x«7C£v to
aÙTOÙ TTo'jAa .
Kal i^wv 0 (y-aOriTT-iÇ to ôauaaTTOV é'pyov toO ^(^0^:0; 0 STTOiri'jîv è^e— Xzy/i /.al è^o'^acEv u— èp to'j toio'jtO'j â'ûro'j tov 0côv tov T^apé- yovTa T0iaiJT*/;v ÛTCO[/.ov/iv tw ye'oovTt tû outw; ôzvjpsTE'tv tw >.£- XwêTipLÉVfa}. Rai ÛTrèp toutcov à-avTwv ^o^av àva-£[7-<];to[X£v XpiGTw TÔ 0£w r,[/.(I)v, vOv y.al «£1 /.al £tç to'j; aïojva; tcov aù6vo)V. 'Ajavi'v.
(.4 suivre.)
OPUSCULES MARONUrES
{Suite) (1).
HISTOIRE DE SÉVÈRE, PATRIARCHE D'ANTIOCHE
20. Du reste, ces récits ne s'écartent pas du but poursuivi avec sollicitude dans ce volume (20) et auquel nous arrivons sans détour, après avoir suffisamment montré que ce serviteur de Dieu, et ce prince des prêtres (qui est) Sévère, ne fut jamais capturé par le paganisme et la magie, comme le calomnia- teur ose le dire; celui-là, quel qu'il soit, donnera, dès ce monde, satisfaction à Dieu, s'il vit encore, pour cette calomnie qu'il a lancée; ou du moins, s'il a quitté la vie mortelle, devant ce tribunal qu'aucun homme ne peut induire en erreur. Car ce prince des prêtres de Dieu était, à Alexandrie et en Phé- nicie, avec ceux qui agissaient comme je l'ai raconté, par la force de Dieu seul et de Notre-Seigneur JésUvS-Christ, contre les païens, les mages et les dieux des païens, et surtout en Phénicie ; à cause de la philosophie pratique, qu'il possédait déjà suffisamment par l'imitation (ÏÉvagrius, et à cause de la connaissance et de la méditation des enseignements contenus dans les écrits des auteurs de l'Église. Quand il fut suffisam- ment instruit, il fit une hymne de louanges sur le divin apôtre Paul et offrit à Dieu cette première hymne dans laquelle il demandait d'être jugé digne du baptême sauveur; tous ceux qui la virent n'admirèrent pas moins sa science des paroles divines que sa dialectique quand il lisait les lois. L'admirable Éva- (jrius, considérant cela, me fit beaucoup de reproches :
(1) Voy. vol. IV, p. 175, 318, 543.
OPUSCULES MARONITES. 75
« Puisqu'il est favorisé crune telle science et qu'il le demande à Dieu, pourquoi donc tarde-t-il à s'approcher en réalité du divin baptême? Qui nous assure qu'il demeurera dans ce zèle et cette bonne volonté qu'il a maintenant? S'il ne participe par aux divins mystères et ne reçoit pas aussitôt le baptême salutaire, tu es coupable à son égard, toi qui l'as préparé à cette grâce. Il hésite à montrer dans le baptême des fruits de pénitence, à recevoir le signe royal et à se faire inscrire au nombre des soldats de Notre-Seigneur Jésus-Christ, mais si tu as souci de ton salut et du sien, amène-le à correspondre immédiatement à la bonté divine. »
Après avoir entendu ces paroles cVÉvagrius, j'allai les rap- porter à Sévère. Il me répondit : « Vous voulez donc que je me charge de fautes après mon baptême? car je vois très souvent des jeunes gens attachés aux impuretés et je demeure dans une ville qui impose les plaisirs; attends que j'aie terminé l'étude des lois, et je me ferai baptiser k Alexandrie où tu m'as dit que l'on trouve toujours la vraie foi (1). » Je lui répon- dis : « Et qui nous garantit que nous vivrons, ne serait-ce qu'un jour et même une heure quelle qu'elle soit? Et quelle pa- tience ne faudra-t-il pas au dispensateur de la vie, au juge et au Dieu qui nous a favorisés, si nous ne lui obéissons pas quand il nous dit : « Si un homme ne naît pas de l'eau et de « l'esprit, il n'entrera pas dans le royaume du ciel (2). — Celui « qui connaît la volonté de son maître et ne la fait pas sera « frappé de beaucoup de coups (3). — Si vous entendez sa voix, « n'endurcissez pas vos cœurs pour l'irriter (4). » Il me ré- pondit :
« Sois mon parrain et je me ferai baptiser quand vous le vou- drez, » Mais je refusai pour le motif suivant : je n'avais aucun rapport avec les évêques de Phénicie, mais bien avec les saints Pères d'Egypte et de Palestine dont les chefs étaient de grands athlètes de la religion comme Pierre du pays des Ibériens,
(1) On remarquera que Sévère veut différer son baptême le plus longtemps possible et ne parle pas de la confession pour effacer les fautes commises après le baptême.
(2) Jean, ni, 5.
(3) Luc, xn, 47.
(4) Ps. xciv, 7, 8.
7G REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
évêque de la ville de Gaza qui est près du bord de la mer (de Maiouma) lequel brillait dans la vraie philosophie et la vie monacale et opérait des prodiges apostoliques; et Jean archi- mandrite d'Egypte (1) et évêque de Sebenytos (2) ; et Théodore d'Antinoé (3), ce vase de perfection à laide duquel aussi Dieu opéra des prodiges, et qui contribua à faire voir l'aveugle; et Isa't'e le second prophète qui vivait de notre temps; il n'hérita pas seulement du nom, mais encore du privilège du prophète, et brilla dans le monachisme à l'exemple du grand Antoine. C'est donc pour ce motif que je ne pouvais lui servir de parrain.
Alors (Sévère me dit) : « Persuade donc à l'admirable Éva- (jrius, (21) qui veut me donner immédiatement la vie éternelle par le baptême sauveur, d'être mon père spirituel et mon parrain dans la foi, car c'est un homme qui est en rapport avec toutes les saintes églises, et je me ferai baptiser, si cela vous plaît, dans l'église du très célèbre martyr Léontius à Tripoli. 31
Moi, je lui promis volontiers de le faire, mais, lorsque j'eus prié l'admirable Èvagrins de se porter garant de celui-ci, il me renvoya d'abord ma demande, aussi il dut entendre alors ce qu'il méritait (je lui dis) : « J'ai agi comme tu me l'as demandé, et de même que je n'ai pas hésité d'abord à prendre cette charge pour moi, maintenant je te la rends et te l'impose. J'ai fait, avec Taide de Dieu, qu'il cédât avec empressement à ta répri- mande, et qu'il ne retardât pas cette faveur par ses craintes. Il faut maintenant que tu sois son père spirituel de crainte que tu ne sois un obstacle à son salut et que lu ne te rendes ainsi passible du châtiment dont ,tu me menaçais d'abord y>.
21. Il nous sembla bon de communiquer cette résolution à nos camarades; nous nous rendîmes donc ensemble avec lui au temple du confesseur divin Léontius à Tripoli {A), moi et Éva-
(1) ^roQ^îv^/. Lire : « en Ég3'pte ».
(2) a»c4clX3^a^. Cité dans Land, III, p. 353, I. 0.
(3) oiju^/. Cité souvent dans Land. Idid. V. la table de la traduction Krïi- ger-Ahrens.
(4) Il existe une version grecque du martyre des SS. Léonce, Hypatius et Théo- dule à Tripoli de Phénicie (cf. Acla sanclorum, juin, t. III, p. 555). On a d'ailleurs une version syriaque du martyre des SS. Léonce et Publius (cf. Bedjan, Acta mnctorum, t. VI). Il s'agit, semble-t-il, du même saint, car dans les deux cas
OPUSCULES MARONITES. 77
grius avancé dans la perfection, et Elisée, à l'àme aussi pure que For, et Wàm\Ydih\e Anatolius, et Zénodore (1) aimant le Messie, et d'autres avec nous. Nous le conduisîmes aussitôt près de Jean,\e grand philosophe en pratique et en théorie de Notre- Seigneur Jésus-Christ, qui depuis son enfance était consacré à •Dieu, et depuis sa jeunesse était assidu à l'autel du saint temple dont on vient de parler. Il vivait tellement dans l'amour de Dieu , qu'il avait fondé, à côté du martyrium, un monastère de la vé- ritable philosophie, et persuadait à beaucoup de choisir la vie monastique, de briser les liens de ce monde, de rejeter toutes les vaines espérances qui ne se distinguent pas des songes, et de respecter ce qui a rapport à la loi divine. Il répandait de tels torrents de larmes à la suite de ses nombreux gémissements que ses yeux portaient la trace du flux qui en coulait constamment. II excellait non seulement dans les perfections pratiques, mais encore dans les théories spirituelles qu'il puisait dans les mys- tères divins et ensuite dans Grégoire qui fut évêque de Ngsse, le frère du grand Basile, et dans Cyrille de Jérusalem. Et cet illustre Jean apprenait les perfections dans la lecture de leurs instructions, de leurs théories divines et de leurs professions de foi. — Après cela, nous allâmes au temple et nous nous présen- tâmes au prêtre et gardien du martyrium, nommé Léontius (i^Q^oy), et nous lui demandâmes de baptiser l'illustre Sévère. Jean, si avancé dans la perfection, persuada à Sévère, prêtre de la sainte église de Tripoli, — orné de dons de toute nature, et qui brillait par sa noblesse devant Dieu et dans cette ville, car il s'était aussi approché de Dieu par ses bonnes actions et avait
c'est un soldat grec, mort sous les coups, et enterré près du port de Tripoli. (;e sont du reste les seuls points communs aux deux versions grecque et syriaque. Nous pouvons affirmer que la seconde est seule authentique, car dans l'une de ses homélies consacrée à S. Léonce, Sévère d'Antioche lui donne Publius comme compagnon de martj^re, et non pas Hypatiuset Théodule comme le fait la version grecque. Celle-ci est donc apocryphe, car il n'est pas vraisemblable que Sévère parlant vers 490 sur le témoignage, nous dit-il, d'un vieillard de Tripoli, n'ait pas donné la véritable légende. — Dans cette même homélie [Manusanl syriaque de Paris, n" 176, fol. 52-68), Sévère nous dit qu'il connaît beaucoup de jeunes gens, venus à Beyrouth pour étudier les lois des Romains, qui allèrent prier au temple de S. Léonce et abandonnèrent ensuite le monde pour la vie monacale; i) ajoute : . .v.oin p/ .â| ^c^f j-», « je suis l'un de ceux-là ». — Cf. Les martyres de S. Léonce de Tripoli et de S. Pierre d'Alexandrie. Analecla Bollandiana, 1900.
(1) ^CDoiotOJO).
78 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
préféré son service à la charge du scolasticat (d'avocat), — et au clergé de la ville de nous aider dans cette affaire importante et de ranger sa maison en face de celui que l'on baptisait; il vint avec nous, et fit tout ce qui pouvait contribuer à l'acte que nous allions accomplir. Celui qui est maintenant évêque de Dieu fut donc baptisé dans l'église du divin et victorieux martyr Léon- tius; Évagrius le releva du baptême et fut son père spirituel, et dès qu'il eut participé aux divins mystères, on put prévoir déjà ce qu'il serait par la suite , car il s'approcha de Dieu avec tant de foi que tous ceux qui lui avaient été opposés à cause de sa tiédeur en louèrent Dieu. Comme il lui fallait le septième jour quitter les habits blancs, symbole de délivrance, il en fut triste pendant longtemps; on voyait, pour ainsi dire, qu'il dé- sirait déjà aller à Dieu dans cet état et avec cet habit, tant il était rempli de respect, de science et de bonne volonté après cet office divin et mystérieux.
22. Après les jours fixés et légaux, nous retournâmes à Bey- routh, munis des prières du saint martyr et de ces hommes admirables. Sévère fit de tels progrès dans la perfection, à l'exemple de son père (parrain), qu'il jeûnait, pour ainsi dire, tous les jours, ne prenait jamais de bains, et ne faisait pas seu- lement les offices du soir dans les églises de Dieu, mais aussi, la plupart du temps, les prolongeait durant la nuit; et pendant que son corps se desséchait et que sa chair s'affaiblissait, (22) sa pureté devenait plus grande et il se plongeait en Dieu. Et avec cela, durant ces derniers temps, il lisait et discutait les lois sans repos , de sorte que les professeurs en rendaient témoi- gnage (1) et lui donnaient de bonnes notes ainsi que beaucoup d'étudiants qui savaient apprécier la perfection en dehors de toute envie. Nous nous réservions soigneusement aussi le temps fixé dès le commencement pour la lecture des divins docteurs.
(I) Il est inutile d'ajouter ^f. On lira )Lqjjopjo,
CHAPITRE QUATRIÈME
SÉVÈRE SE FAIT MOINE, PUIS DEVIENT PATRIARCHE d'aNTIOCIIE.
23. Prosélytisme d'Evagrius en faveur du monastère de Pierre l'Ibérien. — ■ Anastase d'Édesse et Elisée se font moines. 24. Jlort de Pierre l'Ibérien; ses successeurs. 25. Evagrius, Zacharie et d'autres étudiants se font moines; Za- charie ne persiste pas et revient à Beyrouth. 26. Fin des (Hudes de Sévère^ ses pèlerinages; il se fait moine à IMaiouma. 27. 11 se retire dans le désert d'É- leuthéropolis, puis fonde un monastère à Jlaiouma; il est ordonné prêtre. 28. Histoire de Néphalius, il expulse Sévère qui va se plaindre à Constanti- nople. Luttes et écrits de Sévère. 2'J. Événements qui précèdent et préparent l'ordination épiscopale de Sévère.
23. Pendant que nous étions ainsi occupés, Evagrius, si élevé dans la perfection , ne cessait de conduire beaucoup (de jeunes gens) à Famour de la philosophie divine et à la pratique du monachisme; il racontait la vie des solitaires qui cultivaient la philosophie dans l'Orient. — J'ai raconté les perfections de ces hommes remplis de Dieu : Pierre de chez les Vii^res (1) eilsaïe le grand solitaire égyptien (2) ; ces deux hommes demeuraient alors en Palestine et s'étaient acquis une grande renommée près de tous les chrétiens. — A l'occasion de ces récits, Anastase d'Édesse, dontj'ai parlé plus haut, eut une aventure digne d'ad- miration et de mémoire. Il vit en songe l'illustre Pierre (3),
(Ij Une Vie de Pierre l'Ibérien a été publiée par M. R. Raabe, Leipzig, 1895.
(2) Publiée par Land, Anecdola syriaca, III, p. 346-356. Nous y relevons la phrase suivante (p. 354, 1. 24). « Quand Zenon entendit parler des bienfaits de Dieu envers ces trois saints (Pierre, Isaïe et Théodose) dont selon mes forces j'ai écrit les actions, telles qu'elles me furent racontées par des hommes dignes de foi, ou telles que je les ai vues moi-même, il voulut les voir... » Il est donc certain que Zacharie écrivit une Vie de Pierre l'Ibérien.
(3) Voir ce songe dans les Plérophories, chapitre lxxi, page 68 du tirage à part.
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évêque de Notre-Seigneur Jésus-Christ, honoré du nom du chef des Apôtres, qui lui ordonna de se rendre aussitôt à cheval (dans la ville) nommée Baroda ();o;p.)(l). A son lever, il me raconta sa vision et Tordre qu'il avait reçu. Il me sembla, à son récit, que sa vision n'était pas un songe, mais une révélation de Dieu qui, par la bouche de ce saint homme, appelait Athanase à la vie monacale; je lui dis donc qu'il avait vu en réalité ce grand homme et qu'il lui fallait obéir promptement, car telle était la signification de sa vision. Il avait alors un oncle, qui était gou- verneur de la province, aussi il craignait, me dit-il, de faire le voyage par terre et préférait attendre le vent du nord et se ren- dre par mer en Palestine. Après avoir attendu plusieurs jours sans voir arriver ce qu'il attendait, il en était plein d'ennui; je lui fis alors remarquer que sa vision signifiait plutôt qu'il devait se rendre par terre près de cet évêque digne de tant de louanges et serviteur du Dieu grand et de notre Sauveur Jésus-Christ, et comme il craignait en sortant de Beyrouth de rencontrer son oncle maternel, je lui conseillai de ne pas traverser de jour la ville de Tyr, où celui-ci habitait alors, mais d'attendre la nuit en dehors de Tyr et de traverser alors rapidement cette ville. Mon conseil lui plut, il le mit à exécution et arriva à Césarée de Palestine. Dieu, qui l'appelait par le moyen de ce saint homme, lui fit alors rencontrer des disciples de Pierre qui lui apprirent où il demeurait, si bien qu'il arriva enfin près de lui. Il lui ra- conta son histoire et l'entendit dire : « Après qu'il t'a été or- donné de venir vite, pourquoi as-tu attendu jusqu'à mainte- nant? » Il demeura donc près de Pierre, vit par lui-même les perfections de cet homme de Dieu , entendit ses paroles, et pro- mit à Dieu d'embrasser la' vie monacale sous son obédience; alors il fut aussitôt délivré du lion qu'il portait dans le corps et que l'on appelle maladie sacerdotale (^-jov^ poiJoa) (2), qui cessa dès lors de le dominer. Quand la nouvelle de ce prodige
(1) (^ette plirase est incorrecte dans la Vie de Sévère : wO) ^.a^; ^ iip Ik^io; Ijojjj ^.;j3Nio;. Dans les Plérophories , il est dit que Pierre était alors ài^ioNs;, Antipatride ou Apollonia (Arsouf)? En liant lîtolps on pourrait traduire : ■< de venir vite sur un cheval de poste ». Cf. Die sogcnannle Kirche/igeschichlc des Zacharias rhetor, p. 393 et p. 1.58, 1 ; 159, 8. Cf. Clei-mont-Ganneau, Recueil d'ar- chéolor/ie , t. III. Notes sur les Plérophories.
(i) Semble être la maladie sacrée, tspà vôaoç, ou répilepsie.
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arriva à Beyrouth, Elisée forma aussi le dessein de partir.
Évagrius, l'ami de Dieu , nous adressait souvent des exhorta- tions au sujet de la vie monacale, il voulait nous entraîner tous, ou du moins le plus grand nombre, mais l'illustre Elisée, dans la simplicité de sa vie, ne voulut pas attendre aussi longtemps, il fut du reste favorisé bientôt de Tapparition d'un saint homme qui lui ordonna, durant la nuit, de se lever et de chanter à Dieu le psaume cinquante (1). Après cela, il brûlait d'un grand amour {de Dieu) et du feu de la philosophie divine, comme il me le racontait, car nous demeurions alors ensemble. Enfin ne pou- vant supporter l'ardeur de l'appel divin, il courut en Palestine près du saint homme, se mit sous ses ordres et prit le joug de la philosophie.
24. Nous apprîmes peu après que Pierre était retourné vers Dieu. (23) Aussi l'admirable Evagrius gémissait et se lamen- tait de n'avoir pas été jugé digne , ainsi que les autres, de voir ce grand homme et de recevoir le don de la bonté divine qu'il possédait; il me reprochait mon indécision et blâmait les autres de leur retard.
Cependant il nous apprit que l'illustre Pierre avait laissé des héritiers (2) après lui. L'un était Jean, surnommé le Canopite (^o^ojL^), philosophe vierge d'âme et de corps et même des pas- sions du corps, et son âme était fixée en Dieu. Puis Zadiarie et André (3), enfin Théodore, appelé le (juatrième, fut jugé digne, par le choix des deux précédents, d'être le supérieur du monas- tère (4) avec l'illustre Jean. On garda pour l'autel Jean, sur- nommé Rufus (^oiso;) (.")), qui auparavant étudiait les lois à Bey- routh avec Théodore dont nous venons de parler; tous deux laissèrent chez tout le monde un grand renom de pureté et d'amour de Dieu, l'un, à cause de la sévérité de son visage et de sa vie ascétique, était appelé Lazare (6), l'autre était appelé
(1) Miserere mei Deus, etc.
(i) Le texte porte ici des moines, mais plus bas, dans des passages parallèles, on trouve des hériliers.
(3) Gf. Plérophories, chapitre xii. Tous deux étaient syncelles de Pierre l'Ibérien.
M) Mêmes détails dans Raabe, p. 78, 1. 2 et p. 134. Le monastère de Pierre l'Ibé- rien fut ensuite désigné (Théodore étant supérieur) sous le nom de monastère de Théodore de Gaza.
(5) C'est l'auteur des Plérophories. Cf. p. 1 et 79 du tirage à part.
(G) Jean Bar Aphtonia, fol 141'', col. 1, nous apprend que Théodore fut appelé
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le juste, à cause de ses perfections. Jean avait été appelé du lieu de ses études dans le clergé (ÏAntioche la grande, lorsque Pierre en était évêque, reçut l'ordination de la prêtrise et demeura avec celui qui l'ordonna, à cause du bon témoignage que chacun lui rendait. Il alla ensuite en Palestine, et choisit la vie monacale près de l'illustre Pierre (l'Ibérien). C'est grâce à lui qu'il désira cette vie, et auparavant il vendit tous les biens qui lui revenaient à Asca/on, car il était aussi de cette ville, il en donna le prix aux pauvres, selon la loi divine, prit la croix du Messie et le suivit comme il est écrit.
25. Quand nous apprîmes que Pierre avait laissé de tels suc- cesseurs, et lorsque leur renommée vint jusqu'à nous, Évctf/rius, le père spirituel de Sévère, nous remontrait instamment à tous que ce serait la perte de nos âmes si nous différions encore d'al- ler demeurer avec ceux-là, au point qyi'Anatolius (oacu^o^/) (1) abandonna la femme et les enfants qu'il avait à Alexandrie et promit de quitter le monde. Philippe appelé Patria {Wrij^ oô,) fit la même promesse, ainsi que Lucius,TCion compatriote, qui avait reçu peu auparavant une lettre où l'illustre Pierre, alors en vie, nous recommandait le zèle pour les lois divines. A partir de cette époque, je voulais faire profession à 1 exemple d'. b^r^s- tase et cV Elisée, et devenir leur compagnon; tous trois me pres- saient au sujet de la beauté de la philosophie divine, parce que je me dérobais à la vie monacale, et ils me priaient de ne pas les abandonner. J'étais dominé par la crainte de mon père dont la demeure n'était pas éloignée du monastère de Pierre, je di- sais que mes parents me défendaient absolument une telle vie et m'abandonneraient si je faisais chose pareille. « Viens avec nous, me dirent-ils, et ou bien tu feras de la philosophie avec nous, ou du moins tu nous accompagneras jusqu'à ce monastère. » Je sortis donc avec eux (2). Sévère n'approuvait pas mon départ, d'abord parce qu'il prévoyait ce qui allait se passer et ensuite parce qu'il souffrait de se séparer de nous tous, il savait bien
Lazare, mais Zacharic écrit plus bas (§ 28) qu'il fut appelé le juste ii Beyrouth. C'est donc Jean qui est appelé Lazare par Zacharie.
(1) Cf. Plérojjhories , chapitre lxx, page 67 du tirage à part. On trouvera tra- duit par Antale le mot écrit alors ^^o)!^ / •
(2) On trouve dans les Plérophories, loco cilalo, la mention du départ de Bey- routh d'Évagrius, Zacharie, Anatolius et Philippe.
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que j'étais trop faible pour cet acte. Bref, pour ne pas m'étendre à ce sujet, car je ne me suis pas proposé d'écrire ce qui me con- cerne, bien que ce soit ici pour m'accuser, pendant que ceux-là pouvaient monter sur les hauteurs de la philosophie divine, les ailes me manquèrent d'après ce que j'ai dit, et, partie à cause de ma faiblesse, partie pour les raisons susdites, je retournai à Beyrouth. Ainsi s'accomplit une prophétie que m'avait faite l'illustre Pierre, lorsque je le vis jadis, un jour que je retour- nais d'.l/é'./'«/('r/>vV chez moi : Pelusianus (uï>ci.mr.N.=>) d'Alexan- drie, qui est maintenant moine ami de Dieu et qui appartenait alors à la cohorte du préfet û." Egypte, m'accompagnait. Il ve- nait pour voir et invoquer Pierre. Quand celui-ci l'eut vu et eut prononcé d'abord son nom , il lui dit : « Va et coupe ta cheve- lure. » Pour moi, tandis qu'au moment du repas, je mangeais avec ses disciples, il me dit : « Mange, jeune homme, » de sorte que l'autre, peu de temps après, (24) choisit la voie du mo- nachisme et y brilla, jusqu'à maintenant, dans le monastère appelé zv-M7.y.iziv.y-zv (^a^^ci^o/) (1). Pour moi, je pris la charge d'avocat, me montrant 7>«y^(' en cela et enfoncé dans la multi- tude des péchés.
Je retournai donc à Beyrouth et y portai des lettres LVÉva- grius à son fils spirituel, et (ÏEnée (-ma-u/), le docteur chrétien et le grand sophiste de la ville de Gaza (2), à ceux de chez Zé- nodore mon compatriote; elles excusaient et justifiaient mon retour (3), c'est-à-dire ma désertion. Alors moi et ceux-ci nous reprimes les disputes et enseignements ordinaires avec nos au- tres camarades, tantôt nous nous appliquions à l'étude des lois et tantôt nous nous trouvions dans les saintes Églises au temps du service du soir et des assemblées. L'illustre Sévrre et moi,
(1) Ce nom semble désigner un monastère situé kdix-/n(it (milles) d'Alexandrie.
(2) Il nous reste de cet auteur un dialogue sur l'immortalité de l'àme, intitulé Thcuphraste, et 27 lettres. On voit ici qu'il vivait encore après la mort de Pierre ribérien que 31. Raabe place entre 485 et 491. — On trouve, en effet, dans les Plérophories (chapitre xxii, page 25 du tirage à part), qu'en 484 Pierre l'Ibérien vivait encore. — Il est encore question d'Énée dans les mêmes termes chez Land, Anecd. syr., III, p. 353: Énée, sophiste de la ville de Gaza, était un homme très chrétien et très instruit, renommé dans toutes les sciences. Il expliquait Platon, Aristote et Plotin,et quand il ne comprenait pas, il allait en conférer avec le père Isaïe.
(3) Ainsi Zaeharie semble avoir passé quelque temps au monastère de Gaza, puis l'avoir quitté bientôt.
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comme nous en étions convenus dès le commencement, nous nous réunissions en particulier aux temps habituels pour lire les écrits chrétiens; il faisait tant de progrès dans la perfection que, même avant de prendre Fhabit monacal, il se montrait philosophe chrétien par ses actes comme par sa science. Il éga- lait son père {Evagrius) par les exercices pratiques et ne mon- trait plus, pour ainsi dire, qu'une ombre de corps, à cause de ses mortifications éminentes; mais il le surpassait dans les exercices théoriques, comme les sciences naturelles et la théo- logie.
Je passe sous silence les luttes avec les païens et les magi- ciens (1) et ce que j'aurais souffert de leur part si notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, qui était en cause dans ce combat, ne m'avait juste arraché à leurs mains homicides, grâce aux priè- res de ceux de chez Evagrius et de l'admirable Sévère qui nous aidait en secret de ses conseils. Comment donc un honnne intel- ligent a-t-il pu écrire contre lui ce que tu m'apprends qu'a écrit ce menteur? Tous les chrétiens regretteront ces imputations, et si quelqu'un consentait à les recevoir, qu'il craigne alors la jus- tice de Dieu qui a dit : Ta n'écouteras pas la voix menson- gère (2). Il était cependant nécessaire à cause de cela de mon- trer que Sévère ne le cédait en rien en perfection à son père (spirituel), il étudiait les lois de toutes ses forces, il recherchait et étudiait tous les décrets impériaux jusqu'aux derniers publiés de son temps. Près de chacun d'eux en particulier il ajoutait quelques éclaircissements et formait ainsi un ouvrage, mémo- rial instructif du genre des ligpomnemala pour ceux qui vien- draient après lui, car il leuF laissait ses notes et ses indications.
26. Il songea ensuite à retourner dans son pays, dans l'espoir d'y (obtenir) une charge de rhéteur ou les fonctions de scolas- tique (d'avocat); il me demanda alors d'aller prier avec lui dans l'église du saint martyr Léontius, où il avait été favorisé du baptême salutaire. Après cela il m'entraîna encore à Emesse (j^^) pour y prier devant la tête divine et sacerdotale de ,S'. Jean- Baptiste le précurseur qui se trouve dans cette ville (3); puis
(1) On peut placer à ce moment la composition du dialogue ■■ De mundi oiii- ficio », discussion de Zacharie avec un païen.
(2) Exode, XXIII, 1. <■
(3) On a trouvé dans les Plérop/wries , chapitre xxix, que le corps entier de
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après y avoir trouvé ce que nous cherchions et avoir joui de la conversation de beaucoup d'hommes qui s'adonnaient là, à cette époque, àla philosophie divine, nous revînmes k Beyrouth.
Après avoir acheté la toge (i-r^^^) pour son office d'avocat. Sévère songea à aller d'abord à Jérusalem pour y adorer la croix, le tombeau et la résurrection de notre Dieu grand et de notre Sauveur Jésus-Christ, puis à se rendre de là chez les com- pagnons (ÏÉvagrius, à leur dire bonjour et à retourner chez lui. Il était attiré par la suavité (0,1^^01^^?) de la bonté divine vers cette philosophie. Comme il comptait revenir à Beyrouth, il me confia, en partant, ses habits et ses affaires; il n'emporta que l'un des plus vieux habits et, après avoir adoré les traces salu- taires des souffrances de Dieu, il quitta la ville sainte. Plus tard, quand il rencontra ceux de chez le bienheureux Évagrius, quand il vit les héritiers de Pierre (l'Ibérien) et leur genre dévie, il fut gagné à l'amour de la philosophie divine et montra alors un changement digne d'admiration : au lieu de toge il prit l'ha- bit monacal , au lieu des livres des lois il se servit des livres divins, au lieu des travaux d'avocat il choisit les labeurs du mo- nachisme et de la philosophie. Ainsi la bonté de Dieu l'appelait peu à peu à être le héraut de la religion et à recevoir l'onction de patriarche de la grande ville d'Antioche. (25) Puisque j'en suis arrivé là, il me semble bon d'exposer brièvement la vie que l'on menait dans le monastère fondé par Pierre.
Ils accomplissaient avec joie tous les jours des jeûnes, des cou- chers sur la terre, des stations de tout un jour, des veilles de toute la nuit et, pour ainsi dire, des prières et des services con- tinuels. Ils ne réservaient qu'un peu de temps chaque jour pour le travail des mains afin de se procurer ce dont ils avaient be- soin pour leur corps et les choses dont ils manquaient. Même durant le temps du travail manuel, chacun d'eux s'occupait en- core des paroles divines. Ils avaient une telle pureté, que, pour ainsi dire , ils ne se regardaient pas en face les uns les autres.
saint Jean-Baptiste (^^ is^] était à Sébaste. Il fallait sans doute entendre le corps sans la tête. — La Chronique d'Alexandrie nous apprend 1° qu'à l'avène- ment de Julien l'Apostat, les païens dispersèrent le corps de saint Jean-Baptiste conservé à Sébaste et 2"' que sa tète fut trouvée à Émèse. — Voir sous les olym- piades 285 et 308. — Sur les diverses inventions de la tète de saint Jean-Baptiste, voir Acta Sanctorum, juin, t. IV, p. 716-739
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Ils ne se répondaient dans la communauté qu'en fixant la terre, et faisaient tout avec crainte de Dieu. Pour le souci de la per- fection , ils ne disaient même pas une parole inutile. Je connais des hommes parmi eux qui reçurent, du bienheureux Pierre quand il vivait encore, l'obligation (le lien) du silence envers tout le monde pour dix ans et plus; ils ne parlaient qu'à Dieu dans les prières et les offices. Celui qui leur imposa cette obliga- tion leur ordonna de ne révéler qu'à lui les luttes qu'ils pou- vaient avoir à supporter à l'occasion des pensées troublantes que leur suggérait le démon, afin d'en recevoir le remède con- venable. Tout cela était observé, pas une seule parole vaine ne sortait de leur bouche, ni leur tenue, ni leur marche, ni leur regard ne dénotaient des pensées mauvaises et ils ne s'y adon- naient aucunement.
L'illustre Sévère prit le goût de cette philosophie si pure et en adopta le joug; aussi il m'envoya celui qui l'avait élevé dès sa jeunesse et qui, par hasard, l'avait suivi, et m'apprit dans une lettre ce qu'il avait plu à Dieu de faire de lui; il m'ordonna aussi d'envoyer à son pays terrestre ses affaires et tout ce qu'il m'avait confié, ce que je fis. — L'admirable Etienne (1) imita ensuite sa conduite. Il était de ceux qui vinrent à Beyrouth après nous, et, comme j'y étais encore, je lui appris le départ de ces six qui étaient allés prendre l'habit monacal dans le mo- nastère de l'illustre Pierre. Il y alla, lui septième, peu de temps après son arrivée à Beyrouth.
Quand j'eus terminé l'étude des lois et que je retournai à mon pays, je vis leur groupe divin. Je me bornai à le voir et ne pus l'imiter, parce que j'étais circonvenu par la faiblesse de mon àme et aussi à cause d'une épreuve qui arriva à mon père. Il me fallut venir dans cette ville impériale et y prendre la charge d'avocat.
Évmjrius, qui était cause de beaucoup de biens pour tous ceux qui l'imitaient, après s'être approché beaucoup de la philoso- phie divine dans ce monastère, avoir enduré des fatigues et des travaux pénibles pour la perfection et s'être montré à chacun comme un moine parfait, quitta bientôt la terre pour aller vers
(1) Cet Etienne est mentionné dans la Vie de Sévère par Jean Bar Aphlunia, fol. 139^ II fut ordonné prêtre au monastère de l'ierre l'Ibérien en même temps qu'Elisée et Philippe.
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Jésus le Messie qu'il aimait; il courut au ciel où se reposent les âmes de tous ceux qui ont eu même conduite. Ainsi s'accomplit la prophétie qu'il avait faite sur son compte : s'il arrive que je prenne l'haltit monacal , je mourrai dans le monastère même, parce que j'y serai jugé digne du caractère sacerdotal (?).
27. L'admirable Sévère, après avoir travaillé pendant un certain temps à la philosophie divine dans le monastère dont je viens de parler, quitta ce monastère et l'habitation en commun par amour des lieux déserts et de la vie solitaire enseignée par le grand Antoine. Il alla au désert cVÉleuthéropolis, ainsi quAnastase d'Édesse qui avait le même zèle que lui et tendait à la même perfection. Ils s'adonnèrent à une vie si dure, à des travaux de haut cénol)itisme si pénibles, que leurs corps tom- bèrent dans une grave maladie, et ils allaient, à cause de leur cénobitisme exagéré, quitter cette vie mortelle quand Dieu, qui aime a être ainsi servi, poussa le supérieur du monastère que bâtit Romanus à venir les visiter ; il les prit dans son monastère, en eut tout le soin convenable et leur conseilla d'y demeurer pour l'instant. La vie de ces hommes était pénible, plus que dans tous les monastères de Palestine célèbres par leur (26) austé- rité, et par là même plaisait beaucoup à l'admirable Sévère. Mais il arriva que ses pieds entlèrent de la manière qui a été dite, après qu'il eut été guéri de sa maladie.
Quand il eut demeuré un certain temps dans le monastère ci-dessus, il songea à retourner au pays de Gaza sur le bord de la mer, et il vécut la vie des cénobites dans une cellule tranquille de la laure de Maiouma, où se trouvait aussi le monastère de l'illustre Pierre, et lorsqu'il eut brillé longtemps de cette manière dans les deux monastères où il habita en paix, quelques- uns lui proposèrent, à cause du don de bonté qu'il avait, de prendre l'habit monacal et de vivre sous son obéissance. Il lui était arrivé quelque argent provenant du partage qu'il avait fait avec ses frères des biens de ses parents, il en avait déjà distribué la plus grande partie aux pauvres et fut ainsi obligé de donner ce qui restait pour acheter un monastère et pour le fonder; il construisit des cellules convenables pour recevoir d'autres (moines) (I). Quand Pierre l'apprit — il était de Césarée de
(1) D'après Jean Bar Aphtonia (fol. 140'-), Sévère donna aux pauvres la plus grande partie des biens qu'il tenait de sa famille; avec le reste, il acheta un
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Palestine, et après son cycle d'étude, c'est-à-dire après avoir étudié la grammaire et la rhétorique dans cette ville, il méprisa Beyrouth — et les lois qu'il faut, dit-on, apprendre — comme tous les vains espoirs, et se donna à ceux qui pratiquaient la philosophie divine dans le monastère du célèbre /^omot/w/s (1) ; — quand il apprit cela, dis-je, il vint près de lui, car il connaissait déjà par expérience sa pureté, sa sagesse, sa vie mortifiée et remplie de toutes les perfections, et son excellence dans les études profanes et la théologie qui les couronne, depuis que la maladie avait conduit Sévère au monastère du grand Roma- nus, comme je l'ai raconté. 11 demanda donc (à Sévère) de le recevoir au rang de ses disciples, pour le faire participer à la philosophie divine. Il (Sévère) rendit témoignage à son sujet auprès de plusieurs des hommes illustres qui avaient vieilli dans l'ascétisme, avaient éprouvé depuis longtemps beaucoup d'é- preuves et de traverses et avaient même été jugés dignes de l'ordination spirituelle. — Parmi ceux-ci était le grand et l'il- lustre Élie qui s'entendit dire par Altas (2) de ne pas faire reve- nir le frère spirituel vers lequel il se réfugia pour partager ses luttes et ses combats, mais c'est surtout par amour pour la sa- gesse et les dons spirituels qu'il vint le rejoindre. Sévère reçut donc Pierre (de Césarée) parmi ses disciples à l'exemple des saints pères, comme Paul, l'apôtre divin, avait pris Tiinothée ou comme auparavant Elisée (avait été adopté) par Élie le Thesbite qui fut enlevé au ciel à cause de ses perfections, ou, si l'on veut, comme le divin Pamphile, ce martyr de Notre- Seigneur Jésus-Christ, (adopta) £'^/sc^6é' de Césarée , ou, comme
monastère à côté du monastèro de ses pères (spirituels) près de Blaiouma de Gaza... On lui écrivait de partout pour le consulter.
(1) Jean Bar Aphtonia résume ainsi l'histoire de la vocation de Pierre (fol. 140% col. 2) : Il était un homme de Césarée de Palestine nommé Pierre, de race illustre, instruit sur la grammaire et la rhétorique, il allait être envoyé à Beyrouth pour apprendre les lois quand il entendit parler de Sévère. Il fut frappé delà grâce, et méprisant les lois qu'il devait apprendre , il vint près de lui et lui demanda avec instance de le recevoir sous sa dépendance. Sévère le repoussa, mais il ré- pondit qu'il ne partirait pas et ne retournerait pas parmi ses connaissances. Le saint, étonné de son zèle, consulta Jean et Théodore qui lui conseillèrent de ne pas repousser une âme qui s'approchait de Dieu avec tant d'allégresse.
(2) On trouve dans les Plérophories, chapiti'e xxix, que uooi!v:s^ dirigeait l'église orthodoxe à Césarée. Il put donc conseiller à Élie d'aller rejoindre Pierre qui était de Césarée.
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Basile si digne de louange (adopta) le divin Grégoire au temps où il habitait dans le Pont. — D'autres vinrent encore près de lui qui montrèrent un égal zèle et une philosophie pareille, tant qu'ils demeurèrent soumis à l'illustre Sévère, de sorte que cha- cun louait Dieu de leur progrès et de leur marche en avant dans la perfection. — Ce disciple Pierre, quand il eut quitté son père pour s'adonner à la théorie qui forme les degrés de l'action (1), selon la parole de Grégoire, l'orateur divin, son esprit s'appli- qua constamment à l'étude des livres sacerdotaux , à la médi- tation des paroles divines et à leur interprétation. Aussi, à l'aide de l'esprit divin qu'il possédait très souvent (2) dans son esprit, il rassembla depuis cette époque beaucoup de sagesse et une quantité de démonstrations écrites. Tout le monde l'admirait, non seulement à cause de la mortification de sa vie , de sa pu- reté et des autres perfections, mais aussi à cause de sa pitié pour les indigents, chose agréable à Dieu par-dessus toutes, et à cause du soin qu'il prenait des voyageurs. Tout cela amena les saints à ne pas choisir seulement l'illustre »SVf6^re pour rece- voir l'ordination sacerdotale, mais aussi Pierre si digne d'ad- miration, et tous deux la reçurent des mains d'Épiphane évêque et confesseur (3), comme l'avaient reçue auparavant Jean et Théodore, les héritiers de l'incomparable évêque Pierre (l'Ibé- rien).
28. Pendant qu'ils étaient ainsi occupés et que tous les Pères à' Egypte et de Palestine se glorifiaient de leurs perfections, l'envie s'éleva tout à coup contre ceux de Palestine qui étaient en communion avec les Pères d'Egypte et d'Alexandrie. \é- phalius, moine d'Alexandrie (4), qui oublia complètement la perfection pratique, (27) s'exerça la langue à la parole et prit une manière sophistique de parler. Il s'éleva dès lors contre tous ceux qui avaient vieilli dans l'ascétisme, et excita le peuple du pays au sujet de la communion de Pierre archevêque d'A-
(1) On trouve partout cotte opposition entre la vie théorique (spéculative) et la vie pratique (les œuvres).
(2) Le texte porte : « doublement et triplement très souvent ».
(3) C'est un évêque de Pamphilie qui fut chassé de son siège et mourut à I\Iaiouma. Cf. Plérophories, chapitres xliv et lxxxv.
(4) Cf. Land, Anecdota syriaca, t. III, livre VI, chapitre i et n, p. 87-90 de la traduction Ahrens-Kriiger. M. Krûger donne en note, p. 332-334, la tra(Uict ion du présent passage de la Vie de Sévère.
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lexandrie, avec Acace archevêque de Constantinople et au sujet du concile qui avait été rassemblé à Chalcédoine. Il causa beaucoup de séditions et de meurtres dans le pays, à cause de son inimitié avec Pierre, — qui était très aimé, pour ainsi dire, de tous les habitants de sa ville, et surtout de ceux qui font des partis dans la cité (1), — au point que souvent il excita Zenon, ce modèle de la crainte de Dieu, contre (Pierre), en di- sant qu'il avait chassé de leurs monastères des gens qui s'étaient séparés de lui à cause de son union avec Acace, et il souleva trente mille moines Egyptiens et se prépara à entrer à Ale.ran- drie pour rompre cette union. Alors Cosnie , eunuque de l'em- pereur, fut envoyé pour porter aide à ceux qui prétendaient avoir été chassés (2). Comme Pierre avait quitté la vie mortelle, (Néphalius) fit mine d'être changé et de se repentir des séditions qu'il avait excitées souvent contre lui, au sujet de son union avec Acace. Il prit soin de paraître orthodoxe dans une lettre synodale, qu'il envoya à Fravitas successeur à." Acace (3). Puis il voulut recevoir l'ordination sacerdotale à Alexandrie et se faire nommer économe de l'église. Il adressa une lettre à beau- coup de ceux qui habitaient le palais pour les faire intercéder à ce sujet auprès d'Alhanase qui avait succédé à Pierre dans l'archevêché d'Alexandrie (4), mais comme le peuple avait con- servé bonne volonté et bon souvenir à l'égard de Pierre, il haïssait (Néphalius) avec justice, comme la cause de nombreux troubles, et il criait dans son angoisse : « C'est un démon qui doit être lié et il n'est pas .possible que sa demande audacieuse soit accomplie. » A la fm, il osa changer, et accepter le concile qu'il condamnait jusque-là, puis il se joignit au clergé de Jéru- salem. Il revint à ce prosélytisme qui avait été cause de tant de troubles, allant trouver l'empereur et revenant, troublant de
(1) Le ms. porte en marge : Il parle des bleus et des verts.
(2) Cf. Evagrlus, III, ch. xxii. Cosuie y est appelé ëva xiôv uTCadîriCôvTwv. — D'a- près l'histoire de Zacharie {Aneccl., III, p. 189, trad. Ahrens-Kriïger, p. 86-87). Pierre l'ut accusé de ne pas condamner le concile de Chalcédoine et la lettre de Léon. Pierre l'ibérien et le moine Élie furent chargés d'examiner son ortho- doxie monophysite; ils la proclamèrent, mais ne purent faire rentrer les oppo- sants dans le devoir ; ces derniers furent donc chassés de leurs monastères et envoyèrent Néphalius porter leurs plaintes à Constantinople.
(3) Fravitas fut patriarche durant quatre mois en 490 (cL Lvagrhis, III, ch. xxui et Thcophane à la quinzième année de Zenon).
(4) En 490.
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toute manière l'unité des Églises et rompant la paix et l'unité du pays (1).
Pour montrer son changement, il se prépara à nuire aux suc- cesseurs de l'illustre Pierre (l'Ibérien), et à tous ceux qui par- tageraient leurs opinions et qui, jusque-là, lui avaient paru irréprochables. Quand il vint au pays du bord de la mer de la ville de Gaza où se trouvaient leurs monastères, et connut que Sévère, l'ami de Dieu, était invincible dans l'enseignement de la crainte de Dieu, et s'éloignait également de toutes les hérésies, en particulier de celles (ï Apollinaire, de A'estorius et cVEii- tijehés, ces adversaires de Dieu, il voulut lutter contre lui, mais ne put supporter sa parole invincible, ni la profondeur de ses pensées, ni la pureté de ses enseignements. Il fit devant l'église un discours contre Sévère et contre ces autres moines dont il avait été l'avocat devant l'empereur. Dans ce discours il partagea en deux natures Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est un, et, à la fin, avec l'aide de ceux des Églises, il chassa (les moines) de leurs habitations (2) , lorsque ceux-là avaient toujours vécu en paix à côté de ceux-ci et pensaient que la différence qui exis- tait entre eux provenait du combat pour le joug vivifiant, de sorte qu'ils les avaient toujours appelés orthodoxes jusqu'au moment du soulèvement qui arriva comme je viens de le conter.
Telle fut la cause pour laquelle Sévère, cet amateur de la philosophie divine et de la tranquillité, vint dans cette ville im- périale. Quand l'empereur ami du Messie apprit, par le gouver- neur du pays, ce qui avait eu lieu, — il connaissait auparavant les intrigues de Néphalius, — et les qualités de ceux que celui-ci avait chassés, il entra contre lui dans une juste colère afin que tout le monde connût la pensée pleine de religion de l'empereur. Aussi ceux qui avaient été chassés de leurs monastères envoyè- rent l'illustre Sévère pour raconter le tort injuste qui leur avait été causé. Quand Sévère arriva , il m'interrogea ainsi que Jean
(1) Jean Bar Aphtonia écrit (loi. 140') qu'au lieu de l'appeler Néplialius (veçj- ).iov, petit nuage?), il faudrait l'appeler Carphalius (xapcpaXéo; , altéré). Il armait les évèques et les clercs contre les moines, assuré qu'il était de l'appui de Macé- donius. Les moines de Palestine proposèrent alors à Sévère d'aller à Constanti- nople.
(2) Évagrius raconte (III, 33) que Sévère l'ut chassé par Néphalius et alla trou- ver Anastase qui le connut à cette occasion. Voir aussi Land, Anecdola, III, 1. VII, ch. X, page 131 de la traduction Ahrens-Krïiger.
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le soldat de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et quand il eut appris de nous ceux qui étaient zélés pour l'orthodoxie, il se rendit devant l'empereur, avec le secours (28) de Clementiniis, qui avait alors l'honneur d'être consul et patrice (1), et d'i/i^- praœius (2) d'illustre mémoire, ami du Messie, qui était l'un des eunuques des chambres impériales, (l'un des cubiculaires) ; et il raconta en détail tout ce qui avait eu lieu, comment ils n'étaient coupables d'aucune hérésie, mais adhéraient en tout aux ensei- gnements de l'Église et étaient en communion avec les Pères d'Egypte, et comment ils furent chassés de leurs demeures où ils vivaient en paix. Il toucha ainsi Tempereur et tous les puis- sants, en leur racontant ce qui avait été fait aux moines qui étaient avec lui, et ils furent dans l'admiration de son attitude sage et spirituelle, de sorte que l'empereur ordonna aussitôt que le préfet d'alors s'employât vite et par tous les moyens à rendre aux moines les monastères dont ils étaient injustement frustrés; il écrivit aussi des lettres dogmatiques à ceux qui dirigeaient ces monastères, enseignant deux natures en Notre-Seigneur Jésus-Christ et invitant à songer à l'unité de la sainte Église catholique de Dieu. — Les adversaires irrités imaginèrent que Sévère et ceux de son parti venaient de tomber dans l'hérésie de l'impie Eutychès. Sévère, pour détruire cette calomnie, adressa un discours à Apion et à Paul, hommes renommés qui étaient patrices (3), il leur fit une allocution contre l'hérésie A'Eatychèii et contre les autres personnes. Il écrivit beaucoup de lettres de ce genre contre Eutychès, Apollinaire ei Neslo- rius. Il apprit que certains partisans de Nestorius découpaient les écrits inspirés par Dieu de Cyrille, l'illustre archevêque ô.^ Alexandrie, et voulaient montrer, à l'aide de paroles dont ils forçaient le sens et qu'ils découpaient dans toutes ses œuvres et dans tous les sujets, qu'il pensait comme l'impie Nestorius.
(1) C'est sans doute là le patrice Clementiiius qui prononça le premier devant l'empereur la déposition de Macédonius. Cf. Land, t. I, I. II, p. 210, trad. Alirens- Kriiger, p. 123, lignes 18-20.
(2) C'est sans doute pour ce personnage que Zacharie écrivit l'histoire insérée du livre III au livre VI de la compilation publiée par M. Land {Anecdota sj/riaca, t. III) et traduite par MM. Kriiger et Ahrens {Die sogenannle geschichle des Za- charias Rhetor, chez Teubner, 1899).
(3) Jean Bar Aphtonia raconte le même fait dans les mêmes termes , il appelle ces hommes « princes du palai.s » (,j.^é^i.3; Mj-ïi.
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Il combattit cette tromperie organisée contre les faibles; il mit à jour la calomnie prononcée audacieusement contre cet homme divin en publiant le contexte et prit de là occasion pour nommer son traité Philalétliés (1).
Je passe sous silence les écrits que Sévère adressa à beaucoup de ceux qui étaient près de l'empereur, et surtout à Eupraxius dont j'ai déjà parlé, qui aimait l'instruction et le Messie et était l'un des eunuques impériaux; celui-ci l'interrogeait sur les préceptes et les dogmes de l'Église et sur les questions qui pa- raissaient douteuses. Il réfuta aussi le testament de Lampatius (^c.^'^.^on) qui fonda l'hérésie des Adelphiens (QJLai.îi) (2)'. Quand il vint à Nicomédie , il fit connaître Isidore, c'est-à-dire Jean, qui abandonna l'habit monacal , puis se trompa et en trompa beaucoup avec les idées cVOrir/cne (3). Lorsque ceux du monas- tère de Théodore, l'un des héritiers du célèbre Pierre l'Ibé- rien, vinrent plus tard à Constantinople pour la même cause, c'est-à-dire pour l'union dont ils avaient souci , (Sévère) com- mença par leur parler, puis il parla aussi à Sergius le saint évéque de Philadelphie {i) qui est dans>»o^<i^ et à Istrius Calen- darius. Il arriva aussi que Marnas supérieur du monastère de saint Ro inanus (5), eiEunomius, homme d'une belle vieillesse, supérieur du monastère du bienheureux Acace, vinrent aussi à ce moment-là, et par leur moyen l'union avec tous les évêques Isauriens fut conclue. Par ces négociations (Sévère) confondit ceux qui disaient de ces évêques qu'ils fuyaient la communion de tout évèque de la sainte Église catholique de Dieu, et leur
(1) D'après Jean Bar Aphtonia, lo libelle (po^to) que i-éfiita Sévère avait été pré- senté à Jlacédonius qui l'avait donné à l'empereur et celui-ci en avait été fort impressionné. — Cf. Land, Anecdota, III, p. HG, trad. Ahrens-Krïiger, p. 131 et 349. — Le libelle (de Jean de Césarée) et la réfutation de Sévère (le Phila- léthès) sont conservés au Vatican dans le manuscrit syriaque n° cxxxix.
(2) Adelphius est l'un des chefs de l'hérésie des Messaliens, aussi les appelle-t-on quelquefois Adelphiani. iMigne, P. G., t. XLII, col. 755. On les appelle aussi « Lain- petianer », cf. Kirchenlexicon.
(3) Serait-ce Jean, grammairien de Césarée, contre lequel Sévère écrivit le Philaléthès?
(4) Cet évèque ne figure pas dans VOriens chr'islianus qui donne cependant troisPhiladelphie:l°en Arabie, t. II, p. 862; 2" en Lydie et Isaurie, ibid, p. 1021 et 1C24. En lisant .^,^\«^ nous obtenons « en Séleucie », métropole de l'Isaurie.
(5) Cï.Evagrius, III, xxxhi; Migne, P. G., t. LXXXVI, col. 2671. En ce dernier endroit on place à tort le monastère de Manias près de Gaza. Il s'agit du monastère de Romanus situé près d'Éleuthéropolis, où séjourna Sévère, comme on l'a vu.
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donnaient mensongèrement le nom à." Acéphales. — Et quand les moines à\Antioche la grande sortirent pour la même cause et, sans craindre de terribles anathèmes, empêchèrent l'unité de l'Église, Sévère, avec ceux de Palestine, disputèrent autant qu'ils le purent et ne cédèrent en rien sur la pureté de la doctrine, mais laissèrent sans raisons les évoques qui ne voulurent pas alors rassembler autour d'eux les membres de la sainte Église catholique de Dieu. Après avoir comparé la faiblesse du témoi- gnage de Flavien qui était alors évêque d'Antioc/ie à la subli- mité des doctrines et avoir tempéré la dureté de ceux qui se séparèrent de lui, autant que cela pouvait être, (29) il persuada à l'empereur de commander, après cette expérience, qu'il y eût unité; et comme Flavien d'Antioche, Élie de Jérusalem et quel- ques adversaires ne voulurent pas obéir, ils occasionnèrent un grand trouble à eux et aux autres. — Combien ne serait- il pas juste de parler des évêques éloquents que Sévère attira, les uns par ses écrits, les autres par sa parole, et dont il se fit des aides dans sa lutte contre les enseignements de Nestoriiis'^ J'omettrai cela, mais dirai du moins que durant les trois ans qu'il demeura ici (à Constantinople) pour la cause de l'union, il ne sacrifia rien de ses habitudes monacales ni de la règle et de l'exactitude des cénobites et ne vécut jamais d'une vie sans contrôle, — c'était le commandement de l'illustre Pieuse l'Ibé- rien, — car il vécut durant tout ce temps, d'abord avec les moines qui étaient venus avec lui pour le même motif, ensuite avec les saints hommes qui étaient montés en même temps que lui de Palestine pour la même affaire, c'est-à-dire avec Théodore dont nous avons parlé, qui fut appelé le juste à Beyrouth, et avec ceux qui l'accompagnaient, et tous ceux qui connaissaient cet homme (Théodore) témoignaient de sa perfection et de sa pu- reté, des hommes de sens et d'âge étudiaient déjà avec lui; c'était, comme nous l'avons dit plus haut, l'un de ceux qui, avec saint Jean (le canopite), héritèrent de P/erre l'Ibérien , ce vase d'élection, et donnèrent à l'admirable Sévère l'habit monacal, puis le consacrèrent à la perfection, et le conduisirent sur les hauteurs de la philosophie divine (1). Pierre, dont nous avons parlé plus haut, disciple de Sévère, vint ensuite pour l'entrete-
(I) Aussi Sévère est-il appelé : « Sévère du monastère de Théodore ».
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nir du retour à son monastère. Et tous ceux qui le virent alors ou eurent commerce avec lui le trouvèrent orné de tous les genres de perfection, accompli dans la mortification du mona- chisme et la souffrance. Il paraissait admirable, même à côté de ceux du grand Tliéodore, par sa pureté et ses autres perfec- tions.
29. Après toutes ces affaires, quand arrivèrent celles de Ma- cédonius, après une lutte et un discours que Sévère fit contre lui au sujet des dogmes devant des juges commis par le roi (1), beaucoup d'hommes s'efforcèrent de le faire élire comme arche- vêque (de Constantinople) et d'autres (^n grand nombre se joi- gnirent à ceux-ci, de sorte que peu s'en fallut que l'empereur ne fût du même avis. L'envie et la jalousie de certains firent échouer ce projet, encore l'empereur s'efforça-t-il souvent de le faire habiter avec Timothée, — homme excellent et plein de mansuétude pour les pauvres, qui avait succédé à Macédonius, — pour diriger les négociations relatives à l'union et gérer avec Timothée les affaires de l'Église. Il refusa cette charge en rappe- lant son amour de la tranquillité, de la vie monacale et de la philosophie, puis après en avoir attiré d'autres à cette même vie, il retourna avec eux à son monastère, après avoir rempli, autant qu'il l'avait pu, la mission pour laquelle il était venu à la ville impériale, puisqu'il avait obtenu la paix pour tous ceux qui ha- bitaient la Palestine. Il estimait par-dessus tout la